Mohamed djahid younsi à blida

“Je demande une confrontation télévisée avec Bouteflika”

Par : K. Fawzi, Liberté, 21mars 2009

C’est à la salle Mohamed-Touri de Blida que le Dr Mohamed Djahid Younsi, le représentant du parti El-Islah, a entamé sa campagne électorale de la présidentielle du 9 avril prochain. Dans son intervention, le Dr Djahid Younsi a affiché son mécontentement devant l’utilisation des moyens de l’État par certains candidats dans cette campagne électorale où les six candidats sont censés disposer de moyens égaux.
Il a également demandé à affronter le président candidat Bouteflika dans une conférence-débat qui sera diffusée en direct par la télévision. “Je le défie s’il a un programme mieux que le mien. Je lui lance un appel à une confrontation dans laquelle le peuple algérien sera le seul juge”, lance Djahid Younsi.
Il ajoutera que “la dignité des Algériens ne se négociera pas avec l’effacement de la dette des agriculteurs, de l’augmentation de la bourse des étudiants ou d’organiser un grande fête en l’honneur des femmes algériennes à l’occasion du 8 Mars”.“Nous ne sommes pas venus avec un programme étranger aux Algériens. Nous sommes venus avec un programme conçu sur une base islamique”, fait savoir le docteur Younsi qui évoque la longue marginalisation des hauts cadres de l’État dans le développement du pays.
“Des génies de la science et du savoir sont laissés pour compte, ils sont utilisés rien que pour le décor. 50 ans après l’indépendance, l’Algérie a formé des milliers de cadres qui ont la capacité de gouverner le pays”, a déclaré le candidat.
Djahid Younsi évoque ensuite avec acuité les libertés individuelles en Algérie et qui, selon lui, sont bafouées totalement. L’orateur dira à ce sujet : “Il n’y aura pas de liberté si les Algériens ne choisissent pas l’homme qu’il faut. Le changement ne viendra pas avec le rêve”, souligne docteur Younsi, qui accuse le système politique d’avoir accaparé des moyens matériels et financiers pour faire pression sur les cadres de l’État et les opérateurs économiques. “C’est vrai qu’ils font pression sur des millions d’Algériens car tous les instruments de l’État sont entre leurs mains, mais, devant l’urne, l’Algérien est libre de son action et personne ne pourra lui dicter pour qui il faudra voter. Alors, de grâce, votez avec votre conscience et ne laissez personne vous imposer sa loi”, lance le Dr Younsi tout en se présentant comme une alternative. Le Dr Younsi qui a également longuement évoqué le problème du chômage des jeunes a accusé le gouvernement d’avoir échoué dans tous les programmes censés sortir la jeunesse algérienne du désespoir et la désolation.
“La jeunesse algérienne n’a pas besoin de la charité, mais elle a besoin d’un travail pour vivre dignement. Par leur mauvaise politique, ils sont arrivés juste à faire orienter les jeunes du phénomène hittiste à celui de harraga”, estime le candidat d’El-Islah pour qui, selon lui, cette campagne électorale est une occasion pour dénoncer les aberrations du mauvais système politique.

K. Fawzi

 


La SG du PT à Sétif, Oum El-Bouaghi et Skikda

Louisa Hanoune appelle à la dissolution de l’APN

Par : F. Senoussaoui/K. Messaad et A. Boukarine

La secrétaire générale du Parti des travailleurs Louisa Hanoune a choisi la wilaya de Sétif pour donner le coup d’envoi de sa campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril 2009.

Elle fera le procès du système économique mondial qu’elle qualifiera de rétrograde, plaidant pour un régime socialiste qui ne sera, selon la SG du PT, que bénéfique pour le pays tout en donnant l’exemple de la Bolivie, du Venezuela et de l’Équateur. La candidate du Parti des travailleurs a noté que la présidentielle est une véritable opportunité pour la rupture avec les politiques qui ont montré leurs limites. Le leader du PT n’a pas épargné de ses critiques le Président sortant en faisant allusion à la politique suivie durant ces dernières années. “Nous ne sommes pas impliqués dans la crise que traverse le pays et on n’a pas impliqué notre pays dans des réformes et des politiques de partenariat dictées par des capitales occidentales, le FMI et l’OMC”, a renchéri Louisa Hanoune qui se propose comme alternative.
Hanoune avertira que si elle arrive au poste de premier magistrat du pays, elle commencera par la réforme de la justice, en promettant de faire du juge un élu et non un fonctionnaire nommé, tout en préconisant un système qui évitera aux juges d’être corrompus. L’instauration d’impôts sur la fortune, l’égalité entre l’homme et la femme et les réformes dans les différents secteurs, à savoir l’éducation nationale, le sport, la culture, l’environnement et le développement local sont d’autres chantiers prévus par Louisa Hanoune si elle arrive à El-Mouradia. À Aïn M’lila et à Skikda, la secrétaire générale du PT annonce la nécessité de dissoudre le Parlement qui “ne reflète pas la volonté du peuple”. Elle accusera également l’institution de rouler pour des lobbies qui ont voté la révision de la Constitution bafouant, ainsi, les principes de la souveraineté populaire.
Revenant sur la dernière mesure ayant trait à l’effacement des dettes des fellahs, Louisa Hanoune a souligné que cette opération doit toucher les vrais agriculteurs qui ont une situation financière précaire et non la mafia du foncier agricole et les détenteurs de capitaux.
Soulignant que son parti a toujours été du côté des pauvres, des chômeurs, Hanoune insistera sur la nécessité de prôner une politique conforme aux aspirations des populations à l’exemple de celle du Venezuela. Elle appellera à la restitution des 140 milliards de dollars déposés, selon elle, dans les banques étrangères.
Abordant le phénomène des harragas, la SG du PT devait déclarer : “Au lieu de pénaliser les jeunes concernés par la prison, il faut leur assurer une prise en charge psychologique à même de leur permettre d’atténuer la tension et le stress les rongeant quotidiennement.” Parlant des échanges commerciaux, Hanoune, réfutant catégoriquement l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, proposa carrément le gel de l’adhésion du pays à cette Organisation mondiale du commerce. La candidate à la magistrature suprême constate que les chiffres du programme de Bouteflika portent en eux-mêmes le contre-exemple de la réussite de ses deux derniers mandats. Elle s’est dit étonnée des chiffres donnés par le Président sortant, sans le nommer, notamment la création de 3 millions de nouveaux postes d’emploi. Pour elle, créer autant d’emplois veut dire que l’objectif est de résorber un taux de chômage d’au moins 30%, alors qu’officiellement ce dernier est de 12%. Pis, selon elle, “même les emplois créés étaient précaires”.

F. Senoussaoui/K. Messaad et A. Boukarine

 


REBAÏNE À TLEMCEN

“Nous préférons les petites localités”

Par : B. Abdelmadjid

M. Fewzi Ali-Rebaïne, président du parti Ahd 54, a choisi la wilaya de Tlemcen pour entamer sa campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril prochain. Alors qu’on l’attendait au chef-lieu de wilaya, dont on dit que c’est le fief du candidat Abdelaziz Bouteflika, voilà que le rassemblement populaire s’est déroulé jeudi à Remchi, localité située à 25 km de Tlemcen. Beaucoup d’interrogations à ce propos. Le staff du parti craignait-il des chahuts de la part des partisans du candidat Bouteflika qui, lui-même, était attendu samedi à Tlemcen ? Est-ce à cause du nombre de militants qui ne pouvaient remplir la maison de la culture d’une capacité de plus de 500 personnes censée abriter le rassemblement en question ? Y avait-il une autre raison ? Un des porte-parole de M. Rebaïne interrogé à ce sujet a déclaré : “Nous préférons volontairement aller vers la base, c’est-à-dire vers le peuple dans les petites localités plutôt que les chefs-lieux de wilaya.” Cela dit, c’est devant une centaine de militants et sympathisants (parmi eux de nombreux adolescents), rassemblés au centre culturel de Ramchi, que M. Rebaïne a prononcé un discours de 30 mn pour convaincre sur la nécessité du changement et développer la vision du parti Ahd 54 quant à la démocratie et au pluralisme “et la nécessité de revoir et modifier le rôle de certaines institutions comme les douanes, les banques, la Cour des comptes, l’agriculture, la santé et le logement”. Après avoir indiqué que son parti est boycotté par les médias publics depuis cinq ans, M. Rebaïne a ajouté que “l’Etat a conduit à créer deux couches sociales ; l’une de pauvres pour la majorité et l’autre de nantis avec une proportion importante de milliardaires, ceux-là mêmes qui financent la campagne du candidat Bouteflika dont un seul rassemblement a coûté 51 milliards de centimes”. Le leader du parti Ahd 54 a beaucoup insisté sur l’indépendance de la justice et a déclaré que s’il était élu, il veillerait personnellement à déléguer toute l’autonomie au juge, “lequel subit tous les jours des pressions politiques”. Le second candidat attendu aujourd’hui est Abdelaziz Bouteflika.

B. Abdelmadjid

 


Moussa Touati à Tébessa et à El-Tarf

Plaidoirie pour un régime parlementaire

Par : Hafid M. et Tahar B.

Moussa Touati a inauguré sa campagne électorale depuis la ville de Tébessa où, en plus d’un meeting, il est allé à la rencontre des citoyens dans les ruelles du vieux Thevest. Dans la salle, devant une assistance composée essentiellement d’élus et de sympathisants du FNA, Moussa Touati a plaidé pour l’instauration d’une économie moderne dont les destinées seront entre les mains de ceux qui ont l’Algérie dans le cœur. “L’Algérie n’a pas été touchée par la crise parce qu’elle n’a pas d’économie et elle est en marge du système mondial !” a-t-il déclaré en guise de résumé de la situation économique du pays. Avant de quitter Tébessa, le président du FNA fera remarquer que sa formation a décroché de bons scores lors des dernières législatives et locales, dans la wilaya, ce qui pourrait se reproduire le 9 avril prochain. À El-Tarf, Moussa Touati a animé un autre meeting pour expliquer son programme qui s’articule, selon lui, sur 7 points qu’il juge comme les conditions de l’instauration d’un État de droit fort d’une justice sociale. “La gestion des affaires du pays doit être une affaire de compétence et non de clans”, précisera-t-il quand il abordera la question de la gouvernance. Cette dernière, la bonne, selon lui, doit intégrer “les énormes potentialités d’une jeunesse marginalisée par les dirigeants”. Moussa Touati jeta un pavé dans la mare quand il laissera entendre à son auditoire que la jeunesse algérienne “est exploitée à outrance par les sociétés étrangères qui tirent le maximum de profits de nos richesses”. Selon le président du FNA, “ailleurs l’Algérien est considéré parmi les meilleurs producteurs, alors que dans son propre pays, il est évincé du circuit économique en lui collant de nombreux qualificatifs”. Pour Moussa Touati, aller voter en masse le 9 avril, c’est barrer la route aux opportunistes. Enfin, s’il est porté à la magistrature suprême, le leader du FNA accordera plus d’importance au régime parlementaire. À l’entendre, implicitement, il révisera l’actuelle Constitution pour enlever l’essentiel des derniers amendements.

Hafid M. et Tahar B.

 


Il a animé un meeting à la salle Atlas de Bab El-Oued

La couleur orange de Mohamed Saïd

Par :Chérif Memmoud

Le candidat à la présidentielle Mohamed Saïd a animé son premier meeting, jeudi dernier à la salle Atlas de Bab El-Oued. Mais avant de rencontrer le public, le candidat indépendant s’est rendu dans la matinée du même jour au cimetière d’El-Alia où il a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du président Houari Boumediène.
“Réhabiliter l’histoire, c’est la symbolique que je donne au geste d’aujourd’hui. Il faut restaurer l’histoire et Boumediène fait partie de cette histoire”, dira-t-il avant de commencer son discours de campagne. Arrivé à la salle Atlas ornée de ses portraits, le candidat, avec comme couleur de campagne orange, a eu droit à une longue ovation. Le candidat a d’emblée justifié son choix porté sur Alger pour débuter sa campagne. “Alger est un symbole de la lutte du peuple, d’où le choix de commencer ma campagne à partir d’ici”, expliquera-t-il. Mohamed Saïd est vite entré dans le vif du sujet en se posant comme “candidat du changement”, fustigeant au passage Bouteflika sans le nommer et accusant d’autres de vouloir faire croire que “les jeux sont déjà faits. C’est une manière de tromper le peuple et une tentative de préparer l’opinion publique avant même le début du scrutin”, insiste-t-il. Le candidat, tout en rassurant ses sympathisants venus lui afficher leur soutien, lancera qu’il s’agira “d’une bataille pour le changement”, qu’il compte bien mener avec ses fidèles. Mohamed Saïd tire à boulets rouges sur la commission nationale chargée de la préparation et de l’organisation de l’élection présidentielle, laquelle, selon lui, œuvre pour un seul candidat.
“La commission nationale chargée de la préparation et de l’organisation de l’élection présidentielle du mois d’avril 2009 est issue de la volonté d’un seul candidat et il ne faut pas s’étonner des résultats”. Le candidat du changement a évoqué les entraves de l’administration qui, selon ses propos, ne joue pas le jeu et “vise à assassiner l’espoir de la jeunesse algérienne en l’avenir. Les institutions et les élus ne font que dans la figuration, c’est la politique de la ‘chekara’ avec l’argent qui coule à flots. Les jeunes, il y a 20 ans, étaient des hittistes, aujourd’hui, ce sont des harragas. La moitié de la jeunesse se drogue. Comment construire le pays avec une jeunesse droguée ?” s’est-il interrogé. Le candidat a, toutefois, fait des propositions pour le changement.
“Il faut commencer d’abord par instaurer une réelle démocratie, bannir le système présidentiel et adopter un système parlementaire”, préconise-t-il. “Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère et le changement est possible, c’est pour cela qu’on appelle à une vraie démocratie et en finir avec ce semblant de liberté et cette constitution sur mesure”, a-t-il conclu. La deuxième étape de son périple l’a conduit hier à M’sila où il a animé un meeting.

Chérif Memmoud


Ouyahia à Guelma, à El-Tarf et à Skikda

“La crise a été évitée grâce au président de la République”

Par : Tahar B./Nacer B. et A. Boukarine, Liberté, 21 mars 2009

Menant campagne pour le candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika, le SG du RND a animé, hier matin, un meeting populaire à Oued Zenati (Guelma) durant lequel il a appelé à un vote massif “pour ne pas faire le jeu des abstentionnistes et pour une Algérie stable vivant dans la quiétude”.
Outre un bref bilan des deux mandats du président Bouteflika, Ouyahia évoquera dans son discours l’importance du prochain découpage administratif, non pas pour de nouvelles nominations administratives, mais pour améliorer la qualité de service de l’administration et le rapprochement de cette dernière du citoyen. À Bouteldja, dans la wilaya d’El-Tarf, Ahmed Ouyahia a dressé un tableau positif des réalisations des deux derniers mandats du président sortant.
Il citera, comme apogée de cette gestion, plus de
3 millions et demi de postes d’emploi créés. Selon le patron du RND, “de 1999 à ce jour, El-Tarf a connu un changement radical sur tous les plans avec la réalisation de lycées, d’une université, de deux barrages et elle ne souffre plus de l’enclavement qu’elle avait connu des décennies durant, sans compter le projet de la nouvelle autoroute Est-Ouest qui la traverse sur 865 km et l’alimentation de plus de 30 000 foyers en gaz naturel”. Depuis Azzaba, la ville natale de Ali Mendjeli, dans la wilaya de Skikda, Ahmed Ouyahia remerciera “les forces de sécurité et les Patriotes qui ont apporté la sécurité au pays”, avant d’appeler la foule à voter massivement “pour donner une leçon aux partisans du boycott et les commerçants de l’instabilité”, dira-t-il. Il fera l’éloge du Président sortant qui “a eu le courage et le défi d’aller vers la réconciliation nationale”.

 
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Présidentielles 2009

 
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