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L'angoisse d'être mal élupar Kharroubi Habib, Le Quotidien d'Oran, 25 mars 2009 Alors que dans cette campagne électorale, l'on entend les cinq compétiteurs de Bouteflika brocarder férocement le bilan de ses dix années de présidence, lui feint de les ignorer avec superbe. Tout au long de cette première semaine, on ne l'a pas en effet vu se laisser aller à répliquer aux acerbes critiques auxquelles a eu droit de leur part sa gestion des affaires de la nation. Il apparaît ainsi que le Président candidat ne s'inquiète manifestement pas de l'impact populaire du tir à boulets rouges et croisé que les cinq autres candidats ont déclenché contre lui. Il semble à la limite que la prestation de ses rivaux l'arrange. Au sens qu'elle pourrait contribuer à «enfiévrer» la campagne et la faire sortir de la platitude dont elle est menacée par l'indifférence que lui marquent les citoyens. Et c'est cette indifférence, pouvant conduire à l'abstention massive de l'électorat le jour du scrutin, qui est en fait la grande hantise du Président candidat et son camp. Plutôt donc que de polémiquer avec ses compétiteurs, Bouteflika, imité en cela par toutes les autres «grandes pointures» qui font campagne en faveur de sa candidature, s'est mué en «pédagogue» prêchant à ses auditoires l'acte patriotique au-dessus des considérations de personnes que constituerait l'exercice par les citoyens de leur droit de vote. Bouteflika est certain d'être réélu. Son angoisse est de l'être mal. D'où la fixation que font son discours électoral et ceux des autres orateurs parlant en son nom sur la diabolisation des appelants au boycott électoral. Le climat qui a entouré la première semaine de la campagne électorale n'est pas pour dissiper l'angoisse qui habite le Président candidat et son camp. L'enthousiasme populaire pouvant faire entrevoir que le scrutin d'avril serait le rendez-vous triomphal dont ils rêvent, ne s'est pas concrétisé avec l'ampleur qui aurait mis fin à leur angoisse. Les foules qui sont allées à la rencontre du Président candidat en ses premiers meetings n'étaient pas clairsemées, mais elles ont été loin de donner l'image de ce raz-de-marée électoral promis et annoncé par ses partisans. Bouteflika s'en est rendu compte, et a décidé de s'engager personnellement dans la campagne plus largement qu'il n'en a eu l'intention initialement. Un engagement personnel rendu d'autant plus nécessaire que ses relais électoraux, pourtant innombrables et disposant à suffisance de moyens, sont incapables de susciter une vraie et probante adhésion populaire à sa candidature. Outre qu'il a décidé de multiplier ces prestations électorales, le Président candidat a également opté pour «durcir» sa position à l'égard de l'islamisme politique. Sans renier sa politique de réconciliation nationale, dont il a même promis qu'il la mènerait encore plus loin une fois réélu, Bouteflika s'est fait en effet le pourfendeur des tenants de ce courant et en particulier de ceux qui, en son nom, ont plongé le pays dans l'horrible tragédie de la décennie rouge. Dans ce durcissement, il n'y a pas que de la conviction de sa part. Il y entre aussi le calcul électoral qui vise à rassurer et à capter cette frange de l'électorat qui a été apeurée par son «rapprochement» avec le courant islamiste. |
Présidentielles 2009 | ||||
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