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Quand Bouteflika apporte de l'eau au moulin de la critique adversepar Kharroubi Habib, Le Quotidien d'Oran, 24 mars 2009 Quand, en juillet passé, le président Bouteflika avait reconnu que le pays «est allé au mur» avec la politique économique mise en oeuvre sous son autorité, certains milieux s'étaient réjouis de l'aveu, parce que annonciateur pour eux que celui qui l'a proféré était dans l'état d'esprit de quelqu'un qui a renoncé à rester au pouvoir. L'on sait la suite et Bouteflika mène campagne axée sur le thème qu'il sollicite un troisième mandat en étant porteur des mêmes idées et du même programme de développement économique. L'autre paradoxe que Bouteflika cultive dans son discours électoral est qu'il persiste et signe en pourfendant sans complaisance l'état de délabrement dans lequel se retrouvent des secteurs d'activités sous tutelle de l'administration étatique. Ce fut le cas à Tlemcen, où il s'en est pris férocement à celui de la santé. Puis à Sétif, où il a sonné la charge contre celui du sport. Les partisans du Président candidat ne sont pas en apparence déroutés par l'étalage que fait leur chef de file du contradictoire énoncé du «tout va mal et pourtant tout va bien». C'est pour ce monde, au contraire, la démonstration d'un parler-vrai éclairant de la lucidité avec laquelle leur candidat diagnostique les maux auxquels le pays est confronté. Deux candidats ont décidé de surfer sur les critiques que le Président sortant assène contre les ratés de la gestion du pays, dont il est le premier responsable depuis une décennie. Ce sont Louisa Hanoun, la candidate du Parti des travailleurs, et Moussa Touati, celui du Front national algérien (FNA). Louisa Hanoun pour dénoncer «les contradictions existantes au niveau de la pyramide de l'Etat», et Moussa Touati pour considérer que les aveux d'échecs formulés par le Président candidat sont la preuve que celui-ci a été trompé par les hommes auxquels il a fait appel pour leur confier la gestion du pays. D'où la conclusion commune aux deux candidats que sans un changement radical, tant au niveau de la vision de la gouvernance qu'il faut pour redresser le pays que des hommes qui auront à la mettre en oeuvre, il n'y a rien à espérer de la continuité qui sert de slogan phare à la campagne de Bouteflika. Le «parler-vrai» de Bouteflika, dont le créditent ses partisans, a fait illusion en 1999 et dans une moindre mesure en 2004. Il lui a valu la confiance des électeurs dans les deux scrutins, au principe qu'il fallait lui donner les moyens de s'attaquer aux maux et carences qu'il a diagnostiqués dans le corps de la société algérienne et dans le mode de fonctionnement de l'appareil dirigeant de l'Etat. Il a eu ces moyens sans limitation d'aucune sorte, avec au final ces aveux que rien ne va mieux dans le meilleur des mondes en Algérie et qu'il lui faut une rallonge de pouvoir pour redresser la situation. Beaucoup de citoyens ont tiré la conclusion que ce n'est pas pour le pays et pour eux la solution idoine. |
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