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AMMAR
SAÏDANI ÉLU À LA PRÉSIDENCE
DE L’APN
Le
FLN reprend son dû
L'Expression,
24 juin 2004
C’est à une majorité écrasante que l’ancien
coordinateur des comités de soutien au président de la
République a été élu à la tête
de la chambre basse du parlement.
Le député du Front de libération nationale (FLN),
Ammar Saïdani, a été élu, hier, à bulletin
secret président de l’Assemblée populaire nationale
(APN) en remplacement de Karim Younès qui a démissionné le
3 juin. Le nouveau président de la chambre basse a été élu
avec 248 voix, sur les 336 exprimées sur les 338 membres que compte
l’Assemblée, devançant, ainsi M.Mohamed-Djahid Younsi
d’El Islah avec 45 voix obtenues, loin devant les trois autres
candidats du FLN, en l’occurrence MM.Ahmed Mamouni, Ahmed Khaled
et Nourredine Boussena qui ont obtenu respectivement 39, 7 et 3 voix.
De ce fait, ce n’est que juste consécration pour le FLN
qui reprend son dû. Cependant, il y a lieu de noter l’annulation
de 41 voix et l’absence de 10 députés lors de l’opération
de vote. M.Saïdani, âgé de 54 ans et député de
la wilaya d’El Oued depuis les législatives du 30 mai 2002,
est devenu le sixième président de l’APN. Pour rappel,
Ferhat Abbès a été le premier président,
entre septembre 1962 et août 1963, de ce qui était appelé alors
l’Assemblée nationale constituante avant d’être
remplacé par El-Hadj Benalla jusqu’à juin 1965. A
la suite du redressement révolutionnaire, les activités
de l’Assemblée ont été gelées jusqu’à 1975
conformément à l’ordonnance du 10 juillet 1965. A
la reprise des travaux de l’Assemblée, Rabah Bitat a occupé le
poste de président de mars 1977 à octobre 1990 avant de
passer le relais à Abdelkader Bensalah qui a présidé aux
destinées du Conseil national de transition entre mai 1994 et
mai 1997. L’élection présidentielle de 1997 a vu
l’émergence du premier président de l’APN de
l’ère du pluralisme politique. Un poste qui sera occupé par
Bensalah de juin 1997 à mai 2002. Les législatives du 30
mai 2002 ont permis à Karim Younès, député FLN,
de présider aux destinées de la chambre basse. L’élection,
hier, du nouveau troisième homme de l’Etat s’est déroulée,
conformément à la Constitution et au règlement de
l’Assemblée, en cas de pluralité des candidatures.
D’ailleurs l’opération s’est déroulée
sous l’oeil vigilant des Riad Anane (FNL), Makhlouf Benmokhtar
(El Islah), Messouad Bouderradji (indépendant), Fateh Guerd (MSP)
et Kamel Djaâfar (PT) désignés pour la circonstance
surveillants du scrutin.
Pourtant, présenté comme candidat du consensus, Ammar Saïdani
n’a pas soulevé la fronde uniquement au sein du FLN. Le
MSP, selon les déclarations de Fateh Guerd n’a pas cautionné lui
non plus, sa candidature «Nous avons émis des réserves
quant à la candidature de Saïdani» a déclaré le
député du MSP. Une mésentente qui a obligé le
porte-parole du RND, M.Miloud Chorfi, à intervenir pour une mise
au point publique au moment même où le président
de l’APN par intérim, M.Tayeb Farah, dictait le règlement
relatif à l’élection. «Nous tenons à déclarer
que Ammar Saïdani est le candidat unique de l’alliance présidentielle» a
clamé Miloud Chorfi.
Une intervention qui n’a pas été du goût des
représentants d’ El Islah et qui a soulevé un tollé au
sein de l’hémicycle. En effet, le député Saïdi
a répliqué que «la campagne pour tel ou tel candidat
devait se faire avant et non le jour du scrutin» avant de préciser
que «ceci s’apparente à une influence et une orientation
du vote». Il aura fallu toute la verve du président par
intérim pour remettre de l’ordre dans la salle et passer
aux choses sérieuses.
L’autre point ayant soulevé une polémique au moment
du dénombrement a trait au nombre de votants. Dans un premier
temps le président avait annoncé 378 votants, mais, lors
du dépouillement, un bulletin manquait. Cette petite différence,
mais de taille, a failli provoquer un autre tollé dans la salle
et a obligé les surveillants à reprendre leur décompte
initial pour se rendre comte qu’il n’y avait que 377 votants.
Ce couac dépassé, l’opération de dépouillement
a repris son cours normal pour consacrer en fin de compte à l’unanimité,
Ammar Saïdani troisième homme de l’Etat. Juste consécration
pour cet homme qui a passé toute sa vie dans la pratique politique.
Elu après la démission de Karim Younès, l’ancien
vice-président de l’APN du temps de Bensalah et président
de la commission des transports, a promis la continuité tout en
mettant en exergue dans son allocution, sa disponibilité au dialogue,
seul à même de réaliser la réconciliation
nationale prônée par le chef de l’Etat qu’il
a remercié au passage «pour la confiance placée en
lui pour ce poste stratégique». Universitaire de formation,
marié et père de 7 enfants, la politique est devenue son
unique passion au point d’avoir été élu par
deux fois à la députation dans la circonscription de la
wilaya d’El Oued. Depuis hier, jour de son élection, l’ancien
coordinateur des comités de soutien au président Bouteflika,
est appelé à s’atteler à ses nouvelles tâches
parlementaires d’autant que l’Assemblée est appelée à reprendre
ses travaux en session plénière du 27 au 29 du mois en
cours. Une session qui sera consacrée à la présentation
et à l’examen de deux projets de loi sur le statut de la
magistrature et celui de la composante du Conseil supérieur de
la magistrature.
Smaïl ROUHA
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