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Révision constitutionnelle
La question refait surface
Djamel Bouatta,
Liberté, 28 décembre 2005
Le débat sur la révision constitutionnelle tente de s’imposer. La question n’est pas nouvelle. Bouteflika, lui même, n’a pas cessé, depuis son retour aux affaires, de faire part de ses réserves sur la Loi fondamentale de 1995, qui a corrigé celle de 1988 dont le mérite, et non des moindres, aura été d’avoir ouvert les pages des réformes, à commencer par celle des libertés démocratiques.
Pour faire court, Bouteflika trouvait, lors de ses meetings populaires, que les électeurs n’étaient pas encore assez mûrs pour une démocratie aux standards internationaux.
Ensuite, à ses yeux, le Parlement devait se suffire de son seul programme électoral, et le chef du gouvernement se charger de sa conduite. Belkhadem, secrétaire général du FLN, remet brusquement sur le tapis la question. Il a réanimé la commission, qu’il avait installée à cet effet, exigeant de ses membres des résultats le plus tôt possible. Cette précipitation est, en soi, significative des débats qui doivent, certainement, sourdre au sein de l’establishment politique. Pour le FLN “rénové”, la nouvelle Constitution devrait rendre pérenne la méthode de gestion de Bouteflika. Consacrer tous les pouvoirs entre les mains du Président. Remettre à l’honneur “la démocratie responsable”. Bref, revenir en… arrière. Belkhadem souhaite, en effet, des institutions élues selon le principe de listes, aux lieu et place de la proportionnelle en vigueur.
Réinstaller le parti unique, en quelque sorte! Le chef du gouvernement lui, fait dire que la Constitution n’est pas prioritaire. C’est du moins ce que laisse supposer le silence du RND sur la question. En revanche, son parti ne rate aucune occasion pour brocarder le FLN dont Bouteflika est, pourtant, le président.
La bataille n’est pas encore frontale, mais les passes d’armes ne sont plus que secret de Polichinelle. Il y a comme une course contre la montre ! D’autre part, le FNA (front national algérien), un parti créé en un tour de main, prône carrément un bouleversement dans la Loi fondamentale. Touati Moussa, enfant de la “famille révolutionnaire”, pense que le moment est venu d’instaurer un régime parlementaire. C’est à dire, un gouvernement entièrement responsable devant les élus, implicitement, sous l’œil d’un président chargé de veiller aux équilibres et intérêts suprême de la nation. L’idée peut sembler inopportune avec la menace toujours probable d’une majorité islamiste.
Mais, pour ceux qui l’agréent, la Turquie constitue l’exemple de sa faisabilité. Le gouvernement islamiste d’Erdogan s’est pratiquement dilué dans le régime républicain, se faisant même un héraut des ouvertures démocratiques.
La Turquie reste tout de même un exemple atypique avec une armée fidèle au kémalisme et des partenaires occidentaux qui veillent au grain.
D’autres considèrent la révision constitutionnelle nécessaire, ne serait-ce que parce que la maladie de Bouteflika a révélé des carences en matière de vacation de pouvoir. Les démocrates ne se sont pas encore prononcés publiquement, mais la question est certainement au menu dans ses états-majors. Le débat ne fait que commencer.
D. Bouatta
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