RENOUVELLEMENT DU SENAT

Les hommes du président

Le Soir d'Algérie, 28 novembre 2006

Le renouvellement de la moitié des membres du Conseil de la nation constitue l’enjeu politique majeur de cette fin d’année. Son issue déterminera, en grande partie, “la suite des évènements”.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Sachant en effet que le mandat de l’actuel président du Sénat, Abdelkader Bensalah, s’achève le 4 janvier 2007, c’est ce poste précisément qui constitue l’essentiel de l’enjeu. Deuxième personnage de l’Etat dans la hiérarchie institutionnelle, le président du Sénat est celui qui, en cas “d’empêchement de force majeure”, prend l’intérim de la présidence de la République et donc organise la présidentielle. Un enjeu tel que le président du Sénat est, depuis la création de cette institution en 1998, à chaque fois désigné.
Les élections sénatoriales le 28 décembre
Pour les élections sénatoriales visant le renouvellement de la moitié des sénateurs élus, les jeux sont d’ores et déjà faits. Cette élection, qui aura lieu le jeudi 28 décembre, selon des sources crédibles, consacrera sans surprise une large victoire du FLN. Il convient de préciser, en effet, que cette élection est destinée aux “grands collèges électoraux”, à savoir les élus locaux (APW et APC) au niveau de chaque wilaya. Aux 48 futurs sénateurs élus, s’ajouteront les 24 désignés que l’on appelle le tiers présidentiel. Et ce sera certainement parmi ces désignés de Bouteflika que sera “injecté” le futur président du Sénat. Et à se fier à des sources généralement bien informées, Bouteflika désignera 21 ou 23 sénateurs dans un premier temps, se réservant, de la sorte, comme d’habitude, un poste “vacant”. On parle d’ailleurs d’une forte éventualité de voir Abdelaziz Belkhadem à la tête du Sénat après les futures élections législatives. Bouteflika craignant, affirme-t-on de bonne source, qu’un clan du pouvoir ne fasse basculer la majorité au niveau de l’APN du côté du... RND ! La future composante du tiers présidentiel reflétera cette “crainte”. A se fier à des sources proches de la présidence, Bouteflika aurait instruit ses services pour lui fournir des fiches “détaillées” sur 22 personnalités. Ce seront, sauf changements de dernière minute, les futurs désignés”, affirme-t- on. A forte prédominance FLN, la composante dont il s’agit puise ses effectifs de l’entourage de Bouteflika, de l’ancien personnel du régime et du “mouvement associatif”, notamment. On parle ainsi des anciens ministres Abdelatif Benachenhou, Salim Saâdi, Mustapha Chérif, Amar Sakhri, Lamine Bechichi, Abdelkader Bounekraf, Abdelaziz Khellaf, Kamel Bouchama, Abdelmalek Nourani, Salah Goudjil, tous d’obédience FLN auxquels s’ajouterait l’ancien chef du gouvernement Bélaïd Abdeslam. Mais aussi une “surprise” en la personne de Lakhdar Ibrahimi. Bouteflika chercherait- il à “neutraliser” celui que certains présentent comme potentiel “présidentiable” ? La réponse de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Ghozali et ex-représentant du SG de l’ONU sera, à ce titre, très “instructive”. Une autre grosse pointure y figurera aussi, l’ancien membre du HCE, Ali Haroun. De même que l’ancien “médiateur de la République”, Abdeslam Hebachi et le toujours président de toutes les commissions de “surveillance des élections”, l’actuel conseiller Saïd Bouchaïr. Deux autres conseillers sont aussi pressentis : Rachid Aïssat et Layachi Yaker. On parle aussi du diplomate Mohamed Ghoualmi, l’ex-ambassadeur d’Algérie à Paris ; de Lahcen Moussaoui (ancien diplomate et ex-ministre RND) ; de l’écrivain Tahar Ouattar ainsi que de la présidente de l’association “Ikraa”, Mme Aïcha Barki, et de l’ex-directeur de l’information à la présidence et ex-directeur de la Radio, Zouaoui Benhamadi.
K. A.

   
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