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Révision constitutionnelle Avec Belkhadem au gouvernement, Bouteflika convoquerait un référendum en septembrePar Youcef Brahimi, Le Jeune Indépendant, 27 mai 2006 Après avoir digéré un tant soit peu l’éviction d’Ouyahia et son remplacement par le chef du parti majoritaire à l’APN, observateurs, hommes politiques et «correspondants honoraires» s’interrogent maintenant sur la logique de la reconduction de l’ensemble des membres du cabinet sortant. Car, en se remémorant les critiques exprimées en public par le président de la République, le mois dernier, à l’endroit d’une dizaine de ministres qualifiés de menteurs ou d’incompétents, très peu étaient les observateurs qui osaient parier sur le maintien de tel ou tel autre ministre. Le président qui en a décidé autrement, soutiennent des sources proches de la direction du FLN, voudrait donner une image cohérente à sa démarche qui ne diffère en rien de celle déjà adoptée lors du limogeage d’Ali Benflis. Hormis les quelques ministres qui se sont solidarisés avec ce dernier en remettant leur démission, seuls Benflis, hier, et aujourd’hui Ouyahia ont été visés par l’intervention présidentielle. Les retards dans l’application du programme du président, les crises et les multiples écarts d’objectifs, l’incroyable inertie du gouvernement sont autant de reproches, soutient encore notre source, à mettre sur le dos d’Ouyahia à travers cette logique de sanction centrée sur une seule personne. Ceci dit, et loin de toute idée machiavélique, ajoute notre source, il y a des raisons objectives au choix de Bouteflika, dont celle qui paraît être majeure : la mobilisation de toutes les énergies pour réussir l’amendement de la Constitution, dont le référendum serait prévu en septembre 2006, vraisemblablement le 14 ou le 21, si les conditions seront bien sûr réunies. Au cas contraire, ajoutent nos sources, le référendum sera décalé à l’après ramadan, soit en novembre. Les propositions du FLN pour la révision constitutionnelle qui ont eu le privilège d’être révisées officieusement par le président du conseil constitutionnel, Boualem Bessaïh, cadre du parti, seront remises officiellement dans les prochains jours au président de la République, avons-nous appris de source proche de la direction du FLN. Pour rappel, Abdelaziz Belkhadem, qui avait déclaré qu’il fallait revoir l’ordre constitutionnel de telle manière à soustraire le texte fondamental du pays aux imprévus et aux circonstanciels, n’a pas dévoilé son texte à l’opinion publique préférant en laisser la primauté au président de la République. Mais, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a bien mis en évidence, lors d’une déclaration mercredi dernier au Jeune Indépendant, immédiatement après sa désignation, que la révision constitutionnelle est une priorité pour son gouvernement. Le lendemain, lors des passations de consignes avec son prédécesseur, M. Bekhadem, dont le parti milite pour un régime présidentiel, s’est déjà mis dans les habits de la future Constitution en déclarant, notamment, qu’il était «le coordinateur d’une équipe gouvernementale», un euphémisme pour désigner la tâche d’un chef du gouvernement dans un régime présidentiel. Quant à l’élargissement de l’alliance gouvernementale, M. Belkhadem a, contrairement à son prédécesseur, indiqué qu’il y est favorable et qu’il œuvrera «à l’élargissement des consultations avec tous ceux qui sont en mesure de contribuer à la mise en œuvre du programme du président Bouteflika pour relever les défis qui feront de l’Algérie un pays fier». Des consultations que Belkhadem avait entamées avant même sa nomination avec un certain nombre de chefs de parti politique. Avec la reconduction de l’ancienne équipe, Belkhadem, de concert avec le président, a voulu montrer le chemin pour faire partie, dans le futur, du gouvernement : soutenir le programme du président ainsi que l’amendement constitutionnel. Par ailleurs, des sources dignes de foi soutiennent que Belkhadem a reçu le feu vert du président de la République pour remplacer à n’importe quel moment un ou plusieurs ministres de son cabinet qui ne suivraient pas la cadence de travail ou qui travailleraient contre le programme du chef de l’Etat. Une pression permanente donc sur une équipe qui montrait des signes d’essoufflement et dont la moitié des membres n’espérait sans doute même pas sa reconduction dans le gouvernement Belkhadem. Y. B. |
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