Le programme du gouvernement adopté par une large majorité à l’APN :

Comme une lettre à la poste !

par Halim Mouhou, Le Jeune Indépendant, 30 juin 2007

Sur les 380 députés ayant pris part au vote, dont 13 par procuration, 315 ont levé la main pour dire oui au programme présenté samedi dernier par Abdelaziz Belkhadem alors que 22 autres ont voté contre et 33 ont préféré s’abstenir. S’il est aisé de reconnaître ceux qui se sont opposés au projet du gouvernement et ceux qui ont préféré ne pas se prononcer, il n’est pas par contre facile de «débusquer» les 64 députés qui ont joint leur voix aux 249 élus de l’alliance présidentielle.

Pour les opposants, il s’agit, bien sûr, des 19 députés du RCD et de 3 indépendants. Les 33 abstentionnistes, quant à eux, se comptaient parmi les élus du PT (26) en plus de 7 autres dont nous n’avons pu déterminer la couleur politique.

Il s’agirait probablement, nous dit-on, des fidèles de Djaballah élus sur les listes du MNND, alors que d’autres affirment que ce sont des députés indépendants. Pour revenir aux 64 députés qui ont gonflé les rangs de l’alliance présidentielle, ceux-ci se comptent parmi les 15 députés du FNA de Moussa Touati qui ont voté, à la surprise générale, en faveur du gouvernement alors que le reste est à chercher parmi les députés des partis «schtroumpfs» et des indépendants «retournés» par le FLN.

Ainsi, l’adoption du programme du gouvernement, qui est, faut-il le préciser, une suite de celui du président de la République, comme a tenu à le signaler Belkhadem, a été une simple formalité pour ce dernier, épaulé qu’il était par une majorité confortable.

Après quatre jours de palabres, le programme est donc passé comme une lettre à la poste. Les députés du RCD et à un degré moindre ceux du PT ont eu toutefois le mérite de sortir les débats de l’insipidité qui les caractérisaient lors de la précédente législature.

Des réponses «diluées» pour des questions précises Le chef du gouvernement a affirmé au début des ses réponses que le projet de programme qu’il avait présenté «s’inscrit dans le prolongement de l’application du programme présidentiel et vise à garantir un développement continu et durable de la société dans le sens de l’amélioration du cadre de vie des citoyens et de la prise en charge de leurs préoccupations».

Il a, à cet effet, abordé la «stratégie» adoptée par son gouvernement pour la promotion des processus du développement intégré du territoire. Il a évoqué le plan national d’aménagement du territoire et de développement durable affirmant que ce projet de loi «sera soumis au Parlement après sa mouture finale».

Rappelant la série de réunions tenues avec les walis, Belkhadem a annoncé la tenue prochaine d’une rencontre entre le gouvernement et les walis pour, a-t-il souligné, «mettre au point un cadre réglementaire pour entreprendre les réajustements nécessaires afin de relancer une dynamique nouvelle de développement.» A ce sujet, Belkhadem a parlé des fonds spéciaux destinés aux régions du Sud et des Hauts-Plateaux.

«Depuis la création de ces fonds, a-t-il indiqué, des enveloppes financières d’une valeur de 493 milliards de dinars ont été allouées aux wilayas du Sud et 692 milliards à celles des Hauts-Plateaux, soit l’équivalent de 2 et 3 % des recettes pétrolières respectivement pour le Sud et les Hauts-Plateaux.» Abordant le secteur de l’agriculture au sujet duquel il avait été interpelé par plusieurs députés, Belkhadem a reconnu que «sept ans après l’activation du plan national de développement et du Fonds national de développement agricole, la question des priorités dans ce secteur se pose».

Il a promis «une meilleure adaptation des dispositifs de soutien à l’activité agricole afin de réaliser l’autosuffisance au moins pour les produits de large consommation. S’agissant du logement, Belkhadem a annoncé que plus de 543 000 unités sont en cours de réalisation.

Il a assuré que le gouvernement a pris plusieurs mesures pour faciliter la distribution des 30 000 logements sociaux finalisés et non encore distribués. Il a ensuite abordé «les questions prioritaires relatives aux réformes économiques».

M. Belkhadem a précisé que celles-ci «posent un double défi», celui de «la mise à niveau de l’économie nationale en vue de son adaptation et de son intégration dans l’économie mondiale et de son développement permanent en vue de réaliser une croissance durable génératrice de richesses et d’emplois».

Il a ensuite abordé la question du développement des ressources humaines. Il n’a pas omis de passer en revue les politiques du gouvernement dans les secteurs de la santé, de la solidarité nationale, de l’éducation, de l’enseignement, de la formation ainsi que dans le secteur de la jeunesse et des sports.

S’agissant de la bonne gouvernance, M. Belkhadem a abordé la réforme des structures et des missions de l’Etat, y compris la réforme du secteur de la justice et l’éradication de la corruption. Précisant que l’éradication du fléau de la corruption «requiert la conjugaison des efforts de toute la société», il a souligné que la nouvelle loi portant prévention et lutte contre la corruption «comporte une série de mécanismes susceptibles de mettre fin à ce fléau».

Estimant, d’autre part, que le phénomène des harraga «est apparu en 2006», Belkhadem a indiqué que des mesures de prévention et de lutte ont été prises au niveau des wilayas concernées, comme il a assuré que des «initiatives ont été prises en coordination avec le ministère du Travail et de l’Emploi en vue de prendre en charge les jeunes Algériens dans le cadre des dispositifs de soutien à l’emploi».

Le champ audiovisuel, s’ouvrira, ne s’ouvrira pas ? L’autre sujet important abordé par M. Belkhadem est celui du secteur de la communication. Il a affirmé que le gouvernement «aura à déterminer des phases de préparation et de transition en vue de réunir les conditions nécessaires à la réussite du processus d’ouverture du champ audiovisuel».

Belkhadem a assuré que «l’adoption du projet de télévision numérique terrestre, qui est au stade expérimental depuis plus d’une année et qui sera mise en service l’année prochaine, est une occasion pour la consécration de la liberté d’exercice dans le domaine audiovisuel».

«L’activité dans le secteur audiovisuel doit s’exercer en toute liberté», a affirmé M. Belkhadem, ajoutant que «le gouvernement poursuivra l’application des modes d’octroi d’aides aux opérateurs et coopératives exerçant dans le domaine de l’audiovisuel».

Concernant le statut particulier des professionnels de la presse, M. Belkhadem a affirmé que «celui-ci constitue pour le gouvernement une priorité, assurant que «cette préoccupation est en cours d’examen». H. M.

   
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