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Le front social éclipse l’agenda diplomatique du président Bouteflika évite New York pour les obligations internesPar :Zahir Benmostepha, Liberté, 26 septembre 2007 Depuis son accession à la magistrature suprême, il aura été de tous les grands rendez-vous. Une Assemblée générale de l’ONU sans Abdelaziz Bouteflika, c’est un sujet qui mérite le détour, d’autant plus que notre chef de l’État apprécie les tribunes internationales pour avoir su, durant ces sept dernières années, admirablement négocié un retour en force de l’Algérie. Connu pour être un fin orateur, Abdelaziz Bouteflika n’aurait plus rien à dire au plus haut rendez-vous de la planète ? Pourtant, ce ne sont pas les sujets sensibles à débattre et les causes justes à défendre qui manquent à cette Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies. Des ennuis de santé, alors ? Où peut-être une période de carême qui ne se prête pas aux grandes joutes oratoires ? Des tas de questions qui peuvent être posées à brûle-pourpoint au sein de l’opinion sans trouver de réponse significative, mais qui renseignent quand même sur ce qui ressemble à s’y méprendre à un recentrage des préoccupations présidentielles. Une chose est sûre : le président de la République se porte comme un charme puisqu’il vient à peine d’entamer la série d’auditions des ministres du gouvernement dirigé par Abdelaziz Belkhadem. Mais, peut-on en dire autant de la situation actuelle du pays, du moins dans une conjoncture qui requiert une attention particulière des plus hautes instances de l’État ? Si le chef de l’État a estimé que l’Assemblée générale de l’ONU pouvait se passer de lui, cette fois-ci, c’est peut-être parce qu’il a jugé qu’il y a mieux à faire au pays. Autant dire qu’il est en ce moment plus urgent d’agir sur le concret en Algérie que de développer sa vision des relations internationales et sa conception du nouvel ordre international. En tout cas, tout concourt à privilégier une lecture qui suggère un changement dans la démarche du président de la République Abdelaziz Bouteflika. Du moins si l’on reconnaît que malgré les efforts déployés et les moyens consacrés, les réformes engagées peinent à avancer, même si dans le discours de certains ministres elles donnent l’illusion de dynamisme. En décidant de se consacrer en ce mois de Ramadhan exclusivement aux affaires intérieures du pays, avec notamment l’audition des ministres, Abdelaziz Bouteflika ne voudrait-il pas montrer toute sa détermination à réussir les réformes qu’il a engagées ? Surtout qu’aujourd’hui le pays semble avoir beaucoup de peine à passer à la vitesse supérieure. Alors qu’au départ tout semblait avoir été mis sur les rails, voilà que tout devient prioritaire, tout est à faire et certaines choses à refaire. Peut-être que l’Algérie n’a plus besoin de plaider sa cause à l’étranger, d’autant plus qu’elle est devenue une destination appréciée. Elle n’est boudée ni par les compagnies aériennes, ni par les investisseurs, ni par les touristes. Sur ce plan, l’agressivité impulsée à la diplomatie par le président de la République aura accompli admirablement son travail. Reste donc l’immensité de la tâche qui consiste à vaincre la frilosité des étrangers en mettant en branle une machine économique qui s’accommode de plus en plus mal de solutions improvisées et d’essais de laboratoire. Il s’agit surtout de trouver les moyens pour dire halte aux dégâts. Car on a l’impression que l’Algérie des années 2000 est en train de jeter l’argent par les fenêtres. 1 000 milliards pour telle wilaya,1 500 milliards pour telle autre, entend-on à chaque visite du président de la République dans l’Algérie profonde. Cependant, on assiste au même manque cruel de structures de sports et de loisirs, au même spectacle de routes défoncées, aux mêmes scènes d’émeutes avec leur lot d’édifices publics saccagés… Peut-être que Bouteflika a décidé de mettre un peu d’ordre. Zahir Benmostepha |
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