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Le chaud et le froid de Bouteflika 98 milliards de dinars pour les salaires des fonctionnairesLe Quotidien d'Oran, 26 juin 2006 Le président de la République a dévoilé hier le niveau des enveloppes financières allouées par l'Etat pour le lancement d'un plan complémentaire pour la relance du développement local et rural durable, le relèvement des salaires des fonctionnaires et celui d'une catégorie de retraités avec en prime la création d'une caisse complémentaire en prévision de l'augmentation de ces ayants droit dans les années à venir. Annoncé par Bouteflika hier au Palais des Nations à l'occasion de la réunion gouvernement - walis et prévu pour être inscrit dans la loi de finances complémentaire de cette année, le plan complémentaire à celui relatif à la consolidation de la croissance bénéficie de 150 milliards de dinars et sera exécuté à partir d'un ordonnancement de ses projets par les walis appuyés dans leur tâche par les élus locaux. Le chef de l'Etat a décidé ainsi de rendre les autorités locales directement responsables de sa mise en oeuvre. Pour ce faire, il ordonne l'élargissement des pouvoirs des walis «par l'inscription à votre actif des projets aujourd'hui à gestion centralisée». Une mesure qui doit, dit-il donc, se concrétiser par «le transfert à votre niveau des compétences d'ordonnateurs primaires et des ressources y afférentes». Les walis seront ainsi comptables de tout ce qui sera entrepris dans ce sens et au titre du plan complémentaire. Il insistera grandement sur la réhabilitation d'un service public de «qualité». «II est souhaitable que les wilayas et les communes qui doivent oeuvrer en vue de consolider la démocratie, renforcer la décentralisation et élargir le processus dans la dynamisation du développement, l'utilisation pertinente des ressources humaines, des potentialités et des richesses dans des programmes rentables et engendrant le plus d'impacts positifs sur la vie locale», a déclaré le président de la République. Le plan complémentaire est annoncé pour combler les divers déficits en matière d'infrastructures économiques et de structures sociales dont souffrent les nombreuses communes. C'est un plan qui doit corriger les écarts entre les niveaux de vie des citoyens en s'appuyant principalement sur la réalisation de projets dans lesquels les populations participeront à part entière. Ses concepteurs semblent s'être fortement inspirés de l'esprit des Projets de proximité du développement rural intégré (PPDRI) dont le fondement repose sur une stratégie de développement rural durable et dont le lancement a été fait il y a quelques années de cela. «Les options fondamentales (...) ont été axées sur une stratégie de développement intégré qui vise la consolidation des structures de notre société et l'intégration de toutes ses composantes (...)» a soutenu Bouteflika. Il estime que «ces options se devaient de faire une place particulière au développement local de proximité en faveur des zones les plus touchées par les retards dans le développement humain et par les effets de la tragédie nationale». L'on estime que le rural se confond avec le local dans pas moins de 979 communes. C'est d'ailleurs à cet effet que le ministre délégué au Développement rural a été appelé durant ces trois jours à exposer dans le détail sa stratégie et la vision de son département en la matière. Rachid Benaïssa l'a fait samedi dernier devant les walis sous la présidence du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales et l'a refait hier devant le président de la République qui a, à ce même effet, écouté les interventions des ministres des Finances, des Ressources en eaux, de l'Habitat et des Travaux publics. Le ministre de la Participation et de la Promotion de l'Investissement, Abdelhamid Temmar, a aussi fait samedi un exposé sur le foncier économique dont le règlement et l'accès sont comptés parmi les éléments de base pour la réussite de ce plan et du développement local dans sa globalité. Des points de situation sur toutes ces questions ont été établis au sein des ateliers qui ont été ouverts durant ces deux derniers jours au Palais des Nations en présence des cadres des tutelles et des services concernés. Le président de la République réitéra sa décision d'augmenter les salaires des travailleurs dans leur ensemble. Il commencera par préciser celle des fonctionnaires en indiquant que l'Etat met à la disposition de la Fonction publique 98 milliards de dinars pour opérer une revalorisation des salaires des fonctionnaires, toutes catégories confondues. Il ne manquera pas d'appeler la centrale syndicale et les organisations patronales à finaliser leurs discussions autour de la révision des conventions de branches du secteur économique qu'il conditionne par leur prise en considération de trois paramètres. Un triptyque qu'il met en avant pour toute augmentation salariale, à savoir la croissance, la productivité et le niveau de l'inflation. Ainsi, confirmera-t-il, l'augmentation des salaires des travailleurs du secteur économique à partir d'une révision du niveau du Salaire national minimum garanti (SNMG). C'est à la tripartite de mettre au point ce programme prometteur. Bouteflika n'omettra pas de noter que les retraités ne sont pas en reste de cette sorte de redistribution des richesses. Il annonce à ceux d'entre eux qui perçoivent moins de 10.000 dinars - et ils sont près de 9.000 - que leurs pensions seront revalorisées à partir d'un relèvement d'indemnités. L'Etat consacre pour cela 13,5 milliards de dinars. Autre décision importante prise par le chef de l'Etat, l'institution d'une caisse complémentaire de retraite. Il s'agit, en fait, d'une caisse de prévoyance en matière de pension de retraite dont la mission principale est de prendre en charge les ayants droit à venir. Bouteflika souligne pour le besoin que le taux des personnes de plus de 60 ans a été de 5% en 2004 mais atteindra 15% en 2030. La caisse sera alimentée par les rentrées fiscales pétrolières. Toutes ces mesures doivent, selon le chef de l'Etat, entrer en vigueur «dans les plus brefs délais». Leurs incidences financières seront répertoriées dans la loi de finances complémentaire de cette année. Ghania Oukazi
Le Président interpelle et dénonce
C'est en interpellant ministres et walis et jusqu'en perdre la voix que le chef de l'Etat a dénoncé entraves, obstructions et blocages qui freinent les initiatives et l'acte d'entreprendre. Pendant plus de deux heures, le Président s'en est pris aux ministres et aux walis pour n'avoir pas su répondre aux attentes des populations. Tout en affirmant l'importance des budgets alloués «et c'est une occasion historique», il dénonce la prolifération de problèmes graves qui minent la société et entravent le développement du pays. «On doit être au rendez-vous fixé», «il faut s'assurer de la qualité des réalisations», «du développement local dépend la structuration stratégique du pays», «nous ne sommes ni prophètes, ni capables de miracles mais nous devons être sincères avec le peuple», «nous avons failli à la restauration de notre identité et à la réussite du développement mais vous ne pouvez pas dire que la génération de Novembre a trahi les idéaux», et bien d'autres propos ont émaillé les mots acerbes que le Président a servis à l'assistance. «Je ne dis pas ça que pour en vouloir aux walis mais aussi aux ministres parce qu'il y en a qui travaillent jour et nuit mais d'autres vivent comme des citoyens sans fournir trop d'efforts», a-t-il lancé. «Il faut absolument changer nos mentalités, il faut qu'on change ce qui est en nous.» Il fustigera ainsi ceux des responsables qui croient que la construction d'une autoroute remplace les chemins communaux. «Que peut faire un citoyen avec une autoroute quand il est bloqué faute de routes nationales ou de chemins communaux viables ?», a-t-il interrogé. De tout ce qu'il qualifie de fléaux sociaux qui se propagent dangereusement dans le pays, il rend responsables les collectivités locales et dégage sa responsabilité et celle du chef du gouvernement. «Ni le président ni le chef du gouvernement ne sont responsables de cela parce que le gouvernement ne peut répondre du manque de responsabilité des collectivités locales», a-t-il soutenu en rappelant au peuple que «c'est lui qui a élu ses représentants au plan local», éludant ainsi toutes les manoeuvres par lesquelles le pouvoir central impose des élus loin d'être représentatifs des populations. Il remettra en cause les schémas urbanistiques jusque-là exécutés en s'appuyant sur ce qui a été fait pour la reconstruction de Chlef, «une ville construite en 20 ans mais qui ressemble aujourd'hui à un bidonville». Il évoque pour la circonstance les 6.000 habitations devant être construites dans cette wilaya sans qu'il leur soit programmé les équipements de base n'était «mon intervention», a-t-il dit. «A quoi ressemblent les immeubles qu'on construit ?», a-t-il encore interrogé pour démontrer la mocheté de la chose. «Où sont les études ?», demande-t-il en interpellant au passage «et toi Barkat, tu sais que ce sont des terres agricoles qui ont été construites, nécessité oblige, nous les avons utilisées». Il estime que toute construction doit pourtant marquer le passage d'une génération à une autre. «Je ne vise personne, nous sommes tous responsables», dit-il. Il appelle les ministères et les wilayas à réfléchir sur de nouveaux modes et modèles de construction. G. O.
Bouteflika met en garde contre les détournements et le gaspillage
Dans un long discours adressé hier aux walis, à l'occasion de leur rencontre avec le gouvernement, le président de la République est revenu sur les différents programmes initiés depuis 2000 pour relancer l'économie d'abord et consolider la croissance ensuite. Outre les bilans, Abdelaziz Bouteflika a surtout interpellé ministres et walis sur l'importance des financements (6.000 milliards de dinars) consacrés par l'Etat à des centaines de projets censés améliorer le cadre de vie des citoyens notamment «les démunis et les marginalisés». Partant de cet objectif que tous doivent partager et pour lequel tous les responsables centraux et locaux doivent oeuvrer, il met en garde contre les blocages de plusieurs natures qui entravent le développement de l'économie, dont «les lourdeurs des procédures, les confusions dans les prérogatives» et, ajoute-il plus loin, «les comportements négatifs liés la plupart du temps à un excès de centralisation des moyens de mise en oeuvre des programmes». Rappelant les engagements pris vis-à-vis du peuple qui l'a élu et toute sa détermination à les respecter, le chef de l'Etat a indiqué que le plan de soutien à la croissance «est ambitieux, très ambitieux et le temps est court. Et les enveloppes financières allouées aux ministères sont énormes». D'un ton ferme, il ajoute que «les dépenses seront minutieusement contrôlées» et qu'il sera intransigeant contre tout écart ou mauvaise velléité. Il ne suffit pas, dit-il encore, «de réaliser les projets». Mais faut-il aussi le faire «dans les temps et dans les normes requis». Sa volonté de restructurer le pays et qui revêt à ses yeux une importance stratégique, «ne cédera pas devant les blocages bureaucratiques de l'administration». En fait, il s'agit pour l'Algérie de saisir une occasion historique d'embellie financière extraordinaire. La mise au point faite et le message bien saisi par l'assistance, le Président revient sur le plan de soutien à la relance économique (PSRE). Il a exprimé, à ce propos, «sa satisfaction» pour les résultats réalisés et a rappelé que «rapporté à la population, le montant des investissements sur la période 2001-2005 est passé de 4.000 DA/habitant à 13.500 DA/habitant, soit une hausse de 237%». Aussi, les 55 milliards de dinars dépensés ont permis la réalisation de 44.817 projets. Et «1.180 sont en voie d'achèvement». Quelque 376.000 emplois ont été créés «dont une bonne partie sont permanents». Le programme quinquennal de soutien à la croissance économique lancé en 2005, poursuit Bouteflika, «veut avant tout concrétiser, de manière encore plus profonde, les grandes options de notre développement et vise à l'élimination à terme de toutes les disparités et insuffisances, à travers notamment les grands projets sectoriels». Il cite le projet de 1 million de logements qui, selon lui, «connaît en ce moment un taux d'avancement satisfaisant», celui des chemins de fer, de l'autoroute Est-Ouest... Parallèlement à ce plan, le chef de l'Etat a annoncé un plan complémentaire de 150 milliards de dinars, destiné surtout aux communes les plus démunies. «L'intérêt majeur de ce programme supplémentaire, indique-t-il, réside dans le fait qu'il sera élaboré sur la base de propositions des walis en liaison avec les élus locaux et sans exclure les approches sectorielles». Les projets concernés, soutient le Président, doivent répondre aux «demandes exprimées par les populations et par leurs représentants» et seront sélectionnés sur «la base des attentes urgentes et prioritaires notamment en matière d'emplois, d'habitat, d'alimentation en eau potable, d'assainissement, de raccordements aux réseaux d'électricité et de gaz naturel, de désenclavement, de moyens de communication, de transport... ». L'allégement des procédures en matière de marchés publics, la décentralisation, la réorganisation des agences foncières locales, la création d'une agence foncière de wilaya, sont autant de décisions prises pour permettre la réalisation des projets. D'autres assouplissements vont suivre, indique le chef de l'Etat, mais «ne doivent pas faire perdre de vue la nécessité de redoubler de vigilance pour éviter la répétition des dérives constatées ici ou là». Il s'agit, poursuit-il, de renforcer la fonction de contrôle dans l'exécution des budgets à travers le renforcement des structures d'inspection et d'évaluation des projets. Outre les chantiers des différents plans initiés depuis 2000, Abdelaziz Bouteflika a estimé qu'«il est important d'envisager des budgets pour le fonctionnement, la maintenance et l'entretien des nouvelles réalisations». Il est également opportun de prendre en charge des questions d'ordre environnemental ayant trait au foncier urbain, industriel et agricole. Ghania Amriout
Ce reproche inattendu du Président aux binationaux
Contre toute attente, le Président s'en prendra aux binationaux à l'attention desquels il déclare dénier le droit de garder la nationalité algérienne. Il s'est d'ailleurs longuement étalé sur le sujet en commençant par affirmer que «l'émigration ne résoudra pas nos problèmes». Et pour amorcer la question de la double nationalité, il évoquera l'exemple de la Mauritanie, «ce pays voisin qui retire systématiquement la nationalité mauritanienne à ceux de ces ressortissants qui en choisissent une autre». «Est-il normal qu'un Algérien fasse la queue devant le consulat à l'étranger pour demander un visa pour rentrer dans son propre pays?», a-t-il demandé. Il ne saura pas que des binationaux, présents hier au palais des Nations, s'en défendent: «on préfère payer un visa à 100 euros et c'est rapide parce qu'on paie, plutôt que de faire la queue devant le consulat pour renouveler notre passeport algérien et d'attendre devant les guichets pendant de longues heures pour repartir bredouille». Le Président doit certainement savoir que des hauts responsables de l'Etat y compris des ministres, faut-il le rappeler, sont détenteurs de passeports étrangers. Et il lancera: «celui des Algériens qui détient un passeport étranger, il est libre de l'avoir mais il ne pourra pas garder celui algérien». Il le dira sans préciser explicitement s'il programme d'aller vers une nouvelle révision du code de la nationalité ou alors d'interdire officiellement aux binationaux de garder la nationalité algérienne. Tout en soulignant que cet Algérien est libre dans son choix, il affirme: «nous allons nous comporter avec eux comme avec des étrangers». Il recourt à l'histoire pour rappeler des prises de décisions qu'il juge regrettables. «Comment avions-nous osé permettre à un Algérien de choisir de passer son service militaire ici ou dans un pays étranger?», a-t-il interrogé avec amertume. Il fustigera ceux des Algériens résidant à l'étranger, naturalisés «et qui viennent nous faire des propositions bizarres». Allusion peut-être faite à Benaouari, cet ancien ministre du budget qui appelle avec ferveur à la convertibilité du dinar. Il regrette que l'histoire du pays ne soit pas enseignée aux générations montantes comme il se doit. Bouteflika effleurera implicitement la question de la révision de la Constitution en notant qu'elle stipule que l'emblème national et l'hymne national «qui sont pourtant sacrés» doivent être régis par une loi. «Quelle est cette loi qui pourra le faire, alors que c'est le 1er Novembre qui l'a fait au début?», se demande-t-il avec énervement. Il dira à ceux qui veulent apporter des changements à l'hymne national que «Kasaman ne changera pas et aucun couplet ne sera touché». Parce que l'hymne est «immuable et aucune loi ne peut le changer». Le Président ne manquera pas de rappeler les principes de la charte pour la paix et la réconciliation nationale en faisant presque une volte-face, au sujet des terroristes. «Nous avons aujourd'hui des comportements que nous avons hérités des années 90, qui sont loin très loin d'être des comportements civilisés», a-t-il fait remarquer. «Etre gentil, bien recevoir, prêcher la bonne parole ne coûtent pas un centime», renchérit-il. Son volte-face est quand il avoue «qu'il faut que l'on guérisse de ce mal qui nous a atteint à cause de tout ce qu'ont fait les criminels durant toutes ces années; ces criminels qui n'ont aucun pardon de notre part». Le Président affirme que «même si on pardonne, on n'oublie pas et celui qui a été un criminel le restera, et qu'il doit savoir qu'il l'est même si le peuple a accepté de lui ouvrir son coeur». Ghania Oukazi
Le Président demande la conversion des gardes communaux en police de proximité
Maintes fois rejetée par le gouvernement Ouyahia, la demande de l'UGTA d'intégrer les gardes communaux dans la fonction publique semble prendre forme puisque le chef de l'Etat appelle à leur conversion en police de proximité. « Trop d'entraves et d'obstacles, voire d'obstructions et de blocages continuent encore de freiner les initiatives en matière de création d'activités et d'emplois. Les services de l'Etat, les services administratifs en font partie, en raison principalement des procédures qui découragent plus qu'elles n'incitent les jeunes à se lancer dans l'acte d'entreprendre.» C'est en ces termes que le chef de l'Etat a fustigé hier les autorités centrales et locales et les a appelées avec insistance «à permettre aux jeunes de créer leur entreprise et de leur accorder pour cela les délais qui leur seront nécessaires». Il frappe du sceau de l'urgence la réalisation de 100 locaux par commune au profit des jeunes qu'ils soient hommes ou femmes «sans discrimination ni parti pris». Il intègre cet appel dans un programme de développement global qui implique «nécessairement un système basé sur de nouveaux comportements à l'intérieur même de notre administration». Corruption, népotisme, interventions inadmissibles sont selon lui «les causes des lenteurs de notre administration et de sa mauvaise organisation et qui détruisent l'Etat de droit et ruinent la confiance du citoyen». Bouteflika exhorte les représentants de l'Etat à mettre fin «aux comportements bureaucratiques qui gèlent les initiatives et portent des préjudices sérieux à l'économie du pays et au développement local» et au manque de transparence et de communication. Son exemple dans ce sens, il dénoncera l'octroi du logement social à ceux qui ne le méritent pas. «Dans ce secteur des plus sensibles, il est temps d'introduire la part de justice sociale, de raison et d'objectivité qui doivent présider à leur affectation», a-t-il dit. Le Président appelle au recours au logement participatif ou de l'AADL «sur prêt bancaire». Ce qui contribuera selon lui «à créer la couche moyenne de citoyens qui stabilise la société». La réhabilitation d'un service de qualité doit passer, dit-il, par la révision des codes de wilaya et de la commune par laquelle seront clairement précisées les prérogatives des autorités locales et seront consacrées la déconcentration des pouvoirs et la décentralisation de la décision. Il appelle ces autorités à procéder «rapidement à la réforme des finances locales et à la refonte de la fiscalité locale, pour justement donner aux communes les moyens d'assumer leurs responsabilités dans la prise en charge des missions basiques de service public». Le Président estime qu'il est «indispensable de créer un nouveau système de gestion urbaine qui consacre le principe de l'unité de la ville exerçant toutes les responsabilités municipales et qui lui garantisse une unité de gestion, l'aménagement de son espace et de son développement tout en faisant bénéficier les citoyens d'une administration de proximité leur fournissant les services de base dont ils ont besoin». Il exhorte les responsables à instituer «une police de proximité» en indiquant que «c'est le moment de revenir à la police communale, nous avons besoin de ses agents pour d'autres missions». En clair, le chef de l'Etat demande au gouvernement et particulièrement au ministre de l'Intérieur de convertir les agents de la garde communale en police de proximité appelée communément «garde champêtre». Il s'agit ainsi de prendre en charge une demande de la garde communale dont le corps a été créé durant les années 90 pour participer aux côtés des autres services de sécurité à la lutte contre le terrorisme. Demande qui, pour rappel, a été à maintes reprises exprimée par l'UGTA qui revendiquait l'intégration des gardes communaux dans la fonction publique mais qui a toujours été rejetée par Ahmed Ouyahia alors chef du gouvernement. Elle a aussi été rejetée au temps des programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI dont l'une des conditionnalités était de stabiliser les effectifs de la fonction publique et de ne pas procéder au recrutement. La Direction générale de la Sûreté nationale n'en voulait pas elle non plus pour ne pas avoir à comptabiliser un nouveau corps dans ses rangs. Ghania Oukazi |
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