| |
|
Mouvement
associatif / Bientôt un congrès
national
El
Watan, 26 septembre 2004
En
prévision du congrès national constitutif qui devrait
se tenir dans les prochaines semaines à Alger, une assemblée
générale a regroupé jeudi dernier, à la maison
de jeunes Bounab Rachid de Jijel, plusieurs associations en présence
d’un huissier de justice. L’objet de ce conclave est la mise sur pied des structures de
wilaya de la nouvelle alliance présidentielle du mouvement associatif
et de la société civile, dont les promoteurs diront qu’elle
est fondée sur le triptyque paix-solidarité-réconciliation
(PSR). Le coordinateur provisoire de la wilaya de Jijel, Messaoud Mati,
qui sera par la suite plébiscité dans la fonction de coordinateur,
précisera que l’alliance PSR est un prolongement de la Ligue
nationale de soutien au président de la République pour
un second mandat, qui se targue d’avoir collecté 454 000
signatures pour Abdelaziz Bouteflika. Les objectifs de l’alliance
sont axés sur les orientations du programme du Président
où la réconciliation nationale constitue la pierre angulaire.
Pour ce faire, l’alliance se propose d’«appuyer et
encourager toute initiative tendant à renforcer les actions en
faveur du raffermissement des liens sociaux».
Par Fodil S.
-----------------------------
Une
journée de réflexion a été organisée,
hier, à Alger
La
citoyenneté en débat
Par
Karim Kebir , Liberté, 26 septembre 2004 Créer l’éveil chez les citoyens pour s’impliquer
dans la gestion des affaires qui la concernent, développer le
civisme et pourquoi pas, à terme, former une grande fédération
des associations pour agir ensemble : voilà en somme à quoi
s’attelle le Forum algérien pour la citoyenneté et
la modernité. Créée en novembre 1999 dans le sillage
de l’élection de Abdelaziz Bouteflika à la magistrature
suprême, cette association, inconnue jusque-là chez le commun
des Algériens, a pourtant beaucoup d’ambitions.
D’une part, elle se veut être un espace ouvert aux compétences
nationales dont les “actions, basées sur des repères
et valeurs universelles, visent l’innovation et la promotion de
la citoyenneté et de la modernité”, et d’autre
part, elle se veut aussi une force de proposition à même
de “contribuer au débat national sur les grandes questions
intéressant la vie des citoyens”. C’est ainsi que,
régulièrement, elle organise des journées de réflexion
sur des thèmes divers assorties de recommandations lesquelles
sont soumises “aux décideurs”, pour reprendre la formule
de son président, M. Sbia Nourredine. Hier, c’était
la problématique de “la gouvernance, entre l’action
publique et la participation citoyenne” qui était au menu
de la journée d’étude organisée à l’hôtel
El-Aurassi à Alger. Pour quelle finalité ? “Il s’agit
pour le forum de tenter de définir et de développer, à la
lumière des aspirations citoyennes, le cadre d’une démocratie
participative réelle et concrète, portée haut par
toutes les forces vives de la nation, acceptée, respectée,
entretenue et protégée à la fois par l’État
et le citoyen”, comme l’a expliqué Sbia dans son allocution
d’ouverture.
De son côté, François Henri Morand, représentant
du programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Alger
estime qu’il “est important que les citoyens participent à la
gestion des affaires publiques”.
Quant au représentant de l’Onudi, il a insisté sur
le rôle que doivent jouer les ONG pour améliorer la justice
et le système bancaire, des impératifs à même
de créer l’environnement indispensable à l’investissement.
D’autres interventions d’experts sont également prévues
et un atelier destiné à élaborer un ensemble de
recommandations à soumettre aux décideurs “a été mis
en place”. En dépit de la qualité des débats
qu’elle organise et des potentialités qu’elle recèle,
il n’en demeure pas moins que les objectifs de cette jeune association
restent pour le moins flous d’autant que certaines questions sensibles
sont évacuées d’un revers de la main. Ainsi, au sujet
du code de la famille, le président du forum s’est montré évasif
en se contentant d’affirmer qu’”on va l’inscrire à l’ordre
du jour”.
Pis, il ne trouve pas qu’il y ait recul des libertés dans
le pays, un contraste saisissant avec la promotion de la citoyenneté et
de la modernité dont le forum fait la devise. Le forum va-t-il
devenir un parti politique ? “Non”, répond Sbia. C’est à se
demander finalement si ce forum ne constitue pas au mieux une “rampe
de lancement” pour d’éventuelles nominations dans
les rouages de l’État, au pire à jouer le rôle “d’absorbant” du
mouvement associatif.
|
|
|