LE
GENERAL MAJOR FODHIL-CHERIF A L’EMP DE BORDJ EL-BAHRI
L’ANP prépare la «relève»
L'Expression,
29 juin 2003
A deux jours de
la sortie - très attendue - du général-major Lamari,
à Cherchell, l’armée plaide pour une «cohabitation»
avec la société civile.
Au-delà
des festivités qui ont marqué la sortie de la 30e promotion
des élèves officiers de l’Ecole militaire polytechnique
de Bordj El-Bahri (ex-Enita), ce qu’il faut retenir, c’est
surtout sa volonté de «cohabiter» pacifiquement avec
une société dont elle s’était tenue à
l’écart pendant trop longtemps. 60% des personnes invitées
étaient civiles (journalistes, «observateurs», familles,
etc.), ce qui dénote, cet état d’esprit spécifique
à l’armée depuis deux ans, c’est-à-dire
depuis le jour où l’état-major de l’ANP a
décidé une véritable ouverture sur les médias
et vis-à-vis de la société en général.
L’occasion a été, cette fois-ci, la sortie de promotion
Ali-Khodja (tué en opération «commando» en
1956, justement à Bordj El-Bahri) c’est le général-major,
Fodhil Brahim, commandant de la 1re Région militaire, flanqué
du directeur de l’Ecole, le général Abdallah Belhadj
qui a présidé aux cérémonies de remise des
grades et à la supervision des sites encore en construction:
salles de conférences, salles de cours et autres infrastructures
en voie de finalisation. Le directeur de l’Ecole a beaucoup insisté
sur les aspects très scientifiques des études dispensées
aux élèves officiers. L’électronique, l’électrotechnique,
la robotique, l’informatique et la chimie appliquée sont
les principaux champs de recherche de cette jeune génération
d’officiers. Les mémoires de fin d’études,
toutes branches confondues, exposés dans la grande salle des
expositions renseignent sur les nouvelles tendances, ostensiblement
encouragées par l’état-major de l’armée.
La relève, c’est surtout à la tête de l’armée
qu’elle se profile. L’année dernière, le général
de corps d’armée et patron de l’ANP, Mohamed Lamari,
avait lancé un vague souhait de se retirer de l’armée.
Depuis, on lorgne vraiment de tous les côtés pour percevoir
un potentiel remplaçant au chef d’état-major. Hier,
Fodhil-Chérif ne donnait pas cette impression. Cet officier,
qui s’était fait un nom dans la lutte antiterroriste, passe
pour être le tombeur de Zouabri, tué en plein centre de
Boufarik, le 8 avril 2002.
Paradoxalement, c’est à partir de cette date que Fodhil-Chérif
Brahim (il tient beaucoup à ce «Brahim») l’un
des plus proches officiers de Lamari, se fait remarquer par un effacement
de plus en plus croissant.
Ce n’est qu’à la faveur du tremblement de terre du
21 mai qu’il renoue avec les apparitions publiques, préférant,
peut-être, attendre son heure.
Dans ce décryptage délicat des stratégies de l’armée,
l’intervention de Lamari, dans deux jours, éclaircira beaucoup
de zones d’ombre, en même temps qu’elle donnera une
grille de lecture plus concrète sur les «mouvements»
à la tête de l’armée.
Fayçal OUKACI