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| La France dément avoir soumis l’Algérie à un embargo dans la lutte antiterroriste «Que le chef d’état-major apporte ses preuves !» Par Sihem H., Le Jeune Indépendant, 20 janvier 2003 La France a nié catégoriquement avoir soumis l’Algérie à «un embargo de fait sur tous les moyens de lutte antiterroriste», nous a déclaré une source diplomatique à Alger. Selon la même source, la France a, bien au contraire, toujours «suivi de très près ce qui se passait en Algérie durant la décennie noire», allusion faite aux années du terrorisme. Une réponse qui se veut un démenti formel à la déclaration du général-major de l’Armée nationale populaire (ANP) dans l’interview qu’il a récemment accordée à l’hebdomadaire français le Point. Le chef d’état-major n’avait pas lésiné sur les mots : «Nous avons un problème avec nos amis politiques, les dirigeants français. Ils nous soumettent à un embargo de fait sur tous les moyens de lutte antiterroriste.» «Si tel est le cas qu’il apporte ses preuves», rétorque notre interlocuteur, signalant au passage que «c’est la première fois qu’un dirigeant de ce niveau tient de tels propos concernant la lutte antiterroriste». Il se dit, d’ailleurs, être étonné de cette déclaration sachant que «le régime adopté par la France en terme d’exportation d’armes est le même pour tous les pays sans aucune exception». Le général Lamari avait indiqué, dans ce contexte, que l’Algérie n’avait même pas pu acquérir en France quelques milliers de cartouches de chasse pour les gardes communaux. Se voulant très explicite, notre interlocuteur estime que le problème de l’Algérie ne réside pas en l’acquisition ou non des moyens de lutte antiterroriste ou encore d’armes sophistiquées, mais il vient tout simplement d’un «blocage politique» qui règne actuellement. «La véritable solution est donc de rechercher les causes de cet islamisme armé et d’essayer de trouver un remède, parce que c’est là le véritable problème de fond», a-t-il affirmé. Il tiendra, sur cette même lance, à démentir les déclarations de certains hauts responsables algériens qui «prétendent» que l’Algérie a fait face seule au terrorisme durant la décennie écoulée. «C’est totalement faux. Tous les pays, notamment la France, étaient préoccupés par ce qui se passait en Algérie», dira-t-il. Selon le diplomate, la France n’a pas voulu s’ingérer, durant cette période, parce qu’elle a jugé que «cela faisait partie des problèmes internes de l’Algérie dont elle n’avait pas à s’y immiscer». Pour lui, les accusations dont est «victime» la France – sur cette question et aussi le fait de la qualifier de «main étrangère» qui est derrière les événements de la crise en Kabylie – n’est qu’«un mythe politique véhiculé par les médias». «Il n’y a jamais eu de mise à l’index de l’Algérie par la France», tient-il à préciser. Revenant aux propos de Mohamed Lamari, notre interlocuteur estime que «le général n’a fait que dire tout haut ce que les autres [responsables] pensent tout bas». Cependant, il déclare être ravi de «la constatation» qu’a faite le général en indiquant «qu’avec la DST et la DGSE, nous partageons une même analyse sur les menaces terroristes». Nous avons tenté, hier, de joindre la cellule de communication du ministère de la Défense nationale pour une éventuelle réaction aux propos du diplomate, mais nos efforts sont restés vains. S. H. ------------------------------------------------------------------------------------------ Entre
brouillage politique et option stratégique Par Mohamed Tayeb Ceux qui ont parlé de «profil bas» affiché par la mouvance dite démocrate et son «silence éloquent» après les dernières déclarations du chef d’état-major Lamari ont peut-être parlé trop vite. D’abord en rapportant pêle-mêle des avis non encore mûris par leurs auteurs dans le camp islamiste, radicaux et constitutionnels confondus, ensuite en considérant la désormais fameuse sentence du chef de l’armée – «l’institution militaire reconnaîtra le Président élu, même s’il est issu du courant islamiste» – comme un clin d’œil favorable aux islamistes. Tel n’est sûrement pas le cas pour ceux qui veulent bien s’en tenir au contexte propre de la sortie médiatique de Lamari. Cette dernière continuera, bien malgré son auteur, à alimenter le débat politique en Algérie, sans pour autant participer à la dissipation de la confusion qui règne au niveau de la communication institutionnelle. Saïd Sadi, qui ne répond pas expressément à cette confusion, n’en relève pas moins l’étrangeté qui consiste pour un chef d’état-major à occuper la télévision «pour dénoncer l’intégrisme avec lequel compose pourtant le Président, puis à faire de telles déclarations dans un hebdomadaire français». La conclusion qu’il en tire est simple : le brouillage de la lisibilité politique est, selon Sadi, national. Il n’en affirme pas moins que l’élection de 2004 sera «ce que les Algériens en feront» et que les partenaires étrangers «composeront avec celui qui occupera la fonction présidentielle». En homme bien averti de la dynamique du système, il ne se laisse point bercer par de quelconques illusions et encore moins par des déclarations d’où qu’elles émanent. «Bien malin, dira-t-il, celui qui peut dire comment peuvent évoluer les choses d’ici 2004». La seule donne visible, ajoute-t-il, dans un entretien accordé au Soir d’Algérie publié au lendemain des déclarations de Lamari, «c’est la répression du courant démocratique qui continue à subir manœuvres arbitraires et provocations». Dans ce qui s’apparente à un appel aux formations se réclamant de la démocratie, Saïd Sadi estime qu’il serait utile que chacune, à la mesure de ses moyens, œuvre à la sensibilisation des espaces qui lui sont accessibles. Ce n’est que de cette manière, souligne-t-il, que chacun contribuera à la construction de ce grand rassemblement républicain qui existe dans la société et qui doit se concrétiser sur la scène politique. Ce que la manœuvre est urgente et salutaire, en cela qu’elle permettra de sortir la nation coincée entre l’islamisme et la menace du retour à l’hégémonie politico-syndicale, un binôme somme toute dangereux, d’autant qu’il est annonciateur de ce que sera l’âpreté des luttes avant la prochaine élection présidentielle. M. T. ---------------------------------------------------------------------------------------
Le MSP commente la déclaration du général Lamari L’engagement de l’ANP est «un pas vers la consécration de la démocratie»
Par Mohamed Zaâf Le bureau exécutif national du MSP a accueilli positivement les récentes déclarations du général Mohamed Lamari au journal français le Point, affirmant la neutralité de l’armée dans les prochaines présidentielles. «l’institution militaire reconnaîtra le président même s’il est issu du courant islamiste», avait déclaré le chef d’état-major de l’ANP. L’engagement du général Lamari constitue «un pas sur le chemin de la consécration de la démocratie», considère le MSP dans un communiqué rendu public à l’occasion du lancement des préparatifs de son prochain congrès. La nouvelle position exprimée par Lamari «contribue à la sortie définitive de la crise», estime le mouvement, exprimant «l’espoir que ces us se généralisent à toutes les institutions de l’Etat». «L’un des premiers signes de probité sera la liberté [qui doit être accordée] à tous de se porter candidats aux prochaines présidentielles», souligne le communiqué, dans une allusion au «guet-apens» constitutionnel qui écartait Nahnah du chemin vers El-Mouradia. La réaction du MSP sur les déclarations autour des prochaines présidentielles encouragent les observateurs à ne pas écarter une possible candidature de Mahfoud Nahnah, l’homme qui fut, comme cela a été rapporté après coup par les nombreuses indiscrétions issues du sérail, le véritable vainqueur des élections de 1995 remportées officiellement par Liamine Zeroual. Le communiqué
qui renouvelle la revendication du MPS sur la nécessité
de promouvoir la concorde civile pour la hisser au stade d’une réconciliation
nationale, dénonce les préparatifs annonciateurs d’une
guerre contre l’Irak. Le MSP appelle ainsi le peuple algérien
a «exprimer son refus de la guerre et sa solidarité avec
l’Irak par tous les moyens possibles». A travers son comité
de soutien avec l’Irak, et aidé de ses autres structures,
le MSP entend prendre la direction d’un mouvement populaire rejetant
la guerre et solidaire de l’Irak. Dans ce contexte, le mouvement
de Nahnah trouve «étrange» le «refus de l’administration
algérienne d’autoriser une marche populaire prévue
pour les prochains jours». M. Z. |
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www.algeria-watch.org
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