«Sergent Garcia» et «Général Lamari»:
BIEN A PROPOS

www.fis-info.net, 21 January 2003


L’interview du « général de corps d’armée » Mohamed Lamari parue dans l’hebdomadaire Le Point n° 1583 du 17 janvier 2003 et annoncée comme interview choc est en toute logique plus qu’un choc pour l’état major de l’armée algérienne et l’intelligentsia inféodée à la baïonnette: Il s’agit ni plus ni moins que d’une véritable mise à mort de ce général désigné à l’intérieur de l’enceinte du ministère de la Défense Nationale par le sobriquet de « sergent Garcia ».

La symbolique de cette mise à mort subtile qui dénote une fois de plus le niveau lamentable de ce général et qui rappelle celui d’une autre « lumière » : son supérieur et maître KhaledNezzar. Ce dernier qui s’était déjà distingué comme un piètre communicateur tant dans le procès qui l’a opposé au lieutenant Souaidia, auteur de «La Sale Guerre » que dans son livre où il étale avec un triomphalisme qui n’a d’égal que sa médiocrité, sa responsabilité directe et entière dans le drame algérien, le rendant certainement passible de poursuites devant les juridictions internationales en attendant l’instauration d’un état de droit en Algérie où il répondrait ainsi que ses sbires de leurs crimes.

Cette interview, mise à mort, est précédée d’un article (écrit par la même personne qui a réalisé l’interview) sous le titre de «Haro sur les généraux». L’article, destiné au lecteur français jaloux de sa langue qui sait que Haro provient de hare, cri utilisé anciennement pour exciter les chiens, est le terme utilisé dans la langue française pour ameuter les personnes et dénoncer publiquement un agresseur, un voleur pris en flagrant délit. Le titre est plus qu’évocateur ou provocateur puisque effectivement on parle ouvertement de corruption, de chaos sanglant, de république Potemkine générée par Lamari et consorts. La fin de l’article est plus éloquente en terme de mépris affiché pour ces généraux puisqu’il est dit clairement : « leur chance, on peut l’écrire ainsi, c’est que l’Algérie constitue un élément géopolitique essentiel… »

Puisqu’on parle de chiens et de meute lancée, tant par le titre que par le contenu de l’article il est évident que lorsque le « général de corps d’armée » s’exprime c’est le crétin qui a généré une entropie dans le système politique, économique, social et militaire algérien qui dépasse le niveau de médiocrité qu’un allié ou complice aussi complaisant soit il puisse supporter pour sa crédibilité, son honneur devant ses hommes et la classe politique qu’il sert dans un pays démocratique. D’ailleurs notre général qui aurait dû démissionner depuis longtemps s’il avait un sens de l’honneur et de la responsabilité puisque le pari de « mettre de l’ordre dans les trois mois » a échoué depuis que lui et ses pairs ont plongé l’Algérie dans une aventure tragique dont Dieu seul connaît le terme et le prix. Mais démissionner ne fait pas partie du vocabulaire d’un dictateur, même quand, en tant que supposé chef d’état-major, plus de 70 de ses para-commandos se font massacrer dans un véritable acte de guerre. Où est donc la responsabilité du chef militaire ? Est-ce qu’un tel état-major peut-il prétendre pouvoir défendre l’Algérie comme le stipule la Constitution ?
Personne n’ose y croire….

Lamari qui a choisi de s’afficher dans une revue du patronat français comme un vulgaire barbouze, un ripoux respectueux du serment de l’ex-caporal français qu’il fut, ou encore en parlant de Haro, du « chien qui ne mord pas la main qui l’a nourrit », se plaint des politiques français. Il leur « préfère » ses tuteurs de la DST et de la DGSE, trahissant sa vraie nature et oubliant que dans un état de droit de tels services ne peuvent être qu’au service des Politiques choisis par le Peuple ! Telle n’est sûrement pas le cas du « pays de Lamari » où les choses sont renversées : dans la philosophie politique de Lamari, les « Services », légitimés par la seule mitraillette, dirigent les Politiques… y compris M. Bouteflika même si Lamari, essayant en vain de se ressaisir et de cacher un secret de polichinelle, affirme qu’il est sous « le commandement du président ». Difficile à croire dans un pays où les « présidents » et « ministres » vont et viennent alors que « l’état-major » n’a connu aucun changement…

Pire encore, Lamari, qui sent sa fin proche, affirme solennellement qu'il est prêt maintenant à accepter même un "Président Islamiste". La seule réponse à de telles sotises -qui est donc Lamari pour accepter ou refuser le choix d'un peuple?- nous répondons simplement que nous, nous n'accepterons jamais un "Lamari" même s'il était "Islamiste"!

Lamari se plaint ainsi des « Politiques Français » qui le soumettent à un véritable embargo de fait sur les moyens de lutte « antiterroriste » comme par exemple lui vendre « quelques milliers de cartouches de chasse » prenant ses lecteurs pour des imbéciles: mais que produisent donc les usines de Sériana et Sidi Moussa ? Ainsi donc pour « Mon Général » le problème de l’Algérie aurait été résolu si la France avait eu la présence d’esprit d’équiper nos « gardes champêtres » de cartouches pour leurs fusils de chasse ! A moins de confondre hélicoptères dotés de vision nocturne – excusez notre paraphrase d'expressions de profanes, très à la mode chez les relais médiatiques de bas étage en Algérie - et fusils de chasse pour abattre à bout portant le « gibier issu de la plèbe ».

Lamari aurait dû aussi se rappeler que respecter son maître ce n’est pas se tromper de discours: sa référence mensongère à sa participation à la bataille d’Alger en toute logique doit le desservir car et les Algériens et les Français savent dans quel camp il était pendant cette bataille.

Après le Peuple Algérien, le Peuple Français, co-destinataire de l’interview, sait maintenant que ces gens qui gouvernent de fait l’Algérie ne peuvent pas être fréquentables. On aura eu l’occasion de voir comment un inculte compte construire la paix et la garantir, en vainqueur ou en négociateur, quand il affirme cyniquement « Il y a eu, il y a et il y en aura encore des morts » : Ce n’est pas fini pour le peuple algérien !

Le peuple algérien le sait et n’attend aucune pitié de sanguinaires qui deviennent généraux non pas en défendant héroïquement leur pays et leur peuple mais qui en faisant étalage d’une haine et d’une cruauté contre les propres enfants de la patrie qu’ils sont supposés servir.

Lamari: vos chefs de gouvernements et vos ministres, fusibles de plus en plus sensibles, ne sont toujours pas arrivés à expliquer au peuple algérien, aux économistes qui analysent l’Algérie et aux chancelleries comment un pays avec des réserves de plus de 24 milliards de dollars n’a pas pu ramener la paix sociale et encore moins relancer la croissance économique. Vous par contre vous faites étalage de cette accumulation comme une vieille rentière et non comme un général qui ne parle pas des 14 milliard de dollars de dettes contractées par le ministère de la Défense Nationale et qui n’apparaissent dans aucune statistique officielle.

L’histoire retiendra aussi, puisque notre sergent Garcia l’a évoqué : l’horrible assassinat des moines de Tibhirine. Il n’a trouvé d’autre parade que de traiter le Capitaine Tigha de « voyou et voleur ». Tigha a eu le courage de citer nommément les plus hauts gradés de l’armée de Lamari et directement responsables du crime contre les moines. Ainsi tout officier qui n’a pas accepté de taire les crimes de ses supérieurs ne peut être que « voyou, voleur ou traître ». Mais enfin, « Garcia », êtes-vous sûrs de vouloir nous forcer à croire que ce qu’a formé votre « glorieuse » armée n’est qu’un ramassis de « voyous » ou encore de « para-commandos d’élite » qui se font mitrailler comme du gibier ?
Vous avez dévoyé une institution qui aurait dû être la fierté de l’Algérie et en aucun cas nous, Algériens, n’identifions l’armée de l’Algérie à « l’armée de Lamari ».

S’il vous reste un brin d’honneur, « Garcia », acceptez donc une commission d’enquête internationale impartiale et équitable pour faire toute la lumière sur les morts, les disparus, les torturés. Qui aurait donc intérêt à rejeter une telle demande nécessaire et légitime si ce n’est les criminels et leurs commanditaires et complices?

Honte à vous « Garcia »: Le peuple algérien qui réclame la vérité pour ses morts et aussi pour les moines de Tibhirine, se rend compte jour après jour de l’ampleur du désastre où vous l’avez mené. Vous avez, ainsi que vos complices Médiène, Smail Lamari, Touati et consorts, souillé l’armée algérienne, une armée à laquelle vous pouvez rendre un service, pour une fois de votre vie : PARTEZ !

Nous ne terminerons pas cet éditorial sans exprimer nos remerciements à l’envoyé spécial du Point qui a révélé au lecteur français le visage macabre de ceux qui gouvernent par la force de la corruption, les armes et de la torture ainsi que leur aveu de coup d’état contre la volonté du peuple.

 

   
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