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LA
CLASSE POLITIQUE REAGIT AUX DECLARATIONS DE LAMARI
Expectative
et interrogations
L'Expression, 21 janvier 2003
Le soulagement des
milieux islamistes semble égaler en intensité l’ire
de certains partis.
Parmi tous les partis
présents au pouvoir, seul le FLN a eu le chic d’exprimer
clairement sa position par rapport à la récente déclaration
du chef d’état-major dans laquelle il affirmait que l’institution
militaire ne s’opposerait pas à l’émergence
d’un président d’obédience islamiste. Joint
hier par téléphone, le porte-parole du parti a tenu à
ce que la position du FLN soit clairement exprimée, sans déformation
aucune. A savoir, «pas de commentaire». Une très courte
phrase qui peut signifier, certes, beaucoup de choses à la fois,
mais dont le sens exact, venant de la part du premier parti du pays, ne
peut vouloir dire autre chose, comme le soulignent certains observateurs,
qu’une «satisfaction par rapport à cette nouvelle avancée
en matière de démocratie et de respect de la souveraineté
populaire».
Le MSP, lui, continue à se porter aux abonnés absents même
si nous avons pu apprendre, hier, qu’une réunion du secrétariat
national du parti avait eu lieu hier. L’un des points d’achoppement
de cette rencontre, selon des indiscrétions, a eu trait à
l’entretien accordé par le général-major Mohamed
Lamari au journal Le Point. Les avis, croit-on savoir, ont divergé
aussi bien sur la position à adopter que sur la nécessité
ou pas d’exprimer publiquement ladite position avec toutes les conséquences
pouvant en découler sur l’avenir, déjà incertain,
de cette formation. Mahfoud Nahnah, en convalescence à l’étranger,
aurait été joint par téléphone afin de savoir
comment réagir. A l’heure où nous mettions sous presse,
un communiqué sanctionnant cette réunion s’est penché
sur cette question pour qualifier la déclaration de Mohamed Lamari
de «grand pas en direction de la consécration de la démocratie»,
ajoutant qu’«elle aide à poursuivre sur la voie de
la sortie de crise». Cela, avant de souhaiter que les «autres
institutions (sic) prennent exemple sur l’institution militaire».
Pour le RND, le ton semble être à l’expectative. Ouyahia,
en déplacement à l’étranger, a-t-on appris
de sources proches de la direction de ce parti, devrait réunir
aujourd’hui les membres de son bureau national afin de se pencher
sur cette question. La même source, connue pour être proche
du secrétaire général du RND, précise que
«même si la déclaration du général Mohamed
Lamari est positive en soi, il n’en demeure pas moins que le danger
intégriste est toujours là et que c’est parce que
la mouvance démocrate républicaine a failli à sa
mission laissant l’ANP seule face aux critiques et aux attaques
que celle-ci a été forcée d’agir de la sorte».
Le ton est encore plus «amer» du côté de l’Ugta.
Un membre du secrétariat national, qui annonce que la direction
nationale du syndicat va probablement se réunir aujourd’hui
sous la présidence de Madjid Sidi Saïd, rappelle que «la
Centrale, qui a déjà eu à se prononcer ouvertement
contre la concorde nationale, mais aussi qui a fait front à la
montée de l’intégrisme en 92, ne peut pas rester indifférente
face à cette déclaration». Il n’en demeure pas
moins, au regard de certaines considérations, que la Centrale ne
pourra pas réagir avec force face à cette déclaration.
Du côté du PT de Louisa Hanoune, le ton est à la hauteur
de vue. Un membre de la direction du parti indique que «le PT a
pris acte de cette déclaration», ce qui peut signifier que
les actes nécessaires en sont attendus. Cela avant de préciser
que «les positions du Parti des travailleurs ont toujours été
très claires sur cette question depuis son entrée officielle
sur la scène politique». Même son de cloche, ou presque,
du côté du FFS même si ce parti donne l’air de
réserver sa position finale pour la réunion de son secrétariat
national.
En somme, la déclaration de Mohamed Lamari semble bien accueillie
par la quasi-totalité de la classe politique même si les
sons de cloche divergent d’une sensibilité à une autre
de manière assez significative.
Mohamed ABDOUN
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