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Après
la démission de Mohamed Lamari
Changements à la tête de l’ANP
Par
Samia Lokmane , Liberté, 7 août 2004
Ce remaniement est-il le prélude à d’autres plus
déterminants pour le devenir de l’institution militaire
ou proroge-t-il le statu quo ?
Quarante-huit heures après la nomination du général
major, Salah Ahmed Gaïd, comme chef d’état-major en
remplacement du général de corps d’armée,
Mohamed Lamari, d’autres changements dans des postes stratégiques
de l’ANP sont intervenus. Ils touchent, principalement, quatre
des six Régions militaires du pays.
Le président de la République, lui-même chef suprême
des forces armées et ministre de la Défense nationale,
a procédé jeudi, en effet, à la nomination du général
Habib Chentouf et des généraux majors Saïd Bey, Saïd
Chanegriha (secondé par un nouvel adjoint, le général
Cheri Zerrad) et Abderahmane Kamel, successivement à la tête
de la 1re (Blida Centre), la 2e (Oran, Ouest) la 3e (Béchar, Sud-Ouest)
et la 5e Régions militaires (Constantine, Est). Les commandants
de la 4e Région (Ouargla, sud-est) et de la 6e (Tamanrasset, Extrême-
Sud), les généraux majors Madjid Saheb et Ben Ali Benali
sont, en revanche, maintenus dans leurs fonctions.
De son côté, le général major, Ahmed Tafer,
ancien chef de la 3e Région a été promu au poste
de commandant des forces terrestres. Le communiqué de la présidence
de la République porte sur une dernière nomination, plutôt
une réhabilitation.
Le ministère de la Défense nationale a un nouveau secrétaire
général en la personne du général major,
Ahmed Senhadji, qui avait occupé cette fonction en 2000. Sans être
radical ni déterminant pour le devenir de la Grande muette, le
réaménagement opéré par Abdelaziz Bouteflika
(le quatrième en cinq ans) ressemble, à s’y méprendre, à celui
effectué au lendemain de son accession au pouvoir en 1999. Dix
mois après son investiture, le locataire du palais d’El-Mouradia
avait procédé au remplacement de quatre des six commandants
des Régions militaires.
Alors que l’opinion pariait sur son affranchissement du cercle
des généraux, il s’est contenté d’un
semi-lifting en confiant à de jeunes colonels des postes importants.
Pour autant, cette initiative n’a en rien ébranlé l’édifice
resté – en dépit du limogeage de sept généraux —,
aux mains de la vieille garde. Cette fois, la démission (différée
pendant des mois) du principal responsable de l’armée, semble
avoir donné le ton aux nouveaux remaniements. Si le mystère
n’est pas encore totalement levé sur les motivations qui
ont poussé le général de corps d’armée
Mohamed Lamari à remettre le tablier, il n’en demeure pas
moins que son départ a suscité des changements dans les
rangs. Il est à noter par exemple que l’un de ses plus proches
collaborateurs, en l’occurrence le général major
Brahim Fodhil Cherif, commandant de la 1re Région militaire est écarté.
Alors que ses homologues des autres Régions ont fait l’objet
de permutations ou de promotions, aucune indication n’est donnée
sur le sort qui lui est réservé. Fodhil Cherif, comme Lamari
sont connus pour leur apport déterminant dans la lutte contre
le terrorisme. Le second a été investi de ses prérogatives
par l’ex-président Liamine Zeroual, il y a exactement 11
ans. En 1993, le prédécesseur de Bouteflika avait procédé à sa
propre distribution des rôles. L’objectif primordial étant
alors d’en finir avec l’hydre intégriste.
À
l’aube de son premier mandat, Bouteflika commençait à montrer
des signes d’exaspération quant à l’essor pris
par l’armée dans la gestion des affaires du pays. “Je
ne suis pas un trois quarts de président”, avait-il lancé dans
une réplique célèbre. Qualifiés depuis de
conflictuels, ses rapports avec les généraux ont évolué en
dents de scie. Tantôt, il s’insurgeait contre leurs pouvoirs
démesurés, tantôt il louait les sacrifices consentis
par l’ANP pour sauver la République du chaos. Le 8 avril
pourtant, la neutralité affichée aux yeux du monde par
l’ANP a valu à Bouteflika une consécration internationale.
C’est sans doute pour le rôle qu’ils ont joué dans
la sponsorisation d’une élection libre que les principaux
services de l’armée sont restés à l’abri
des derniers changements. Outre le chef du contre-espionnage, le général
major Smaïn Lamari, le directeur du Département du renseignement
et de la sécurité (DRS), le général major
Mohamed Mediène garde son poste. De même, le général
Ahmed Boustila, commandant de la Gendarmerie nationale n’est pas
sur la liste des partants. Cela en dépit de l’implication
controversée de son institution dans les événements
sanglants de Kabylie en 2001.
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