ANP/APRES LA DESIGNATION DE GAÏD SALAH A LA TÊTE DE L'ETAT-MAJOR

Vers d’autres changements ?

Le Soir d'Algérie, 4 août 2004

Le général-major Gaïd Salah, puissant commandant des forces terrestres vient donc d’être officiellement désigné chef d’état-major de l’Armée nationale populaire en remplacement du général de corps d’armée Mohamed Lamari, comme nous l’annoncions dans l’une de nos précédentes éditions. Hier mardi, un communiqué laconique de la présidence de la République l’annonçait officiellement.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Septuagénaire, Gaïd Salah prend officiellement les rênes de l’état-major de l’ANP et laisse, dès lors, ouvertes bon nombre d’interrogations . Proche de Abdelaziz Bouteflika, l’ex-patron du CFT succède en effet à Mohamed Lamari qui, faudrait-il le rappeler, faisait office de ministre de la Défense nationale, fonction qu’il cumulait en vertu d’un décret présidentiel signé par Bouteflika en 2000. Ce décret déléguait au général de corps d’armée Mohamed Lamari, signature au nom du ministre de la Défense nationale qu’occupe officiellement le président de la République. Ce privilège va-t-il aussi bénéficier au tout nouveau chef d’état-major ? Ou bien Bouteflika, désormais en position de force, “restituerait-il” ladite signature pour contrôler le plus important porte-feuille gouvernemental ? Ou alors procéderait- il carrément, dans une seconde phase à venir à la nomination d’un ministre de la Défense “civil” comme l’annoncent, avec insistance, plusieurs sources “officieuses” ? Ceci d’un côté. De l’ autre , convient-il également de s’interroger sur les conséquences immédiates de l’arrivée de Gaïd Salah à la tête de l’état-major sur l’ensemble de la hiérarchie militaire. En d’autres termes, ce changement prélude- t-il d’autres recompositions au sommet à savoir les régions et les commandements des différentes forces ainsi que des services de renseignements ? Fort de sa proximité du président Bouteflika, le nouveau patron de l’ANP serait en effet peut-être tenté par quelques “mesures” à même de lui permettre de s’entourer d’éléments “à lui”. Etant, par ailleurs bien rattrapé par l’âge qui le pousse déjà au-delà des limites de la “retraitabilité”, Gaïd Salah devrait sans doute penser, d’ores et déjà, à sa propre succession. Il est, à ce propos bien connu — c’est une tradition en fait — que dans l’armée algérienne, le chef d’état-major doit obligatoirement avoir “transité” par le commandement des forces terrestres. C’est, conséquemment, le successeur de Gaïd Salah justement à la tête du CFT qui sera appelé à lui succéder ultérieurement, à son tout nouveau poste. C’est sans doute à ce niveau-là d’ailleurs, que l’on pourrait situer l’une des rares erreurs commises par le général de corps d’armée, Mohamed Lamari...
K. A.

 

   
www.algeria-watch.org