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APRÈS
LES DECLARATIONS DU GENERAL MOHAMED LAMARI
Branle-bas
dans le camp islamiste
L'Expression, 20 janvier 2003
L'entretien
que le général de corps d'armée a accordé
à l'hebdomadaire
français Le Point continue d'alimenter le débat politique.
Paradoxalement, les
propos du patron de l'armée algérienne, qui se
voulaient strictement techniques et militaires, ont alimenté le
débat
politique et attisé les passions.
Si la mouvance dite «démocrate» affiche un profil bas
et se confine dans
un silence «très éloquent», les leaders de la
mouvance islamiste
affichent une certaine satisfaction concernant «le respect par l'armée
du choix du peuple» dans l'éventualité où la
prochaine élection
présidentielle plébisciterait un islamiste.
Pour Kamel Guemazi, il s'agit d'un «pas important fait dans le bon
sens»
de la politique algérienne. Il estime que l'Algérie «doit
profiter des
dix ans d'épreuve» pour dépasser les blocages et les
restrictions et se
former un nouvel esprit. «Je pense que les responsables du pays
ont
compris l'enjeu découlant d'une nouvelle confrontation, mais je
préfère
attendre que de telles dispositions transparaissent effectivement dans
les faits pour apprécier cette nouvelle politique». Plus
circonspect et
mesuré, Ali Djeddi, l'homme fort de la mouvance de l'ex-FIS, souhaite
que la promesse de Lamari «se reflète sur la réalité»
et que son propos
soit «vrai». Pour Abdelkader Boukhamkham, prolixe et en verve
comme à
son habitude, le propos du chef suprême de l'ANP est «tiré
d'une
expérience, d'un vécu, d'un fait réel», et
il traduit l'aboutissement
d'une décennie de feu de sang et marquée au fer. Il souhaite,
par
ailleurs, que cette tendance soit une réalité, non des promesses
vides
de sens. «Nous avons toujours appelé à respecter le
choix du peuple, ar
aucun pays ne peut trouver de stabilité sans le respect par les
gouvernants des choix faits par le peuple. Ce que nous voulons, c'est
une armée forte qui protégera le pays et l'unité
nationale, qui protège
le peuple et le défend, non une armée qui peut être
un instrument aux
mains des chefs politiques.»
La même réponse est présente dans les réactions
du groupe Kébir (Ould
Adda et les leaders de l'ex-FIS), qui a soutenu le Président Bouteflika
à
fond, et souhaite que ce dernier décroche une deuxième mandat,
afin que
soit concrétisé le «semblant» de deal tacite
qu'il a passé avec la
mouvance islamiste de l'ex-FIS via ses discours, et qui s'articule
autour d'une «réconciliation nationale sans exclusive».
Le groupe Dhina, qui ne s'est pas encore exprimé sur le sujet,
avait déjà
laissé entendre qu'il appuierait toute initiative dans laquelle
des
islamistes ne seront pas mis hors jeu.
Malgré son animosité envers le pouvoir et l'armée,
le groupe Dhina est
voué à une mort lente s'il n'arrive pas à trouver
«une écoute» à Alger.
Voilà, en clair, les réactions de la mouvance islamiste
dite «radicale».
Quant aux «constitutionnelles» (Nahnah, Djaballah et Adami),
le problème
ne se pose pas pour eux, car leur présence dans le cadre politique
d'activité légale est un gage sur leur «nature gérable»
et qui ne
semble pas peser lourd dans le jeu de lobbying et les rapports de force
politique.
Fayçal OUKACI
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