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DE
NOUVELLES NOMINATIONS À LA TÊTE DE L’ARMÉE
Bouteflika
place ses hommes
L'Expression,
07 août 2004
Quelques jours seulement
après le départ de Mohamed Lamari,
le président de la République réorganise le commandement
des Régions militaires.
Des changements ont touché le commandement de l’armée
et entraîné de nouvelles redistributions de rôles,
et, de fait, de nouveaux rapports de force entre le président
de la République et l’état-major de l’Armée
nationale populaire.
Quatre Régions militaires ont été touchées
par ces nouvelles nominations, en plus de la confirmation d’Ahmed
Senhadji dans son poste de secrétaire général du
ministère de la Défense nationale, et de la nouvelle installation
d’Ahcène Tafer à la tête des forces terrestres,
en remplacement de Gaïd Salah, nommé par le président
de la République chef de l’état-major de l’armée.
C’est un nouveau, presque inconnu, qui prend le commandement de
la 1re Région militaire. Il s’agit du général
Habib Chentouf, qui remplace le général-major Fodhil-Cherif
Brahim, lequel disparaît donc de la hiérarchie militaire.
Le général-major Saïd Bey, qui gérait la 5e
RM prendra désormais la tête de la 2e, alors que le général-major
Kamel Abderrahmane et Saïd Chanegriha prennent le commandement des
5e et 3e RM. Le général Chérif Zerrad secondera
Chanegriha, promu général-major en juillet 2003, avec lequel
il entretient, d’ailleurs, de bonnes relations de travail à Béchar,
une région sensible et limitrophe des frontières marocaines
sud-ouest.
Ces nominations intervenant quelques jours après la « démission » du
général de corps d’armée, Mohamed Lamari,
et son remplacement par le commandant des forces terrestres, Gaïd
Salah, introduisent de profonds bouleversements au sein de l’institution
militaire. Nominations, mutations et exclusions, trois clés avec
lesquelles le président de la République a procédé par
petites touches, en prenant bien soin de ne pas perturber la cohésion
et la stabilité de l’armée. Ainsi donc, Madjid Saheb
et Benali Benali, respectivement chefs de la 4e et de la 6e Région
militaire, gardent leur poste, tout comme le général-major
Ahmed Boustila, patron de la Gendarmerie nationale, le général-major
Mohamed Benslimani commandant des forces aériennes et le général-major
Ahmed Dadci, commandant des forces navales. Le changement a touché donc,
immédiatement, une catégorie de postes que le président
de la République jugeait prioritaires et importants, mais on devine
aisément que d’autres postes seront touchés, au fur
et à mesure que la stratégie et la « politique militaire » du
président avancent.
Si le départ de Mohamed Lamari ne s’est pas fait dans la
douleur, c’est-à-dire «sans préjudice ni dégâts
collatéraux», le président devait agir vite dans
le sillage de la «démission» du général
de corps d’armée, afin de couper court à toute hostilité et
de placer les garde-fous nécessaires aux prochaines étapes
de changement. Dans un antécédent unique dans les annales
de l’Algérie, du moins depuis l’indépendance,
l’armée subit les contraintes du changement et se plie à la
volonté du président de la République, avec qui
les rapports n’ont pas été très détendus,
notamment en période pré-électorale durant laquelle
nous avions assisté à des messages codés d’une
extrême virulence lancés de part et d’autre, et qui
renseignaient en fait sur la dégradation des relations entre la
présidence et le chef d’état-major.
La réélection de Bouteflika pour un second quinquennat
avait présagé d’une nouvelle hégémonie
dont s’est doté le président de la République,
et qui lui a permis de grignoter les derniers sanctuaires de l’institution
militaire. Alors tout, pratiquement tout, devenait soudain clair et l’on
pouvait aisément pronostiquer que la génération
des «généraux-politiques» avait définitivement
perdu la partie, et que l’ère du retour de l’ANP à ses
missions constitutionnelles venait de débuter.
Fayçal OUKACI
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