Boycott des artistes kabyles de l’Année de l’Algérie en France

Hervé Bourges : "Ils ont tort"

L'Actualité, 2 février 2003

Le président du comité mixte algéro-français de l’organisation de l’Année de l’Algérie en France, Hervé Bourges, en compagnie de Laure Adler, directrice de Radio Culture, de Jean-louis Prévost, président de l’association de la presse régionale de France et de Abdelkader Khomri, DG de l’ANEP, ont animé, hier, une conférence de presse à l’hôtel El Djazaïr.

Ce fut l’occasion pour Hervé Bourges d’évoquer, lors de son intervention, le boycott des artistes kabyles de cet événement. "Il est de leur droit de ne pas participer mais ils ont tort de prendre une telle décision", a-t-il déclaré. Pour lui, "les artistes kabyles ont raté une occasion de s’exprimer.

C’est une tribune qui leur a été offerte", a-t-il dit. Mieux encore, Hervé Bourges considère que "l’Année de l’Algérie en France est aussi une occasion pour eux de s’exprimer en dehors du cadre officiel". Hervé Bourges résume sa conviction par cette sentence : "Vaut mieux être présent qu’être absent."

Par ailleurs, les trois personnalités des médias français ont toutes convenu de l’importance de cet événement et de "l’engouement qu’il a suscité tant chez les ressortissants algériens que chez les citoyens français". Laure Adler a estimé que "l’Année de l’Algérie en France permet d’avoir un nouveau regard sur l’Algérie".

Pour elle, "le temps des clichés" est révolu car "il y a une révolution dans la perception de l’Algérie dans tous les domaines de la vie".

Laure Adler a voulu, par ailleurs, aller plus loin dans la contribution de sa radio en annonçant que "France Culture est prête à s’installer en Algérie pour deux jours (les 27 et 29 février)". L’objectif étant "de mieux faire connaître l’Algérie en donnant la parole aux Algériens", a déclaré la directrice de Radio France. Elle a souligné, en outre, "qu’il faut comprendre la complexité de l’Algérie". Lui emboîtant le pas, Hervé Bourges a déclaré que "les Français découvrent des images autres que celles stéréotypées qu’on donnait de l’Algérie".

L’événement culturel va dans le sens "d’un réchauffement des relations entre les deux pays".

Quarante ans après, poursuivra-t-il, la France "a commencé un débat sur ses relations avec l’Algérie. Que ce travail de fin d’hypocrisie se fasse aussi du côté algérien". De son côté, Jean-Louis Prévost a reconnu que l’Algérie "a besoin de reconnaissance et que les deux peuples ont aussi besoin de mieux se connaître".

Il a déclaré, par ailleurs, que l’association dont il est président "n’a pas lésiné sur les moyens pour faire connaître les différentes facettes de la culture algérienne".

L’essentiel pour lui est "d’informer les lecteurs français à travers notamment la presse régionale française de ce qu’est l’Algérie d’aujourd’hui". Dans ce cadre, il a annoncé la création d’un comité mixte (algéro-français) regroupant les journalistes et les éditeurs des deux pays.

Ce comité aura pour principale tâche de faire "des échanges dans le cadre de l’information et de la formation". La première réunion du groupe de travail se tiendra prochainement à Paris, a affirmé Jean-louis Prévost.

Brahim Mazouz

   
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