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REFERENDUM
Les Algériens auraient
voté en nombre
NOUVELOBS.COM | 30.09.05 | 08:44
Le taux de participation au référendum sur la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale" s'établit à 79,49%. Les résultats sont attendus ce vendredi.
L es Algériens se sont prononcés jeudi 29 septembre par référendum sur la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale", projet controversé du président Abdelaziz Bouteflika visant à tourner la page des violences des années 1990. Seul réel enjeu de cette consultation, le taux de participation était de 79,49% selon un chiffre presque définitif, quelques bureaux restants à dépouiller, a annoncé le ministre de l'Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni.
Alors que le résultat officiel de la consultation devait être communiqué jeudi soir selon le ministère de la Communication, M. Zerhouni a repoussé sans explication l'annonce à vendredi.
Le président Bouteflika a voté en début de matinée dans une école située sur les hauteurs d'Alger, tout comme son Premier ministre Ahmed Ouyahia. "En accomplissant mon devoir électoral en tant qu'Algérien et responsable, j'ai pris part à ce mouvement massif du peuple qui constitue un tournant sans aucun doute fondamental pour la sortie de crise qu'a vécue notre pays", a déclaré M. Ouyahia à sa sortie de l'isoloir.
Boycott en Kabylie
Le taux de participation le plus faible était enregistré en Kabylie (100km à l'est d'Alger), où les Archs (comités de village kabyle) et les deux partis politiques implantés dans la région, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et le démocratie (RCD), ont appelé au boycott du scrutin. Une façon de protester contre le refus du président Bouteflika d'officialiser le tamazight -langue parlée par les Kabyles- mais aussi de dénoncer le contenu de la charte qui consacre, selon eux, l'impunité des terroristes et des services de sécurité. La participation n'était à 17h que de 9% à Tizi Ouzou et de 7% à Bejaïa.
Plus de 18 millions d'Algériens étaient appelés aux urnes; 40.000 bureaux de vote avaient été mis en place pour l'occasion. L'opération de vote a été prolongée d'une heure dans quinze départements, sur les 48 que compte l'Algérie, "pour permettre aux retardataires d'accomplir leur devoir" électoral, selon le ministère de l'Intérieur.
Les électeurs avaient à choisir entre un bulletin de couleur bleu (oui) et un autre de couleur blanche (non) pour se prononcer sur la "Charte pour la paix et la réconciliation nationale", six ans après la "Concorde civile", qui avait permis à des milliers d'islamistes armés de bénéficier de l'impunité et de réintégrer la vie civile.
Pas de débat
Par ce texte, Abdelaziz Bouteflika entend mettre un terme définitif à la violence que vit quotidiennement l'Algérie depuis janvier 1992, date à laquelle les militaires ont stoppé le processus électoral qui devait alors consacrer la victoire du Front islamique du Salut (FIS), aujourd'hui dissous.
Le référendum a été précédé d'une campagne de sensibilisation intense pendant laquelle le président Bouteflika est monté en première ligne pour convaincre les Algériens du bien-fondé de sa démarche.
Cette campagne a été également caractérisée par l'absence de débat contradictoire, les voix des opposants -notamment le FFS, le RCD, les organisations de défense des droits de l'Homme et les familles des victimes du terrorisme- ayant été étouffées, en particulier dans les médias publics qui ont servi de caisse de résonance à la parole officielle.
"Nous sommes pour la paix, mais d'abord nous voulons la vérité", expliquait Malika Silet, 36 ans, dont le frère a disparu le 23 mars 1997 dans le quartier de Bab el-Oued, à Alger, en même temps que plusieurs autres hommes. "Sont-ils vivants? Sont-ils morts? Où sont-ils", s'interrogeait Malika Silet, qui, comme bon nombre d'Algériens, ne comptait pas aller voter.
"Si on n'ose pas, on n'aura rien"
Mais, selon Keltoume Hamideche, directrice de l'école primaire Mohamed Ikbel qui servait de bureau de vote, l'Algérie doit tourner la page et avancer. "Si on n'ose pas, on n'aura rien. On doit oser", déclarait-elle, citant l'exemple des Allemands et des Français, "aujourd'hui en très bons termes".
La "Charte pour la paix et la réconciliation nationale" contient un certain nombre de dispositions phares, en particulier la cessation des poursuites contre les membres des groupes armés qui ne sont pas directement impliqués dans des massacres collectifs et des attentats dans des places publiques.
Les violences des années 1990 ont fait environ 150.000 morts, des milliers de disparus et de handicapés, ainsi que 35 milliards de dollars de dégâts, selon les chiffres donnés par le président Bouteflika dans son dernier meeting de campagne.
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