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Elles réclament un statut particulier

Les familles victimes posent leurs conditions

Par F. Boumediène, Liberté, 5 janvier 2005

“Il n’est pas possible de mettre sur le même pied le terroriste et la victime... Le sang des victimes du terrorisme ce n’est pas un chèque en blanc que nous avons signé !”

Ces propos ont été tenus par des parents des victimes du terrorisme, lors d’un point de presse organisé ce jeudi à Oran, par les membres du bureau de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme et ayants droit (ONVTAD).
L’objectif de cette conférence a été de clarifier la position de l’ONVTAD, la direction issue du congrès de 2004 par rapport à la question de l’amnistie générale et de la réconciliation.
Position difficile, pour les membres du bureau et leurs adhérents, qui sont partagés entre le sentiment somme tout humain “de ne pas accorder de pardon aux terroristes, ayant commis des actes inhumains”, ce que diront clairement des intervenants, et le sentiment de “devoir” qui les pousse à déclarer dans le même temps : “Nous sommes d’accord avec la réconciliation.”
Néanmoins, un “bémol” de taille est posé comme condition à cette réconciliation et à l’amnistie, c’est l’élaboration avant toute chose d’un statut particulier pour les victimes du terrorisme et leurs ayants droit.
Cette revendication, qui déjà en 1999, faisait partie des objectifs de la plupart des organisations des victimes du terrorisme, n’a jamais été satisfaite par les gouvernants successifs.
Un membre du bureau national de l’ONVTAD dira à ce propos que le projet de ce statut existe et se trouve au niveau du bureau de l’ANP mais que son vote a été maintes fois reporté pour des questions de conjoncture politique.
Il s’agit là, pour les conférenciers d’un point extrêmement important et qui serait la seule façon permettant aux victimes une reconnaissance sociale, des aides et le recouvrement de leurs droits, notamment pour les enfants qui ont besoin de la protection de l’État.
Et les représentants de l’ONVTAD de dénoncer, les conditions misérables dans lesquelles vivent parfois les victimes du terrorisme : “Des mères contraintes de faire des ménages ou encore de mendier pour pouvoir faire vivre leurs enfants…” Ces mêmes enfants qui, traumatisés par “le massacre de toute leur famille et qui aujourd’hui se débattent dans des difficultés scolaires faute d’une prise en charge psychologique... etc.” sont autant de situations insupportables affirment les conférenciers.
“Nous ne demandons pas l’aumône, la charité que l’on nous octroie pendant le Ramadhan ou l’Aïd… Ce que nous voulons c’est un statut particulier qui nous protégera quels que soient les changements… c’est notre droit…” dira un membre du bureau national de l’organisation.
Quant au projet d’amnistie, les intervenants, tout en estimant difficile de parler d’un texte dont tout le monde ignore encore le contenu, pensent qu’il faut passer par la justice qui seule est habilitée à trancher et “nous respectons la justice…”, lâchera encore l’un des intervenants.
Des rencontres régionales devraient avoir lieu dans les mois à venir ainsi qu’une conférence nationale qui se tiendra à Oran et qui débattra de la question de l’amnistie générale.

 
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