| |
|
Reddition de terroristes du GSPC à Collo et Jijel
Tractations
pour un deal
Par
Z. Réda/ Mohamed B. M. Liberté, 27 avril 2004 Madani Mezrag et
Mustapha Kébir seraient les émissaires
de membres des plus hautes instances du pays.
À
l’inverse des premières tractations qui ont abouti à la
dissolution de l’ex-AIS en 1999, l’institution militaire
n’assure que le soutien logistique à travers “la sécurisation
des terrains d’opération”. En effet, toutes nos sources
confirment que c’est la présidence de la République
qui a pris langue avec les différents groupes sans toutefois préciser
la qualité des personnes qui auraient eu mandat pour entreprendre
des pourparlers avec les groupes armés du GSPC et du GSPD. Comme
pour rentabiliser les “résultats de 1999” dans les
wilayas de Skikda et Jijel, ce sont les deux premiers responsables de
l’ex-AIS, Madani Mezrag et Mustapha Kébir, qui jouent les
intermédiaires. Ainsi, l’interlocuteur des groupes de Jijel
serait Madani Mezrag, l’ex-“émir” de l’AIS.
Celui des groupes de Skikda serait son adjoint Mustapha Kébir.
Mezrag et Kébir sont tous les deux originaires pour le premier
de Jijel et pour le second de Skikda. Ces contacts ont été noués
bien avant la dernière élection présidentielle.
Ce qui explique l’appel de Rabah Kébir, le frère
de Mustapha — qui reste parmi les anciens politiques du parti dissous
le plus proche des groupes armés, comme il a été vérifié en
1999 — au soutien de la candidature de Bouteflika. Kébir
a justifié son alignement par le fait que Bouteflika “est
le seul capable de mener à terme la réconciliation nationale”.
Selon des sources au fait des tractations en cours, aussi bien Madani
Mezrag que Mustapha Kébir mettent en avant pour convaincre leurs
interlocuteurs des autres groupes, dont certains membres étaient
sous leurs responsabilités organiques dans les structures locales
du Fis avant sa dissolution, l’expérience de 1999. La plupart
des repentis ont pu réintégrer la société sans
trop de difficultés. Toutefois, les émissaires du pouvoir
trébuchent sur la réintégration des ex-repentis
dans leurs anciens postes de travail.
Par ailleurs à Skikda, une accalmie relative semble s’être
installée dans les régions “chaudes”, particulièrement
depuis que des échos de reddition en masse sont relayés.
Jusqu’à présent, officiellement, certaines autorités
affirment qu’il ne s’agit que de pures spéculations.
Un membre des services de sécurité s’est même élevé en
criant : “Mais donnez-nous les noms de ces prétendus repentis
!”
Tout le monde s’accorde à dire que le travail de proximité a été engagé depuis
longtemps avec les familles des terroristes pour les amener à convaincre
leurs enfants à renoncer à la violence. Le massif de Collo
est le lieu de prédilection des hordes terroristes du GSPC dirigées
par le sinistre “émir” Broche, avec Oum Toub, Kerkera,
Bouchetata et Aïn Kachra et ce, jusqu’à la frontière
de la wilaya de Jijel, pour ne citer que ces régions qui sont
situées à la partie ouest de la wilaya de Skikda. À l’opposé,
la région est, constituée de Béni Bechir, Azzaba,
Es-Sebt, Ouled Hbaba et Filfila forment la partie est où se déroulent
les opérations sanglantes des GIA.
Curieusement, depuis la réélection du président
Bouteflika, les seuls faits notables enregistrés dans ces deux
régions demeurent limités à la recherche de nourriture.
Aucune exaction n’a été commise. Selon un responsable
des services de sécurité, c’est en quelque sorte
un remake des tractations engagées avec les éléments
de l’AIS lors de l’élection de 1999.
Z. R. / M. B. M.
MONTS DE L’ÉDOUGH
(ANNABA)
Drapeau blanc à Romanat
Des drapeaux blancs, symboles du cessez-le-feu, ont été accrochés
dans les maquis de Romanat, dans la commune de Seraïdi et aussi
dans des zones fortement boisées menant vers Chetaïbi et
ce, depuis le début de la semaine en cours, rapportent de nombreux
habitants des monts de l’Édough de Annaba.
La même situation est signalée, également, dans les
maquis des monts de Filfila, indiquent des habitants de la daïra
de Benazouz, située à la limite des wilayas de Skikda et
Annaba.
Selon des sources crédibles, les terroristes attendent le feu
vert émanant d’un chef intégriste, stationné actuellement
avec ses troupes dans les maquis de la wilaya de Skikda, pour se repentir.
Lundi, un cortège composé de deux camions militaires blindés
de transport et de cinq véhicules haut de gamme, étaient
en stationnement à la lisière de la forêt de Kherraza,
sur l’autoroute Annaba-Berrahal, a-t-on constaté sur place.
On affirme que des pourparlers étaient en cours entre des hauts
responsables, dont ni l’identité ni l’appartenance
n’ont été révélées, et “l’émir” des
monts de l’Édough, alias Khoubib Abou Maâd.
B. BADIS
Massif de Collo
: L’ “émir” Abdelmadjid
Broch a réuni ses troupes
Les rumeurs selon lesquelles certains “émirs” du GSPC
auraient menacé leurs troupes de toute tentative de dépôt
des armes ont été infirmées par d’autres informations
concordantes que nos correspondants locaux ont pu réunir auprès
de sources locales. En effet, selon nos sources, ces dernières
heures, l’ “émir” Broch, responsable du plus
important groupe du GSPC qui activait dans la région ouest de
la wilaya de Skikda, aurait réuni ses troupes pour officialiser
la trêve que ses troupes observaient, de fait, depuis plus de deux
mois et en expliquer les modalités de son respect.
Ainsi, quelque 40 éléments armés, des plus redoutables
et bien équipés, dirigés par un certain Broch qui
a rejoint les maquis dès 1992 et qui a toujours observé ses
distances par rapport au reste des groupes islamiques armés, ont
fini, sauf revirement de dernière minute, par accepter l’offre
de réconciliation.
Campement de Tamanart : le couloir vers la reddition
Comme en 1999, le village balnéaire de Tamanart, dans la commune
de Cheraia, a été retenu comme site de transit des “trévistes” avant
la dissolution de leurs groupes armés et leur descente définitive
des maquis.
Le village, se trouve à 14 kilomètres de la ville de Collo,
sur le prolongement du golfe du Bougarouni. Par ce prolongement dans
la Méditerranée, il est à la fois proche d’une
grande agglomération (Collo) tout en étant loin des regards
indiscrets. Ayant été une véritable station balnéaire,
Tamanart dispose de plusieurs commodités à même de
faciliter une vie de campement. Il existe des chalets, des camps de toile
ainsi que des pavillons administratifs et commerciaux. Ce village, situé en
plein coeur de la wilaya de Skikda, est à une heure de vol d’oiseau
de la wilaya de Jijel, facilitant les contacts entre les différents
groupes et négociateurs. Cette région est connue, aussi,
pour avoir été plus ou moins épargnée par
les exactions des groupes terroristes depuis la constitution des premiers
maquis. Elle est la seule qui ne dispose pas de groupes d’autodéfense.
En 1999, les infrastructures d’accueil, dont dispose le village,
ont favorisé des contacts directs et soutenus entre les “trévistes” et
leurs familles, ce qui a été d’un grand apport dans
le dépôt des armes des plus réticents.
Les chouyoukh : comme en 1999… des politiques doublés
par des militaires
En ce mois d’avril 2004, on assiste à un remake du ramadan
99 où, au moment où les chefs de l’aile armée
du Fis dissous étaient en train de finaliser les contours d’un
accord à ce jour resté secret avec les émissaires
du pouvoir, certains relais des chouyoukh niaient l’existence d’un
tel rapprochement.
Aujourd’hui, les ex-politiques de l’ex-Fis, à l’exception
de Rabah Kébir, semblent être court-cicuités par
aussi bien les GIA, GSPC et autre GSPD que par les négociateurs,
ex-“émirs” de l’AIS. Comme si l’ex-Fis,
enfant illégitime du système, a fini par reconduire la
culture du père et où le militaire prime sur le politique.
M. B. M.
|
|
|