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Tlemcen Les années de braise ont marqué les mémoiresPar Mohamed Medjahdi, La Tribune, 9 février 2005 Khellil, localité située dans la daïra de Sidi Djillai, a été le théâtre de l’assassinat de 12 personnes et l’enlèvement de cinq femmes fin 1997. Elle n ’arrive toujours pas à oublier cette nuit d’horreur. Le douar qui a été visité, rappelle-t-on, par le panel onusien, est peu fréquenté par sa population, dont la plupart l’a quitté. Ammi Benallal Laaradj, qui avait perdu sa fille cette nuit, a perdu le sourire depuis. Interrogé à ce sujet, ce père nous dira : «Jamais je ne pardonnerais les assassins et jamais je n’ oublierais cette nuit.» Du haut de ses 75 ans, Ammi Allal soutient l’idée de la réconciliation et l’amnistie : «Bouteflika cherche à unifier un peuple disloqué, et je voterais, malgré moi, oui, peut-être la vie changera son cours.»Au lieu-dit Sidi Yahia, mois de mai 1998. Un vétérinaire fut enlevé et assassiné. Sa femme, Mme Belabid S., encore sous le choc, nous révèle qu’ elle demeure impuissante à élever ses cinq enfants : «Venez voir ma fille, qui, chaque fois qu’elle se souvient de son père, s’écroule. Elle manque de tendresse paternelle, manque de moyens.» Pour ajouter : «Et vous me demandez si j’ose pardonner les auteurs du crime. Jamais, jamais.» Mme veuve Belabid S., avec courage, refuse et rejette le concept de l’amnistie en précisant de voter, si vote il y a, par un grand «Non». Dans la région de Ouled Mimoun, jadis véritable fief des terroristes sous les commandes de plusieurs «émirs» (El Akal, Kadda Benchiha…), qui a connu les plus horribles assassinats dans différentes localités comme Saadnia, Ouchba, Oued Lakhdar, les victimes du terrorisme soutiennent le président de la République et ne manqueront pas de voter oui pour que vive l’Algérie. Hammadouche Fatima nous raconte la nuit où la horde sauvage, composée de plus de 40 individus armés, avait assassiné ses deux filles et son fils par lames et balles, non loin de Ouled Mimoun. «Rabbi Yakhallas. Dieu les punira et que le Président sache que le reste de ma famille et moi sommes avec lui pour cette amnistie malgré les difficultés qu’on endure.» En effet, cette mère nous indique qu’elle demeure incapable de payer son loyer, «un cumul de 50 000 dinars» et que sa famille ne possède pas le moindre revenu pour subvenir à ses besoins. «J’interpelle les autorités locales et ceux de la wilaya de venir voir notre quotidien.» Sifi Ali, Patriote, gardant la forme, nous signale que sa maison à Saadnia, relevant de la daïra de Ouled Mimoun, a été incendiée à deux reprises et son enfant de 8 ans, Mohamed, qui a été enlevé lors d’un accrochage avec les criminels, n’a pas été retrouvé à ce jour.Notre interlocuteur a tenu à remercier les engagements de l’Etat envers les victimes du terrorisme et rassure le Président que personne ne laissera tomber son programme.Même à Oued Lakhdar, ce jeune Abderrahim Nabil, qui a perdu son père, à l’époque membre de la DEC et délégué des moudjahidine, ainsi que son cousin Abderahim Abdelhamid (DEC), retrouvé assassiné en 1994 au lieu-dit Khneg, déclare que le passé est passé, et qu’on se retrouvera tous face au Créateur, seul juge. Pour l’instant, en tant que jeune, il est nécessaire de bâtir une société saine, affirmant que la vision du Président est tout à fait claire. Un autre jeune homme, Ahmed, qui a perdu son père en 1995, s’est contenté de nous dire, à travers un soupir : «Oui pour la réconciliation nationale.» La région a subi les affres du terrorisme pendant plus de 8 ans. Les citoyens, par peur, ont convergé vers les grandes agglomérations en quête de sécurité, abandonnant terres et douars. Aujourd’hui, et malgré l’amélioration de la situation, seul 40% des citoyens ont rejoint leur «bien» après un exode forcé. Il existe encore des douars sans âmes comme Beni Yaakoub, Ouled Sidi El Hadj, Mzoughene, Yafra, Sidi Hamou. La majorité des habitants qui ont délaissé leurs douars espèrent revenir et s’occuper de leurs terres si les autorités locales se chargent de leur aménager des maisons, des forages, de l’électricité. M. M. |
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