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TIZI OUZOU La réconciliation nationale fait le débat L'Expression, 23 janvier 2005 Initiée par un des premiers membres des comités de soutien au président Bouteflika à Tizi Ouzou, M.Slimani, une conférence-débat sera organisée, demain, à l’Intht de Tizi Ouzou, par Me Souilah Boudjemaâ, membre du Conseil de la nation. L’initiative, en somme première du genre, est intéressante à plus d’un titre, d’abord en ce qu’elle cible une région qui a démontré ses positions démocratiques et qui a aussi traversé une période assez sombre avec la colère du Printemps noir. La réconciliation peut signifier, pour la population de la région, bien des choses, notamment passer l’éponge sur les responsables des assassinats des jeunes lors des événements. Cela risque fort de demander des tonnes de discours et aussi des montagnes d’explications, mais cela semble en valoir la peine. La réconciliation est cependant une action des plus politiques et est généralement sous-tendue sur le terrain par d’autres actions, dont justement et comme c’est le cas dans l’Afrique du Sud de Mandela, de commissions dites de vérité et justice. La voie tracée lors des redditions de l’AIS peut sembler un chemin des plus remarquables avec les commissions de probation. Cependant, là aussi, la réconciliation ne pourrait être largement soutenue par les populations que si des actions sont menées devant la justice contre tous ceux qui, par le passé, ont eu à avoir du sang sur les mains. Le peuple algérien est des plus généreux et ce n’est pas déflorer un secret que de dire qu’il est prêt à pardonner à ses bourreaux d’hier, encore faut-il que ces derniers fassent amende honorable et se repentent sincèrement. C’est là que les formations politiques nationales se doivent d’agir en prenant en compte le seul intérêt national bien compris. Certes, les concepts sont aujourd’hui pratiquement opposés et les partis de la mouvance démocrate ne semblent pas partager la conception du pouvoir quant à l’application de cette noble idée, mais seules les retrouvailles autour d’une table de discussions peut mener les uns et les autres à mieux communiquer et dont forcément à se comprendre. Le temps des violences semble être dépassé et l’Algérie a trop souffert de cela pour ne pas forcer les uns et les autres à se regarder dans le blanc des yeux. Le peuple espère, souhaite et prie pour qu’enfin sur la terre algérienne, imbibée du sang des innocents, règnent la paix et la sérénité. Il y a tellement à faire sur le front du développement! De nombreux chantiers attendent les Algériens qui doivent se retrousser les manches. A. SAÏD |
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