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Projet d’ordonnance sur la réconciliation nationale Bouteflika escompte suturer les déchiruresEl Watan, 23 février 2006 Les autorités devraient sans doute changer de stratégie dans la lutte contre le terrorisme à la faveur de l’adoption des textes d’application de la charte pour la paix et la réconciliation. Si, jusque-là, la méthode d’approche du phénomène a péché par son incohérence, voire son ambivalence du fait qu’il fallait coupler la lutte sans merci d’un côté et tendre la main du repentir de l’autre, tel ne semble plus le cas désormais avec ce délai de grâce de six mois. Avec l’arsenal législatif qui vient d’être adopté et qui fait, il est vrai, la part belle aux responsables de la décennie noire, l’Etat est censé retrouver sa force de frappe au sens sécuritaire du terme et ne plus s’encombrer de scrupules pour nettoyer les maquis du reste d’irréductibles. Bien que la capacité de nuisance des groupes armés soit aujourd’hui largement en deçà de la terreur des années 1990, la vigilance devrait être tout de même de mise. En l’occurrence, les autorités par le biais des services de sécurité doivent abattre le « Seif El Hadjadj » sur les dernières poches de terroristes qui se terrent encore un peu partout dans les maquis. Il y va, en effet, de la crédibilité de la charte adoptée dans la douleur par des familles victimes de la tragédie qui, la mort dans l’âme, ont accepté de pactiser avec le diable qui leur a ravi les leurs. Ces familles attendent certainement de voir si leur terrible « pardon » ne sera pas dilapidé sur l’autel des desiderata des terroristes de tout poil qui versent allégrement dans la surenchère en faisant monnayer politiquement leur « descente » des maquis ou leur retour des exils, censés se faire la tête baissée. Ces considérations devraient donc inciter les autorités à plus de cohérence et de fermeté dans la démarche pour éviter le scénario malheureux de la concorde civile. Aussi, l’environnement international, fortement marqué par la lutte tous azimuts contre le terrorisme sous la houlette des Etats-Unis, donne aux décideurs algériens un argument inespéré pour intensifier la lutte et, pourquoi pas, engager les grands moyens. Les chassés-croisés des responsables américains et britanniques en Algérie pour solliciter l’appui d’Alger dans la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahara et du Sahel moyennant un soutien politique, voire militaire, renseignent davantage sur la conduite à tenir après le pardon. Et il semble bien que les autorités du pays sont décidées à sortir la grande artillerie aussitôt le délai de six mois terminé. Les négociations, certes secrètes, avec les Américains et les Russes pour l’acquisition des équipements de vision nocturne dénotent, à n’en point douter, de cette détermination à en finir avec la duplicité du discours officiel sur le terrorisme qui prêche tout à la fois l’éradication et la réconciliation. Aujourd’hui, l’Algérie n’a qu’un seul choix : donner le coup de grâce à un fléau pourchassé partout dans le monde. Hassan Moali Les partis d’alliance satisfaitsEl Watan, 23 février 2006 Seuls les partis politiques formant l’Alliance présidentielle, à savoir le RND, le FLN et le MSP, ont réagi au projet d’ordonnance sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le porte-parole du FLN, M. Bouhadja, partage, sur ce sujet, la même vision que celui du RND, en l’occurrence M. Chorfi. Celui-ci a relevé que les textes de loi répondent entièrement aux aspirations du peuple algérien qui a approuvé pleinement ce projet lors du référendum du 29 septembre 2005. « Le premier magistrat du pays s’est engagé à prendre en charge ce problème. Il a promis l’élaboration de textes dans ce sens. M. Bouteflika a tenu sa promesse. En ce qui nous concerne, nous allons sillonner toutes les villes du pays pour expliquer et sensibiliser les citoyens au contenu du projet en question », dira M. Chorfi, qui a indiqué que la campagne de sensibilisation débutera incessamment. Le FLN, fidèle à sa langue de bois, a soutenu que le texte mis en place est une gifle pour toutes les personnes qui ont douté de la sincérité du président de la République. « M. Bouteflika a tenu parole. Aujourd’hui, ces textes sont la concrétisation de la volonté du peuple », a déclaré M. Bouhadja. Pour sa part, la formation de Bouguerra Soltani a tenté de décortiquer le texte en mettant en exergue les points forts et les points faibles. De l’avis du MSP, ces textes ont ouvert la porte de la paix par l’extinction de l’action publique envers tous les acteurs de la tragédie nationale sans aucune distinction. Toutefois, les responsables du MSP ont tenu à dénoncer l’utilisation dans le texte de l’expression « instrumentalisation de la religion », notamment dans l’article 26, alors que, de leur avis, les dispositions de la loi devaient être « figées » et ne doivent pas ouvrir la porte à diverses interprétations. Le MSP estime en outre que le projet exposé au niveau du conseil de gouvernement n’est pas un texte final. De ce fait, il est appelé à être complété. Le parti de Bouguerra Soltani pense notamment au chapitre 7 et à l’article 47 de ce projet d’ordonnance. Par ailleurs, la formation de M. Bouguerra Soltani n’est pas satisfaite du fait que les textes de la charte soient promulgués sous forme d’ordonnances présidentielles, car de son avis elle prive la scène politique d’une occasion en or de les débattre. Toutefois, le MSP souhaite que cela soit rattrapé par les médias qui sauront le faire avec sérieux et de manière à faire l’équilibre des choses dans le but d’asseoir les facteurs de sécurité et de stabilité. Mais aussi et surtout pour appeler à des concessions de la part de tous pour le bien de l’Algérie. Par ailleurs, le CCDR a adopté une attitude complètement opposée. Le CCDR, pour rappel, avait rejeté dans le fond et dans la forme le projet de la charte pour la paix et la réconciliation et boycotté le référendum du 29 septembre 2005. « Nous avons rejeté le principe de cette démarche par devoir de mémoire. Nous ne pouvons pas effacer et oublier du jour au lendemain ce qui s’est passé. Les responsables des actes terroristes n’ont pas demandé pardon aux victimes qui, elles seulement, peuvent pardonner. En plus, un acte criminel doit être impérativement traité devant la justice, chose qui n’a pas été faite », a souligné hier le responsable de ce comité. Nabila Amir |
"Amnistie" et impunité: Texte intégral du communiqué du conseil du gouvernement |
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www.algeria-watch.org
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