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POINT
DE PRESSE DE AÏDOUNI, PRÉSIDENT DU SNM
«
Il faut parachever le processus de réconciliation»
L'Expression,
08 mai 2004
la polémique sur la faisabilité de la réconciliation
nationale semble définitivement dépassée.
Le syndicat national des magistrats (SNM) s’est prononcé sur
la «réconciliation nationale», prôné par
le chef de l’Etat, recommandant son «parachèvement
dans son cadre juridique». Lors du point de presse ayant sanctionné la
session extraordinaire du syndicat, tenue les 5 et 6 mai à l’hôtel
Safir, Djamel Aïdouni, président du SNM, a mis l’accent
sur «le rôle important du magistrat qui veille au respect
des droits de la défense des prisonniers et des citoyens en général,
conformément à la loi».
Ainsi donc, le SNM qui est résolu à participer activement à la
concrétisation de l’ensemble des chantiers initiés
par M.Bouteflika, vient de peser de tout son poids sur l’un des
volets les plus controversés du programme du président.
Du coup, la polémique sur la faisabilité - du point de
vue juridique - de la réconciliation nationale semble définitivement
dépassée. Il ne reste qu’à asseoir les fondements
juridiques sur lesquels reposera cette politique réconciliatrice.
Dans ce chapitre, un énorme vide demeure à combler.
Si le SNM et le chef de l’Etat sont sur la même longueur
d’onde «sur la nécessité de mener à son
terme le processus de réconciliation nationale», il n’en
est pas ainsi en ce qui relève du code la famille. Les avis sont
diamétralement opposés. Aïdouni a réitéré le
sien en ces termes : «Le code de la famille est effectivement à parfaire,
sans pour autant qu’il y ait nécessité à l’abroger,
et ce, afin de préserver les acquis de la nation qui sont : son
identité nationale et confessionnelle ainsi que son régime
social.»
Le même magistrat a mis en garde contre les «dangers» d’une
telle réforme qui pourrait être à l’origine
de la «dislocation de la société». Une résistance
qui, à présent, n’a provoqué aucune réaction
de la part des officiels. Néanmoins, un terrain d’entente
est largement envisageable compte tenu du «satisfecit» de
Aïdouni sur toutes les démarches engagées par la tutelle.
Il est allé jusqu’à laver de tout soupçon
l’autorité judiciaire «d’avoir agi arbitrairement
contre certains magistrats». Ce qui n’était pas «bon à entendre» au
milieu de la corporation au temps où Ras El Aïn dirigeait
le syndicat.
Par ailleurs, le SNM a adopté un chapelet d’amendements
relatifs aux statut et régime du syndicat. Aussi, il a été décidé de
créer des commissions spécialisées permanentes auprès
du bureau exécutif. D’autre part, le SNM a convenu à ce
que le conseil supérieur de la magistrature «décide
du sort des magistrats passibles d’erreurs professionnelles».
Interrogé sur le cas des magistrats dont la réintégration
n’est toujours pas à l’ordre du jour, le conférencier
a prétexté, ces cas pour «la lenteur des enquêtes
du fait de leurs sensibilités». Pour le congrès qui
a essuyé plusieurs reports, il s’en est subrepticement passé en
disant que celui-ci «n’était pas à l’ordre
du jour».
Une réponse qui ne fait qu’obscurcir davantage une situation
déjà assez ombreuse. La mue du syndicat n’est peut-être
pas accomplie à part entière pour qu’il puisse se
projeter sérieusement dans «l’après Ras El
Aïn».
Parallèlement à cette session extraordinaire, un communiqué du
ministère de la Justice a fait savoir que 2847 juges des tribunaux
et cours de justice, à travers tout le territoire national, bénéficieraient
- du 12 mai jusqu’à la fin du mois de juillet - d’un «programme
de formation continue». La finalité de l’initiative,
explique le communiqué, est de «réaliser une réforme
globale du secteur tel qu’envisagé dans le programme du
président de la République». La même source
rappelle que ce programme a été lancé officiellement
le 21 mars dernier par le ministre de la Justice et garde des sceaux
visant en substance «l’enrichissement de la réflexion
judiciaire chez les magistrats en exercice».
Samir SADOUN
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