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AMNISTIE
GÉNÉRALE
Le RND et le MSP
s'impliquent
L'Expression,
18 décembre 2004 Le projet d'amnistie
générale a constitué jeudi
dernier, le sujet phare développé par le RND.
Présent ce week-end à l'est, à l'ouest
et au centre du pays, le RND entend se « mettre à niveau » par
rapport à son partenaire dans l'Alliance présidentielle,
le MSP, qui, lui aussi, fait de très remarquées sorties
sur le terrain. Ainsi, le parti d'Ouyahia a dépêché Miloud
Chorfi, chef du groupe parlementaire et porte-parole du RND à Annaba,
le chef de cabinet d'Ouyahia, Abdeslam Bouchouareb, à Tizi Ouzou,
alors que Nouria Hafsi, secrétaire nationale, chargée du
mouvement associatif a animé une conférence sur la réconciliation
nationale à Saïda.
Les trois cadres du RND ont chacun à sa manière relevé le
soutien à la démarche présidentielle de la formation qu'ils
représentent. Ainsi, Miloud Chorfi, d'Annaba où il présidait
une rencontre régionale, a clairement signifié que ''le RND restera
fidèle à ses positions de soutien à toutes les initiatives,
passées et à venir, du président de la République
pour le retour de la paix et de la réconciliation entre tous les Algériens''.
Comme pour faire taire les rumeurs qui circulent sur une tension qui empoisonnerait
les relations entre le président de la République et son chef
du gouvernement.
Lors de ce même regroupement, consacré essentiellement à l'information
et la formation des militants de cinq wilayas de l'Extrême-Est, le porte-parole
du Rassemblement national démocratique a également affirmé que ''personne
ne peut occulter la volonté du président de la République
de combattre le terrorisme». Une autre manière de dire que le
discours foncièrement antiterroriste développé par Ouyahia
est complètement assumé par le chef de l'Etat. Miloud Chorfi
en a même voulu pour preuve que le discours prononcé par Bouteflika à l'occasion
de la célébration du cinquantenaire de la Révolution, «est
clair à ce sujet, comme il est clair concernant la réconciliation
nationale''. Le chef du groupe parlementaire du RND est revenu assez longuement
sur le sujet de l'amnistie générale, insistant par ailleurs,
sur la démarche présidentielle qui consiste à « consulter
le peuple ». L'initiative du président de la République
a été saluée par l'orateur. De même d'ailleurs que
sa consoeur du bureau national du parti, Nouria Hafsi, qui, à partir
de Saïda, a exposé devant un auditoire composé de militants
de son parti, la position du RND. Elle a affirmé que sa formation politique
soutient le processus de réconciliation nationale, le considérant « non
comme un slogan ou un phénomène de société, mais
une consolidation des constantes nationales ». Nouria Hafsi n'a pas
manqué de rappeler les expériences de plusieurs Etats ayant connu
des tragédies similaires à celles vécues par la société algérienne.
Une manière de dire que l'Algérie ne fait pas exception dans
ce domaine et le courage politique impose des solutions à la hauteur
des défis qui attendent la nation. La secrétaire nationale du
RND a développé le discours du président de la République
sur la question et appelé « à tourner la page sur les
affres de la décennie « noire », à bannir
les esprits de vengeance et se tourner vers de nouveaux horizons pleins d'espoir,
en faisant prévaloir la réconciliation nationale comme l'unique
voie à la sortie de la crise ». Lors de cette rencontre, le
RND s'est fait aider par une approche juridique à travers une communication
présentée par un juriste spécialisé dans la jurisprudence
musulmane qui a expliqué les fondements religieux du concept de réconciliation
dans l'Islam. Une manière de se donner toutes les chances de réussite
du référendum sur l'amnistie générale, annoncée
pour l'année prochaine. Au-delà de la dimension strictement politique,
le parti d'Ouyahia soigne également les aspects organiques en réinvestissant
la scène militante. Dépêché à Tizi Ouzou
pour l'installation du coordinateur du RND, Abdeslam Bouchouareb a exhorté les
cadres et les militants à participer activement à « l'enracinement » du
RND sur la scène politique locale. Cette préoccupation a été abordée à Annaba
par Khalfa M'barek. Ce dernier a insisté sur le rôle du militant
dans la transmission du message du parti à la base. Cette triple sortie
du RND intervient au moment où son partenaire dans l'Alliance, le MSP,
est déjà entré en campagne pour le référendum
sur l'amnistie générale. Seule fausse note au tableau de l'alliance
stratégique, l'absence du FLN de cette dynamique. Laquelle donne l'impression
d'être assez bien orchestrée aux fins d'assurer le succès
du référendum. Cela dit, dans les milieux politiques bien introduits,
on affirme que dès résorption de sa crise, le vieux parti entend
faire un retour fracassant sur la scène nationale, avec notamment, une
très vaste campagne de soutien à la proposition présidentielle.
Mourad SID-ALI
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