AHMED OUYAHIA AU CONSEIL DE LA NATION

«L’Etat tend la main aux repentis»

El Watan, 27 mai 2004

Le chef du gouvernement a consacré hier une heure et demie pour répondre aux interrogations des membres du Conseil de la nation. Il s’est attardé sur le concept de la réconciliation nationale.

Réconciliation destinée, selon lui, à garantir la sécurité et la paix civiles pour les citoyens et à consolider la cohésion et l’unité nationales. Ouyahia a indiqué que la main de l’Etat reste tendue pour «ceux qui veulent revenir parmi les leurs et à leur patrie». A cet effet, il a affirmé que des mesures concrètes seront prises en faveur des repentis pour leur réinsertion sociale et pour qu’ils jouissent de leurs droits civiques. «Les repentis qui décident de revenir chez eux seront traités normalement. Nous comptons, à cet effet, sur la générosité qui caractérise les Algériens et leur esprit ouvert afin de les aider à s’intégrer dans la société. L’Etat va aider ces personnes, notamment dans le domaine du travail», a soutenu M. Ouyahia. Selon lui, il ne faut pas craindre la réconciliation nationale qui ne veut nullement sous-entendre un recul ou un retour aux années 1990. A ses yeux, elle représente un grand chantier qui englobe tous les dossiers. «La réconciliation nationale est une alternative pour un avenir meilleur. Un choix qui sera concrétisé avec le concours de ceux qui placent l’Algérie au-dessus de toute considération. Nous n’avons aucun différend avec le président de la République par rapport à ce dossier. M. Bouteflika a réitéré à maintes reprises la nécessité de mettre en place tous les moyens adéquats pour la réalisation de cette réconciliation», a-t-il déclaré. Cette réconciliation, d’après le chef de l’Exécutif, ne se limitera pas uniquement aux cinq prochaines années mais elle va durer dans le temps. «La réconciliation nationale, c’est aussi l’éradication du terrorisme et la poursuite de la lutte antiterroriste», dira-t-il.

Langue de bois

Concernant le dossier des disparus et celui des victimes du terrorisme, ils seront, selon le conférencier, pris en charge «loin de toute surenchère politique». M. Ouyahia a relevé que la réforme de la justice, des structures de l’Etat, de la Fonction publique, du système éducatif et de l’ économie est en cours. Selon lui, la révision du code de la famille se fera incessamment «sans perdre de vue nos valeurs islamiques». Au volet économique, M. Ouyahia a évoqué les projets réalisés par l’Etat en cinq ans (la durée du premier mandat de Bouteflika) et ceux qu’il envisage de réaliser à l’avenir. Ouyahia a mis en garde contre la lenteur dans la concrétisation de ces chantiers ainsi que le gaspillage. Il a cité à titre d’exemple les pertes d’eau occasionnées chaque année. «Nous avons lancé le projet portant sur le dessalement de l’eau de mer. Nous avons intérêt à bien gérer cette ressource, sinon il ne sera pas utile de recourir au dessalement», a-t-il dit. «Nous devons travailler ensemble pour la réussite de ce projet. Il n’y a plus de crise politique en Algérie, donc on doit unir nos efforts pour le règlement des problèmes dont souffre le pays», a-t-il indiqué à propos de son programme. Pour le soutenir, les membres du Conseil de la nation ont mis au point une résolution relative à ce programme. Résolution lue à la fin de l’intervention de M. Ouyahia par un représentant du FLN. Les premiers paragraphes du document ont été rédigés sous forme de message de félicitations au président de la République pour «sa brillante réélection», au chef du gouvernement pour son maintien et au peuple «qui a su faire le bon choix». Dans une parfaite langue de bois, les sénateurs ont exprimé leur satisfactions quant au contenu du programme ainsi que «leur soutien total à l’orientation générale du programme» en vue de réaliser la réconciliation nationale dans ses différentes dimensions : sécuritaire, humaine, sociale et spirituelle. Ils ont demandé sa pleine application, notamment pour ce qui est des questions économiques, sociales et culturelles. Il est mentionné également «la promotion du dialogue comme moyen civilisationnel pour traiter les problèmes» posés sur la scène nationale. A la fin, le projet de résolution a été soumis à l’adoption. Hormis deux sénateurs d'El Islah, les autres ont tous voté pour la résolution.

Par Nabila Amir

 

 
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