Belkhadem à la presse

L'amnistie générale impose le règlement de la crise du parti


par S.H , Le Jeune Indépendant, 22 décembre 2004

A bdelaziz Belkhadem a confirmé hier, aussi bien lors de son discours que pendant la conférence de presse qu'il a animée, la tenue du 8e congrès du parti durant la fin du mois de janvier prochain. Une date qui ne risque pas, précise-t-il, d'être reportée une nouvelle fois, allusion faite aux reports successifs même s'il a fait montre d'une certaine prudence en précisant : «au vu de l'état d'avancement des préparatifs.» Le congrès avait été annoncé, rappelons-le, pour la fin de ce mois.

Entre autres raisons du report avancées officiellement par la direction provisoire du parti, l'absence pour la fin de l'année de structure d'hébergement pouvant accueillir plus de 2 000 personnes attendues à «cette fête grandiose du parti».

Lors de cette sortie médiatique, la première depuis plusieurs mois, Belkhadem a tenu à mettre fin à tout amalgame entourant la préparation du congrès. D'emblée, il précisera une fois encore que les cinq membres de la direction, dont il fait partie, sont les seuls habilités à gérer les affaires du parti avant le congrès.

«Le comité central a délégué ses pouvoirs à cette direction qui aura notamment la mission de convoquer le congrès», affirme-t-il. Une phrase lourde de conséquence puisqu'elle légitime a posteriori toute la démarche d'Abada. En réponse à une question d'un journaliste sur les incidents survenus lors de la rencontre et sur le risque que cela représente pour la tenue du congrès, Belkhadem s'est voulu parfaitement serein : «au FLN, nous acceptons les avis différents pour peu que cela ne porte pas atteinte à la nation en premier et à notre parti ensuite.» Les chahuts auxquels s'étaient adonnés des protestataires dans la salle sont alors interprétés par le coordonnateur comme «un signe de la bonne santé du FLN».

«Il est temps d'en finir avec cette crise qui nous porte sérieusement préjudice (.) Il n'est certes pas question d'oublier ce qui s'est passé mais nous devons surmonter cette fâcheuse étape», précise-t-il encore. L'une des principales raisons de vouloir en finir avec cette impasse, évoquée par Belkhadem est la nécessité de se «consacrer à la concrétisation de la réconciliation nationale et à l'amnistie générale dont Bouteflika a fait son cheval de bataille».

Une politique que le «parti soutient incontestablement même si les grandes lignes de cette démarche n'ont toujours pas été divulguées». Il est primordial, selon lui, de «faire retrouver au FLN sa place de choix dans la scène politique nationale avant que le président de la République ne descende sur le terrain, à la rencontre du peuple, afin de faire campagne pour cette initiative qui sera soumise à la volonté populaire à travers un référendum.» D'autant plus que, ajoute Belkhadem, «le FLN demeure le parti le mieux loti dans la majorité des institutions de l'Etat.» Les participants à la rencontre d'hier ont été scindés en cinq groupes pour enrichir les textes de base du parti qui seront transmis à la direction avant d'être soumis au congrès.

Rendez-vous est donc pris pour le mois prochain, mais il faudra au préalable mener à bien l'élection des délégués. S. H.

 

   
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