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Près de 80% des inscrits ont voté pour le référendum en Algériepar Hamid Ould Ahmed, Libération, 30 septembre 2005 (Reuters - 07:40) ALGER - Les Algériens ont voté par référendum sur un projet de "charte pour la paix et la réconciliation" visant à mettre fin à 13 années de conflit entre les forces de sécurité et les islamistes armés. La principale incertitude portait sur la participation des Algériens, qui pourraient être nombreux à se désintéresser d'une consultation éloignée de leurs problèmes quotidiens. Mais selon le ministre de l'Intérieur, Noureddine Zerhouni, 79,49% des inscrits ont voté - un chiffre conforme, grosso modo, aux attentes du pouvoir. "Ce niveau de participation démontre une volonté de notre peuple de régler la crise avec sérieux et pour de bon", a commenté le ministre à la télévision publique. Cette consultation, boycottée par l'opposition et critiquée par des défenseurs des droits de l'homme, a pour but de tourner la page sur une "tragédie nationale" qui a fait plus de 150.000 morts, selon les termes du président Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier espère que les 18 millions d'inscrits approuveront massivement son plan offrant l'amnistie aux islamistes qui ont déposé les armes ou sont prêts à le faire. Seuls ceux qui ont été "impliqués dans des massacres collectifs", comme l'assassinat en 1997 de 400 civils à Bentalha, dans les faubourgs d'Alger, seront exclus de cette amnistie. Les résultats devraient tomber tôt ce vendredi. Les autorités estiment que 800 à 1.000 rebelles vivent toujours dans la clandestinité, contre 25.000 au plus fort de l'insurrection, au milieu des années 1990. Quelques centaines seulement, membres pour la plupart du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), mènent encore des actions violentes. PLEBISCITE POUR BOUTEFLIKA ? Ce référendum intervient six ans après le projet de "concorde civile" approuvé à 98% par référendum et qui prévoyait déjà une amnistie partielle des islamistes armés. La charte maintient cependant les islamistes à l'écart de la vie politique. Or, le conflit avait été provoqué par l'annulation du second tour des élections législatives promises au Front islamique du salut (Fis), en janvier 1992. Trois partis d'opposition avaient appelé au boycottage du scrutin, accusant le chef de l'Etat de rechercher un plébiscite personnel destiné à préparer une révision de la Constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat à partir de 2009. Plusieurs quotidiens indépendants ont de leur côté déploré l'interdiction de tout débat libre sur le sujet, tant les médias publics font ouvertement campagne en faveur du "oui". Les associations représentant les familles des disparus craignent de voir leurs espoirs d'obtenir justice anéantis par le mot d'ordre de la réconciliation. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent pour leur part un texte qui disculpe les forces de sécurité, pourtant soupçonnées d'avoir joué un rôle important dans certaines des 6.000 disparitions. "La jeunesse algérienne a besoin de travail, pas d'un référendum", tranche Ahmed Kennache, chômeur algérois de 27 ans. "Et je suis contre l'idée de pardonner aux tueurs, ils doivent subir le même sort que leurs victimes". |
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www.algeria-watch.org
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