|
|||||
Réconciliation nationale Conceptions divergentes El Watan, 23 juin 2004 Dans le cadre de la commémoration du premier anniversaire du décès de Mahfoudh Nahnah, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a organisé, hier, à l'hôtel Riadh de Sidi Fredj, une rencontre sur la réconciliation nationale, le leitmotiv du président Abdelaziz Bouteflika pour son second mandat. S'il attribue la paternité de cette politique à son défunt leader, le mouvement considère en revanche que le score réalisé par le président Bouteflika lors de la dernière présidentielle en représente le «laissez-passer». La coalition au gouvernement, qui a soutenu la candidature de M. Bouteflika, semble être dans l'incapacité d'accorder ses violons sur la signification à donner à cette politique. Selon Aboudjerra Soltani, le président du MSP, le peuple a voté, le 8 avril dernier, pour les constantes nationales, à savoir l'Islam, la langue arabe et la langue amazighe. Réitérant le caractère centriste du MSP, qui exclut la violence et l'extrémisme, M. Soltani a ajouté : «Les nationalistes n'ont pas le droit de monopoliser le nationalisme, les démocrates ne doivent pas faire de la surenchère en matière de démocratie et les islamistes ne peuvent pas s'arroger le droit exclusif de parler au nom de l'Islam.» Comment concilier toutes ces tendances ? «Par le dialogue», se limite à souligner le premier responsable du mouvement, sans plus de précisions. La conception du MSP s'inscrit dans un cadre purement politique, voire idéologique. Au-delà des questions internes, le MSP relève de surcroît le caractère transnational de la réconciliation, qui englobe tout le monde arabo-islamique. Dans cette perspective, de nombreuses personnalités du Moyen-Orient ont été invitées au colloque de Sidi Fredj. Parmi elles, Seïf Al Islam Hassan Al Banna, le fils du fondateur du Mouvement des frères musulmans égyptien, qui a abondé dans ce même sens. «La réconciliation nationale doit également être une réconciliation arabe et islamique, d'autant que le fossé se creuse entre les gouvernants et les gouvernés», a déclaré M. Al Banna, soulignant que les gouvernements arabes vivent «une crise de représentativité». «Il faut mettre un terme aux dictatures absolues (…) Nous aimerions voir nos dirigeants circuler dans les rues sans avoir peur pour leur personne», a-t-il ajouté, tout en mettant en garde contre les divisions du monde arabe qui suscitent, selon lui, les convoitises des Etats-Unis. Au sein de la coalition au gouvernement, cette vision tranche singulièrement avec celle du RND. M. Ahmed Ouyahia, le secrétaire général du parti et chef du gouvernement, privilégie en effet la solution économique ; en d’autres termes, éliminer les causes qui ont engendré la crise et le terrorisme. Aussi, il ne serait peut-être pas superflu de souligner que le président de la République et son chef du gouvernement sont diamétralement opposés sur le plan politique. Le premier est un réconciliateur impénitent, alors que le second est un éradicateur. Saisi par les députés, il y a de cela environ un mois, pour donner un éclairage sur la réconciliation nationale, M. Ouyahia avait répondu que cela signifie le retour de la paix, à travers notamment le règlement de la crise du logement, du chômage, etc. La réconciliation signifie également, selon lui, la poursuite de la lutte antiterroriste. Il a par ailleurs clairement opposé un veto au retour du Fis dissous. De son côté, le FLN reste empêtré dans des problèmes statutaires, même s'il est connu que l'ex-parti unique est traversé par divers courants qui n'ont pas tous la même conception du sujet. Quant à l'initiateur du projet, le président de la République en l'occurrence, il observe un silence radio. Par Amar Hamiche
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||