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RECOMPOSITION
DU CHAMP POLITIQUE ISLAMISTE
Rabah
Kébir pressenti
L'Expression,
25 avril 2004
L’une des conséquences de la déroute électorale
de Djaballah est la probable mue de l’ex-FIS sous la houlette de
Rabah Kebir.
Rabah Kebir, l’un des piliers du FIS-dissous, est-il de retour
dans l’exercice politique? Le député dissident du
mouvement El-Islah, Aada Fellahi, n’écarte pas cette éventualité. «Je
contacterai prochainement Rabah Kebir pour lui proposer la restructuration
de l’ex-FIS, histoire de revigorer l’opposition islamiste
qui est en phase d’agonie», nous a-t-il déclaré,
hier, dans un entretien téléphonique.
Considérant que le courant islamiste est dans un «état
comateux», notre interlocuteur a insisté sur l’impératif
d’un «retour urgent de la mouvance islamiste qui a raflé la
mise aux législatives de 1991, mais sous une autre appellation».
En décidant de prendre attache avec cet islamiste dont le nom
est étroitement lié à la tragédie nationale,
Fellahi a choisi «l’aile modérée» qui
puisse «refédérer» l’ensemble des factions
islamistes. Il voit en lui, l’homme qui recèle «trois
qualités cardinales» le donnant apte à «pouvoir
accomplir cette mission».
Ces qualités, telles qu’énoncées par le «redresseur» d’El-Islah
ont trait à sa «non-implication dans les affaires de sang», «sa
vision moderniste» et enfin «l’expérience qu’il
a acquise durant son séjour en Allemagne».
Mais ce que Fellahi n’a pas dit, c’est que Rabah Kebir a
pu se forger une autre image que celle qu’il avait lors de la décennie écoulée.
Rabah Kebir a approuvé la présidentielle du 8 avril dernier
non sans soutenir la candidature de M.Bouteflika. Maintenant que les
velléités de la création d’un parti politique
ou plutôt le retour du FIS dissous par des moyens détournés,
se font jour rien ne dit que Kebir a monnayé son intégrisme
démesuré pour un renouement avec l’activisme politique «légal» sur
la scène nationale. Toutefois, aucun signal n’indique que
le ministère de l’Intérieur tolérerait une
formation politique intégriste, alors qu’ un refus catégorique
est signifié à Wafa.
Ainsi, en comptant sur le charisme du passé et la «modération» du
présent, Rabah Kebir et ses fidèles, ne désespèrent
pas de «réincarner la gloire de 1991» en mettant sur
pied une structure partisane qui rassemblerait toutes les ouailles de
Madani et Benhadj, les deux figures emblématiques de l’ex-FIS.
Après l’avalanche de Ennahda et le chancellement d’El-Islah,
les nostalgiques d’un Etat théocratique voit en ce responsable
de l’ex-FIS l’unique alternative.
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