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Charte pour la paix et la réconciliation nationale Un projet à l’ombre du 11 septembreEl Watan, 13 septembre 2005 « 80% de ceux qui sont dans les maquis reviendront. Restera alors une minorité sans religion et sans principe qu’Allah et le temps finiront par décimer », a déclaré, le 23 août dernier, Madani Mezrag, chef de l’ex-Armée islamique du salut (AIS), une organisation présentée souvent comme le bras armé de l’ex-FIS. D’où tient-il une telle conjecture ? Pour toute réponse, il a souligné : « Les éléments du GSPC ont une réceptivité pour descendre du maquis puisqu’ils sont très religieux. Leur descente est quasi acquise. » Pour sa part, le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a déclaré, quelques jours plus tard, que la charte pour la paix et la réconciliation pourrait convaincre un millier de terroristes de déposer les armes. Ouyahia et l’architecte de la charte, le chef de l’Etat en l’occurrence, n’ont pas, par ailleurs, clarifié certains flous qui caractérisent la démarche devant, selon eux, aboutir à la paix civile. Comment et par quel moyen peut-on persuader les terroristes de quitter les maquis d’autant plus qu’ils sont les premiers concernés par l’offre de paix décidée par le Président Abdelaziz Bouteflika ? Le projet cible-t-il des terroristes à titre individuel ou des groupes armés en tant que structures ? Si l’on se réfère aux dispositions préliminaires consignées dans la première ébauche de la charte pour la paix et la réconciliation, on peut déduire que le projet vise avant tout des individus. Pourtant, l’expérience tirée des contacts engagés en 1997 avec l’AIS a démontré que les initiatives pouvant toucher directement des structures sont les plus payantes. De telles démarches étaient pour ainsi dire les plus efficaces et les moins coûteuses. L’Armée islamique du salut, on s’en souvient, avait annoncé une trêve en octobre 1997, après des tractations secrètes engagées avec les chefs militaires. Le 13 janvier 2000, l’organisation s’était autodissoute. La tactique avait permis, au-delà des concessions faites aux anciens bourreaux, de mettre hors état de nuire des centaines d’éléments de ce groupe et de récupérer un important arsenal de guerre. Selon diverses sources, plus de 3000 éléments de l’AIS ont quitté le maquis depuis l’entrée en vigueur de la trêve jusqu’à l’autodissolution de l’AIS. Néanmoins, les attentats du 11 septembre 2001, qui ont ciblé les tours jumelles, ont entraîné une nouvelle éthique et de nouvelles visions dans le traitement des dossiers sécuritaires. Partant, un éventuel accord entre les organisations terroristes encore actives et l’Etat suppose, a priori, des tractations secrètes de longue haleine. Or des négociations avec une organisation comme le GSPC, considérée, soit dit en passant, par les stratèges de la lutte antiterroriste du monde entier comme un escadron barbare et sanguinaire, feront perdre à l’Algérie toute crédibilité dans une conjoncture internationale marquée surtout par une coopération soutenue dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. L’équation des jusqu’au-boutistes A. Benchabane |
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