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Abdelaziz Belkhadem au Jeune Indépendant La prochaine étape sera bel et bien celle de l’amnistie généralepar Sihem H., Le Jeune Indépendant, 14 septembre 2005 Selon le ministre d’Etat, représentant personnel du président de la République, la réconciliation nationale évoluera vers une amnistie générale, mais sans inclure l’aspect fiscal ou un pardon pour les harkis. Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) a confié hier au Jeune Indépendant que la question de l’amnistie générale sera traitée lors de la prochaine étape, après l’adoption de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, à travers le référendum du 29 septembre prochain. Précisant son idée, M. Belkhadem a dit que «la réconciliation permettra de créer un environnement favorable pour la proclamation d’une amnistie générale». Il a tenu toutefois à préciser que cette amnistie n’est pas à interpréter dans le sens que «certains veulent lui donner. Il ne s’agira pas, à titre d’exemple, d’amnistie fiscale ou encore d’un pardon vis-à-vis des harkis, mais d’une amnistie générale qui concernera exclusivement les personnes impliquées dans la tragédie nationale», a ajouté M. Belkhadem. Des dispositions seront prises «juste après le référendum pour aller vers cette amnistie», a-t-il révélé. Les propos de M. Belkhadem rejoignent ceux tenus, deux jours auparavant, par M. Saâdani, président de l’APN, et qui a évoqué l’amnistie générale comme le prolongement et une troisième étape après la réconciliation. Dans un entretien accordé au quotidien El Youm, M. Saâdani avait déclaré : «Une continuité est nécessaire à la réconciliation nationale», ajoutant que «sans doute, la troisième étape, après la concorde civile et la réconciliation nationale, sera l’amnistie générale». Toutefois, cette position défendue par la direction du FLN, parti majoritaire au sein des assemblées élues, intervient au moment même où le président de la République martèle, dans tous ses discours qu’il ne sera «pas l’homme qui va demander au peuple algérien de se prononcer en faveur d’une amnistie générale. La réconciliation est déjà un lourd fardeau à porter dont seul Dieu peut connaître le poids qui pèse sur mes épaules […]. Je n’irai jamais, jamais, jamais vers une amnistie générale», affirmait le chef de l’Etat qui a assimilé l’amnistie au retour aux années 1990. M. Bouteflika avait, cependant, déclaré avec insistance dans son discours prononcé à Ouargla qu’une autre étape suivra celle de la réconciliation nationale. Même s’il n’a pas précisé la nature de «la prochaine étape vers la paix», le Président certifiait que «ce ne sera sûrement pas l’amnistie générale». Les déclarations de MM. Belkhadem et Saâdani trouvent écho, du côté de l’autre parti de l’alliance, le MSP, dont M. Aboudjerra Soltani a été le premier à annoncer que la charte n’était pas la dernière étape, et qu’une autre initiative plus étoffée était à attendre dans le processus de paix. Seule voix discordante au sein de l’alliance, celle du chef du RND, Ahmed Ouyahia, qui a rejeté catégoriquement l’existence d’une prochaine étape après le référendum. «Il n’y aura plus rien d’autre et surtout pas une amnistie générale !» affirmait le chef du gouvernement la semaine dernière devant les responsables des médias nationaux. Cette charte, selon lui, «s’inscrit dans un ensemble de réappropriations par l’Etat de tout ce qui touche à notre identité et à notre religion». Lors de ses nombreux meetings en faveur de la paix, M. Ouyahia a averti que si les terroristes ne se rendaient pas, ils allaient être broyés. S. H. |
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