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Processus
de reddition
AIS-FIS
: le clash
Par
Mohamed Benmessaoud , Liberté 19 juin 2004 Madani Mezrag a
sévèrement mis en garde Ali Benhadj, tout
en rendant un hommage au rôle de l’ANP.
Ce que nous avons rapporté, lors de nos dernières éditions, à propos
de la mise à l’écart des ex-politiques du FIS dissous
dans le processus des redditions, ne cesse de se confirmer.
Sur le terrain, tout confirme que des instructions ont été données
aux parents des terroristes toujours dans les maquis pour éviter
autant que possible les politiques de l’ex-parti dissous.
À
l’est du pays, plus précisément à Jijel et à Skikda,
aucune parcelle de terrain n’est laissée par les hommes
de Mezrag et Kébir aux fidèles des chouyoukh dans le travail
de proximité engagé envers les terroristes du GSPC et du
GIA.
Selon les ex de l’AIS, les gesticulations des ex-chouyoukh ne font
que perdurer une crise dont ils ne veulent plus être la brise qui
l’a ranimée.
Les rumeurs relatives à une tentative de saborder les opérations
de reddition par des ex-politiques circulent dans ces régions.
On se rappelle que déjà en 1999, une grande partie de ces
derniers a vu dans l’auto-dissolution de l’AIS, un reniement
aux principes de la mouvance. “Le problème est politique
et doit être traité politiquement et par les politiques”,
laissaient entendre Hachani à l’époque.
Ce week-end, c’est Madani Mezrag, le chef de l’ex-AIS, qui
est monté au créneau en sommant Ali Benhadj, 2e homme dans
la hiérarchie des politiques, appelés communément
les chouyoukh, de cesser “les confrontations collatérales”.
À
nos confrères d’En-Nasr, paraissant à l’est
du pays, Madani Mezrag, tout en soulignant le rôle de l’ANP
dans ce qu’il qualifie de “dialogue pour l’instauration
de la paix et la sécurité”, trouve que l’initiative
du président de la République doit être appuyée
par l’ensemble des forces du pays. Plus agressif, Mezrag précise à l’encontre
de Ali Benhadj, que ce dernier “bénéficie d’une
importante protection des services de sécurité qui fait
même des jaloux. Les autorités n’ont bafoué aucun
de ses droits civiques en respect des décisions de la justice”.
Et d’ajouter : “Il doit (Benhadj, Ndlr) se comporter en responsable.” Autrement
dit, il doit cesser ses activités, y compris les déclarations
politiques.
À
travers cette sortie, la base de l’ex-FIS y décèle
un avertissement à l’ensemble des politiques de l’ex-FIS
qu’adresse l’aile militaire de la nébuleuse islamiste.
Pour Mezrag, qui reste entièrement engagé dans l’exécution
de la deuxième vague de redditions, ces dernières se poursuivent,
chaque jour, avec davantage de réussite.
Il précise que uniquement pour Jijel, il ne reste dans les maquis
que 140 terroristes affiliés à l’organisation de
Hassan Hattab et à la phalange El-Ahouel.
Des hommes éparpillés en petits groupes et sans commandement
unifié, comme nous l’a précisé une source
militaire sûre. Le cas des groupes du GSPC activant à l’ouest
de la wilaya de Skikda est le plus édifiant. Leur chef, un certain
Broche, a, selon des sources concordantes, quitté la région
depuis plusieurs jours pour rejoindre les groupes du Centre.
M. B.
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