Présentation de la pétition titrée « Pas de paix en Algérie sans vérité ni justice : plusieurs personnalités s’élèvent contre cette “réconciliation”, qui permet l’impunité des criminels »

Politis, 23 mars 2006

L’impossible vérité

Qu’avons-nous vu et su, en France, de la récente loi sur la « réconciliation nationale » mise en œuvre depuis le début du mois de mars par les autorités algériennes ? Nous avons su que des centaines d’islamistes avaient été libérés. Nous avons vu quelques-unes des figures les plus illustres de l’ex-Front islamique du Salut, comme l’ancien numéro deux, Ali Belhadj, sortir de prison, ou encore l’un des anciens chefs du GIA, Abdelhak Layada. C’est la poursuite d’un récit simple, trop simple, d’une guerre civile qui aurait opposé les « groupes islamistes armés » aux militaires. Il a été trop peu dit que cette « réconciliation » n’était pas destinée seulement à absoudre les chefs islamistes, mais aussi, et peut-être surtout, les militaires et agents des forces dites de sécurité qui ont souvent organisé les massacres de villageois pour maintenir dans le pays un climat de terreur. Le chapitre VI de l’ordonnance présidentielle stipule notamment qu’« aucune poursuite ne peut être engagée, à titre individuel ou collectif, à l’encontre des éléments des forces de défense et de sécurité de la République ». Toute dénonciation ou plainte, nous dit encore le texte, est désormais « irrecevable ». C’est donc l’établissement de la vérité historique sur l’implication des services de sécurité dans ces crimes qui est aujourd’hui rendu quasi impossible.
D.S.

Pétition : contre l’autoamnistie, oui à la justice, non à l’impunité !

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