|
|||||
OUYAHIA ET LA RECONCILIATION NATIONALE Copie revue et corrigée El Watan, 24 mai 2004 Lors de son passage samedi à l'APN pour apporter les réponses du gouvernement aux interventions des députés sur le projet de programme de l’Exécutif, Ouyahia a surpris par ses réponses tranchées sur un sujet qui est au centre d’une vive controverse dans la société : «La réconciliation nationale globale» mise en avant par le chef de l’Etat. D’un revers de la main, il a fait voler en éclats tous les scénarios catastrophes dont la presse s’est fait l’écho. Il n’y aura ni de réhabilitation du fis dissous, ni de congrès ou de conférence nationale, comme cela est suggéré par certaines forces politiques, ni de loi sur la réconciliation nationale, a souligné le chef du gouvernement.Dans l’esprit du chef du gouvernement, la réconciliation nationale n’est pas ce que certains milieux bien ou mal pensants ont pu laisser accroire, c’est-à-dire revenir à la situation d’avant 1991. Elle se donne d’autres objectifs visant à régler les problèmes sociaux et économiques tels que les crises du logement et de l’emploi vécues comme de véritables plaies béantes par la société. La mise au point d’Ouyahia sifflant, à l’en croire, la fin de la récréation, a dérouté tout son monde. Nombre d’observateurs politiques intéressés attendaient du chef du gouvernement qu’il confirmât les rumeurs insistantes qui circulent depuis l’investiture de Bouteflika sur l’amnistie des terroristes et la relégalisation sous un autre sigle du parti dissous. On a redécouvert à l’APN un chef du gouvernement plus éradicateur que jamais, et plus déterminé que jamais pour combattre le terrorisme ; une position qu’il ne craignait pas d’assumer publiquement et non sans fierté il y a quelques mois au nom de son parti avant de mettre un bémol dans son discours devenu plus lénifiant depuis son retour à la tête du gouvernement. Avec cette parenthèse que vient de fermer le chef du gouvernement sur un dossier qui a fait couler beaucoup d’encre avant et après l’élection présidentielle, l’on serait tenté de se demander si tout le décor planté pour préparer le terrain et les esprits à un plongeon dans l’abîme du passé n’était que surenchères de la part des milieux proches du parti dissous et de leurs sponsors politiques pour forcer la main à Bouteflika en vue d’accéder à leurs revendications. Il faut dire que le chef de l’Etat avait contribué pour beaucoup, avant et après l’élection, par des déclarations sujettes à toutes les interprétations, à relancer un débat que l’on disait pourtant clos et définitivement clos. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certains dirigeants politiques du parti dissous, à l’instar de Rabah Kebir, relayés par des chefs terroristes repentis, avaient apporté leur soutien à Bouteflika lors du scrutin d’avril dernier. Le chef de l’Etat a-t-il investi ce terrain par pur calcul électoraliste pour se rallier les voix des islamistes ? Ou bien alors avait-il tout simplement tenté de jouer une carte politique qui ne l’engageait en rien en tant que candidat, mais qui lui a été vite retirée de sa main une fois élu ? Au milieu de ces supputations, une chose est cependant certaine, c’est que la hiérarchie militaire n’acceptera jamais que ce dossier dans lequel elle a engagé sa responsabilité au nom de la sauvegarde de la République fasse l’objet d’un marchandage politique contre elle. C’est la lecture politique qu’il convient de retenir des clarifications du chef du gouvernement sur ce dossier que l’on ouvre et referme au gré des évènements. Par S. B.
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||