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AMNISTIE GENERALE Des officiers radiés de l’ANP revendiquent leur réhabilitationLe Quotidien d'Oran, 10 avril 2005 Les membres de la commission nationale de l’amnistie générale et de la réconciliation venus, hier à Constantine, pour installer le bureau, la commission et le conseil consultatif de wilaya, n’ont pas eu pour ainsi dire un après-midi de tout repos. Et pour cause, au-delà de la confusion qui s’est emparée de la salle de Palma Self, quand il s’est agi de désigner la liste des membres de la wilaya de Constantine, c’est une tout autre tournure que prendra la rencontre à la lecture d’une correspondance émanant d’un groupe d’anciens officiers de l’ANP que Mebarek Malek Serraï, secrétaire national chargé des relations extérieures au sein de la commission nationale, avait reçu la veille comme il l’affirmait à son auditoire. L’on ne se doutait pas qu’une telle lecture pouvait soulever une levée de boucliers, mais toujours est-il que Mebarek Serraï n’avait d’autres ambitions que de démontrer que, aujourd’hui, à la faveur du projet du président de la République Abdelaziz Bouteflika, les peurs ont été surmontées et chacun pouvait s’exprimer sans crainte de représailles. Mais que disent au fait ces anciens officiers dans la lettre qu’ils ont envoyée au chargé des relations extérieures de la commission nationale de l’amnistie générale et de la réconciliation ? Les auteurs de la lettre se présentent comme un groupe d’anciens officiers de l’armée nationale populaire, tous détenteurs de diplômes dans les domaines militaires et civils, dont les compétences sur le terrain sont appréciables et issus pour la plupart des écoles des cadets de la Révolution à l’époque de feu Houari Boumediène. Leur point commun c’est d’avoir été, durant la dernière décennie, exclus des rangs de l’armée. Ces anciens officiers affirment, dans la lettre envoyée à Mebarek Serraï, avoir été emprisonnés, pour certains qui avaient été accusés de trahison, pour des périodes allant jusqu’à trois années. Et quand ils sont sortis, ajoutent-ils, toutes les portes de travail leur ont été fermées et, parmi eux, certains subissent les affres du chômage et de la marginalisation. Pour toutes ces raisons, ces anciens militaires demandent à la commission nationale de la réconciliation et de l’amnistie générale de tout mettre en oeuvre pour leur réhabilitation. Les auteurs de la lettre demandent à cette même commission, une coordination avec des anciens officiers qui font partie de cette catégorie pour faire aboutir la vérité et rendre certains droits dont ils ont été privés. Enfin, ces anciens officiers demandent de donner procuration à un des membres de la commission nationale de l’amnistie générale et de la réconciliation pour s’occuper de ce dossier. La lecture de cette lettre n’avait pas sur le moment fait réagir la salle, mais une fois la parole donnée aux présents à la salle Palma Self, pour émettre des avis sur le projet du président de la République que certains ont sauté le pas. Un intervenant, ouvrant le bal, avait apparemment lié cette correspondance à d’ex-officiers malintentionnés installés à l’étranger et réagira d’une manière assez rude pour exclure toute réconciliation en affirmant que ces officiers ne devaient aucunement quitter le pays pour toucher à son image de marque. Mebarek Serraï remettra ensuite les pendules à l’heure en enlevant toute équivoque, soulignant ainsi qu’il s’agit d’anciens officiers qui sont en Algérie. L’orateur avait d’ailleurs auparavant soulevé la question de l’image de marque de l’Algérie, en affirmant qu’elle doit faire l’objet de toute l’attention des enfants du pays. Il écartera ensuite d’un revers de la main toute référence aux ex-officiers qui s’en prennent à l’Algérie à partir de l’étranger. Mais il ne sera pas pour autant quitte de certaines assertions puisque, tour à tour, la manipulation des services étrangers ou encore de la guerre psychologique, sont mises sur le tapis pour évoquer la déstabilisation de l’Algérie à travers de telles correspondances. Une fois la parenthèse mise sur cet épisode, les membres de la commission nationale, dans une salle où régnait pratiquement la confusion autour de l’installation du bureau, de la commission et du conseil consultatif, ont eu du mal à faire admettre leur point de vue. Mais, finalement, un compromis a été trouvé avec la désignation d’une commission provisoire de 25 membres. Mohamed Salah Boureni |
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