Forum du MSP sur les droits de l'homme

«Pas d'amnistie sans levée de l'état d'urgence»

par Hamidou B. , Le Jeune Indépendant, 15 décembre 2004

L e Mouvement pour la société pour la paix estime qu'il ne peut y avoir d'amnistie générale sans la levée de l'état d'urgence. S'exprimant hier sur cette question d'actualité à l'hôtel Essafir (Alger), en marge du Forum sur les droits de l'homme organisé chaque année par le MSP, Ahmed Dane, cadre de ce parti, a souligné qu'il existe des divergences avec le RND (Rassemblement national démocratique) sur la levée de l'état d'urgence.

Pour le MSP, l'état d'urgence est inconciliable avec la réconciliation nationale. A propos de l'alliance présidentielle, Ahmed Dane a laissé entendre que la rencontre entre les membres de cette alliance a été reportée cinq fois «à cause de la crise du parti du Front de libération nationale».

Le FLN, a-t-il dit, est un parti majoritaire qui a son poids dans l'échiquier politique national. Il a souligné qu'une rencontre pourrait se tenir prochainement entre les membres de l'alliance présidentielle, sans plus de précision.

Il a affirmé qu'à cause de cette crise au FLN, le travail d'explication de l'amnistie générale par l'alliance présidentielle n'a pu se faire, soulignant cependant que le MSP a déjà commencé cette «campagne» à partir d'Oran. Pour Ahmed Dane, l'amnistie générale est «une victoire pour le courant islamique modéré.

Le défunt Mahfoudh Nahnah a toujours prôné l'amnistie générale». Le président du MSP, Aboudjerra Soltani, a souligné dans son intervention devant les députés de son parti et ceux du RND, du FLN et des militants du Mouvement, que son parti revendique seulement l'application des droits reconnus par la Constitution aux Algériens en ce qui concerne les droits de l'homme.

Il a relevé que le fossé est très large entre ce qui est reconnu aux Algériens dans la Constitution et la réalité du terrain en matière de respect des droits de l'homme. Il a procédé par ailleurs à un large tour d'horizon sur la problématique des droits de l'homme, s'interrogeant sur la signification de ce principe contenu dans la Charte de l'ONU.

Pour le premier responsable de ce mouvement, il y a deux poids deux mesures quant il s'agit d'appliquer les droits de l'homme. Il citera à ce propos l'Irak, la Palestine, le Darfour, et l'Erythrée. Il faut faire la différence entre terrorisme et lutte de libération, a-t-il souligné.

Il a expliqué qu'il y a beaucoup de violation des droits de l'homme dans le monde. H. B.

 

 

 

 

   
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