Farouk Ksentini :

La loi déterminera les vrais disparus après le référendum

El Khabar, 5 septembre 2005

Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH) et président de la Commission sur les disparus, maître Farouk Ksentini, a déclaré à El Khabar, hier, que les "6146 disparus, cités dans le rapport lié à ce dossier, ne sont pas tous de vrais disparus, car il y en a bien de faux disparus".
Ksentini, qui avait annoncé le chiffre de 6146 disparus, en se basant sur "les déclarations des familles accusant les agents de sécurité d'avoir enlevé leurs proches, indiqua, cependant, que toutes ces accusations ne sont pas réelles. Car plusieurs (de ces disparus) avaient en fait rejoint les groupes terroristes, et ne constitue pas, de ce fait, des disparus forcés).
La déclaration de Farouk Ksentini intervient dans le cadre de son explication de la formule juridique à travers laquelle le président de la République va traiter le dossier des disparus.
Contacté par nos soins, Farouk Ksentini dira, dans ce contexte, qu'il y a "une loi qui déterminera les vrais disparus des faux, et, ainsi, la nature des indemnités qui seront accordés à leur familles. En plus, il y a des lois qui déterminent comment bénéficier de l'annulation des poursuites judiciaires, ainsi que d'autres mesures inclues dans la charte pour la paix et la réconciliation".
Notre interlocuteur a écarté l'éventualité de l'existence de textes juridiques tout prêt et qui vont être adoptés immédiatement après le référendum. Ksentini dira : "l'opération n'est pas aussi simple, et un long débat est nécessaire pour élaborer des lois".
Il est à rappeler que Farouk Ksentini avait révélé, dans l'un de ses interviews accordés à El Khabar, l'existence de "plus de 5000 disparus, perdus de vue après avoir répondu aux convocations des services de sécurité".
Ksentini ajoute que sa commission a "envoyé les noms des disparus aux différents services de sécurité à travers le territoire nationale. Ces derniers ont confirmé avoir bien convoqué ces personnes, mais qu'ils les ont relâché à l'issue des interrogatoires".
Le dernier chiffre dévoilé par le président du CNCPPDH, après avoir remis le rapport de la Commission sur les disparus au président de la République, est 6146 cas de disparitions forcées.
Dans ses déclarations à la presse, Farouk Ksentini dira : "l'Etat était le premier disparus lors du déclenchement des actes de violence. La majorité des institutions de l'Etat avaient cessé d'exercer leur autorité, et on a profité de la loi d'état d'urgence pour fermer les yeux sur un grand nombre de violations contre les droits de l'homme".

 
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