Ligue Algérienne des Droits de l’Homme
LADH

En partenariat avec l’association Américaine Freedom House

Atelier autour du rôle de la société civile dans la réconciliation nationale

Sétif 13 juillet 2005

Ensemble pour bâtir les bastions de la paix

Nous représentantes et représentants de quelques composantes de la société civile et notamment les familles des victimes civiles du conflit armé que vit le pays.

- Considérant notre conviction que la paix durable est une condition fondamentale de la jouissance des droits de l’homme et que la paix sociale ne peut se réaliser par le silence autour de ce qui s’est passé et ce qui se passe.

- Conscients du fait qu’il revient aux algériens et aux algériennes et à eux et elles seul(e)s ,la décision d e se comporter avec leur passé par le biais d’un débat national où seront garantis la liberté d’expression , de réunion et d’association.

-En l’absence d’un projet aux contours clairs de la réconciliation nationale, nous participons en tant que société civile et victimes, dans l’enrichissement du concept de « réconciliation nationale »

-La réconciliation nationale dépasse à notre sens le concept de réconciliation entre deux parties au conflit mais s’étend à un mouvement d’évolution sociale qui vise une prise de conscience collective , un état d’esprit , dans lesquels le peuple algérien dépassera les intérêts catégoriels pour atteindre les sommets de la responsabilité humaine afin d’arrêter l’effusion de sang et créer les règles de la cœxistence pacifique dans laquelle domineront les principes de tolérance et d’acceptation de l’autre.

- POUR CE :

- L’Algérie est devant un nouveau processus de moralisation et humanisation de l’acte politique

- Le processus exige une plus grande précision parceque les intérêts et les repères sont plus clairs.

- Nous pensons qu’il n’y’ pas de cause plus noble plus importante et plus vitale pour nous réunir que celle de la réconciliation nationale.

- Notre réunion et notre action pour la réaliser ne sortira pas des principes de la légitimité et du droit national et international.

- Le désir de paix est aujourd’hui général, il nous remplit de joie et d’enthousiasme mais en même temps nous attriste parceque nous ne pouvons oublier les milliers de morts d’enlevés, de disparus, de femmes violées ponctuellement ou suite à des fétwas qui n’ont aucun fondement religieux., les milliers de personnes qui ont fui leurs maisons et leur villages qui sont demeurés sans attaches et sans domiciles fixes, les écoles détruites et les usines brûlées.

Notre conception de la réconciliation nationale induit les recommandations suivantes :

- La vérité et la justice avant toute réconciliation afin que nous puissions faire face au passé et qu’on permette aux familles de tous les disparus de connaître le sort des leurs ; qu’ils aient été enlevés par les agents de l’Etat ou par les groupes armés.

- Exploiter les progrès de la génétique pour déterminer l’identité des personnes enterrées dans les fosses communes ou dans les cimetières ordinaires sous x

- La protection de la mémoire collective en documentant tout ce qui s’est passé durant la période sanglante d’une façon sincère courageuse objective et par tous les moyens.

- La justice et l’équité ; cependant la justice dépasse la notion traditionnelle avec ses différentes composantes et structures ( police parquet , juge d’instruction jugement ) mais s’étend à une justice transitionnelle expérimentée dans plusieurs pays du monde qui vise à l’identification des coupables et victimes , à l’aveu des coupables , à leurs jugement ,réparation des dommages matériels et moraux des victimes notamment la reconnaissance sociale et juridique de leur statut de victimes .

- Cette justice et cette équité se feront par le biais d’une commission souveraine composées de personnalités indépendantes crédibles et en présence des victimes elles mêmes et de leurs représentants.

- La libération préalable de toutes les personnes détenus arbitrairement au secret.

- La réforme des structures de l’état afin d’assurer la suprématie des institutions et surtout l’indépendance de la justice.

- l’adaptation des lois algériennes aux instruments internationaux notamment ceux liés aux crimes contre l’humanité tels les disparitions forcées, les violes systématiques( moyen de guerre),le génocide , la torture.

- L’ouverture de la voie aux associations de la société civile pour agir avec une plus grande liberté et à l’abri de toute pression.

- La mise en place des structures de prise en charge psychologique des victimes ( du terrorisme , familles des enlevés , familles des disparus ,enfants des victimes du terrorisme enfants des enlevés et de disparus , femmes violées, personnes en état de choc .

- La levée de l’état d’urgence.

Signataires

1 - Djazairona Cherifa KHEDAR
2- S o s disparus Nacira Dutour
3- Soumoud Adnane BOUCHAIB
4 - Association des disparus de Constantine et CNFD EST
Rabah BELATRECHE
5 - Coordination nationale des familles des disparus Safia FAHASSI
6 - Coordination nationale des familles des disparus - CNFD – Sud
Farida OUEGHLISSI
7 -Association des disparus – Setif - Hakima CHAMBAZI et Madani LOUGHBI
8 - CNFD Oran Hachmia BOUTAIBA
9 - LADH Boudjema GHECHIR et les délégués des sections de la LADH à travers le territoire national
10 - LADDH Djamel-Eddine ALLIA
11 - Abou LAHMAR CNFD GHELIZANE
12 - Rachda Lillette BENAYED

Communique de presse

Assemblée générale élective de la LADH

La LADH a tenu le 13 juillet 2005 à Sétif son assemblée générale élective en présence de délégués de toutes ses sections actives qui sont représentatives de toutes les régions du pays ainsi que des observateurs de la société civile notamment les associations des victimes du terrorisme, des familles de s disparus associations qui s’occupent des droits des femmes et certaines personnalités.
Les travaux se sont déroulés dans une ambiance démocratique :
Les participants se sont accordés sur la nécessité du maintien de Maître GHECHIR Boudjema dans les fonctions de président de la ligue en dépit de l’insistance de ce dernier de son retrait justifiant sa décision par :
- L’aspect démocratique qui exige l’alternance à cette fonction.
- Des considérations éthiques qui poussent à ouvrir la voie à d’autres candidatures.
- Son maintien à ce poste se trouve selon lui en contradiction avec ses positions affirmées relatives aux principes démocratiques et à la bonne gouvernance.
Tous les participants ont insisté sur son maintien ; certains ont affirmé que bien au contraire sa position actuelle n’est pas cohérente avec le fait qu’il a accepté de prendre en charge la responsabilité de la ligue dans des circonstances plus difficiles malgré les pressions et difficultés dont il a été l’objet , par ailleurs la situation des droits de l’homme même si elle a connu une évolution a toujours besoin de sa présence à la tête de la ligue.
-Après un débat qui a duré plus d e deux heures Maître GHECHIR a été contraint de se soumettre à la décision de l’assemblée générale et a accepté la présidence de la ligue.
En plus de l’élection du président par consensus, l’assemblée générale a élu un conseil et un bureau national dont la composition a tenu compte de la représentation géographique de toutes les régions du pays.
Le bureau national se réunira prochainement pour l’adoption du programme semestriel et la constitution de commissions thématiques

Le secrétaire général

Laid SABEG

   
www.algeria-watch.org