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Conférence de presse de la LADDH Plaidoyer pour une commission indépendante pour la vérité et la justicepar Naïma B., Le Jeune Indépendant, 13 novembre 2006 «L’entrée en vigueur des décrets d’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale montre l’ampleur et la complexité du drame vécu par les Algériens et la nécessité de réfléchir à une autre voie, celle de l’institution d’une commission indépendante pour la vérité et la justice.» C’est ainsi que s’est exprimé, hier, maître Noureddine Benissad, secrétaire général de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), dans son intervention lors de l’ouverture des deux journées d’étude sur l’inapplicabilité des décrets d’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. La rencontre, tenue au siège de la fondation Frederich-Ebert, a été marquée par la présence de plusieurs militants des droits de l’homme, entre autres Hocine Zehouane, président de la LADDH, Mohsen Marzouk, directeur régional pour la société civile (Afrique du nord) à Freedom House ainsi que Chaouqui Benyoub, membre de l’instance équité et réconciliation au Maroc. Les nombreuses expériences mises en œuvre à travers le monde et qui ont consacré l’impunité ont toujours posé problème et engendré des conséquences dramatiques, vu les traces profondes laissées dans la société. Le but des tribunaux de Nuremberg et Tokyo, institués par les vainqueurs, en passant par ceux de Russel sur la répression en ex-RFA, au Rwanda ou en Yougoslavie était de donner à l’opinion publique la possibilité de prononcer un jugement moral (tribunal des consciences), a soutenu l’orateur. «Cela a démontré que la société civile pouvait faire avancer le droit là où les Etats reculaient», a-t-il ajouté. Sur le terrain, plusieurs remarques ont été relevées quant à l’inapplicabilité des dispositions en question, entre autres l’indemnisation des ayants droit, qui vient après le jugement sanctionnant le décès ou le procès-verbal de constat de disparition, où seuls les services de sécurité disposent du fichier des personnes concernées. Face aux lenteurs des procédures judiciaires auxquelles ils font face, les ayants droit, souvent démunis, introduisent des actions dans leur lieu de résidence, alors que leurs proches victimes «se trouvent» dans d’autres lieux. A cela s’ajoutent le fonctionnement que l’on connaît de la justice algérienne, la formation des hommes de droit en Algérie ainsi que le manque d’accompagnement des ayants droit au niveau modeste. Et ce, sans omettre les catégories non prises en charge par les textes de loi, les personnes détenues pendant une longue durée pour être enfin libérées, celles qui avaient été détenues dans le Sud, celles tuées dans les mutineries ou sont «ni disparues, ni abattues», ainsi que les enfants nés hors mariage dans les maquis. Le secrétaire général de la LADDH a relevé, aussi, que les plaintes déposées par les familles des disparus n’ont fait l’objet d’aucune enquête sérieuse, tout en réaffirmant que la lutte contre l’impunité et pour la vérité est un processus de longue haleine. Ce processus a été évoqué par Chaouqui Benyoub, via l’expérience marocaine dans la réconciliation, affirmant que«les commissions de vérité sont avant tout le résultat des mutations dans le champ politique». La recherche de la vérité sur les disparus au Maroc a amené jusqu’à exhumer des corps et à organiser des audiences publiques, et l’indemnisation matérielle a concerné plus de 16 000 personnes au moment où des excuses sont attendues du Premier ministre, a-t-il souligné. Et d’ajouter qu’au Maroc, le problème ne s’est pas posé en tant que projet politique, mais entre l’Etat et les défenseurs des droits de l’homme, chaque cas ayant sa particularité, sans pour autant que la solution consiste en une simple recette. N. B. LA LADDH A PROPOS DES DECRETS D'APPLICATION DE LA RECONCILIATION “L’échec du processus est flagrant”Le Soir d'Algérie, 13 novembre 2006 Quelle réconciliation ? Comment sortir de l’impasse après l’échec des décrets d’application ? Des interrogations soulevées avec acuité, notamment après les déclarations officielles qui se succèdent affirmant l’échec du processus de la réconciliation nationale et face au retour des attentats terroristes. De son côté, la Ligue des droits de l’homme atteste par le biais de son secrétaire général, Me Nourredine Benissad, que “les plaintes déposées par les familles des disparus n’ont jamais été élucidées et n’ont fait pas fait l’objet d’enquêtes sérieuses”. |
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