Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme (LADDH)

DECLARATION

Le spectre de crimes contre l’humanité impunis, plane sur l’Algérie. Ce pays meurtri par l’arbitraire durant des siècles, contraint de consentir des sacrifices considérables pour retrouver sa dignité nationale subit de plein fouet, un déni de justice formalisé sous une procédure dite de réconciliation nationale. Dans la mémoire mythologique de notre peuple, ce spectre de crime impuni est incarné par « ANZA » cette voix des suppliciés qui s’élève sans interruption sur le lieu même du crime, tant que justice n’est pas rendue. Et dans toutes les sociétés sans écriture nous savons que les parents réveillent leur progéniture en pleine nuit pour leur insuffler l’esprit de la lutte contre l’oubli.

Depuis, une dizaine d’années a été engagé au sommet de l’Etat une entreprise de viol de la mémoire collective sous différentes appellations de « Rahma » « Concorde civile » couronnée aujourd’hui par celle de « réconciliation nationale ».

Au terme des textes qui finalisent cette entreprise, les actes d’assassinats, d’enlèvements, de torture, de viols, de séquestration, de destruction, de massacres collectifs, de profanation en tous genres, générateurs d’un syndrome de terreur collective, sont résorbés sous le vocable de « tragédie nationale » il n’y a plus de crimes ni de victimes et point de coupables, il n’y a que la « tragédie nationale ». Ce tragisme à l’algérienne, fait qu’a la chute du rideau que l’on veut faire tomber, chacun sera réputé avoir joué son rôle de tragédien et les consciences devrons se satisfaire d’un classement aux différents registres de la tragédie.

La LADDH considère qu’il est extrêmement grave de présenter les choses au sommet de l’Etat avec une telle désinvolture.

Désormais chacun sera placé devant ses responsabilités historiques.

Elle rappelle que les crimes contre l’humanité et c’est bien le cas dans cette problématique algérienne sont imprescriptibles, non amnistiables et insusceptibles d’extinction d’action publique. Toute démarche contraire relève de la forfaiture.

Par conséquent, les actes de finalisation sont juridiquement nuls en tant qu’ils heurtent la constitution et les instruments internationaux contraignants et opposables à l’Algérie qui fondent la justice universelle.

La LADDH saisira par le dépôt d’un mémoire en contredit le comité des droits de l’Homme des Nations Unies sur la base de l’article 02 du protocole facultatif se reportant au pacte relatif aux droits civils et politiques.

Préalablement, elle adresse une demande exhortatoire aux présidents de l’Assemblé et du Sénat pour qu’ils déférent dans les plus brefs délais les textes en cause devant le Conseil Constitutionnel.
Elle rend destinataire les présidents des groupes parlementaires et les responsables des partis politiques d’une ampliation de ces correspondances.


Alger le 07 mars 2006
Le Comité Directeur

 
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Ordonnance portant mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale

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