ME FAROUK KSENTINI

«L’évacuation des maquis doit être couverte juridiquement»

Le Quotidien d'Oran, 27 avril 2004

Trois questions à Maître Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (CNCPPDH).

Le Quotidien d’Oran : Votre commission est-elle informée des redditions en cours de groupes islamistes armés ?

Maître Farouk Ksentini : Non, nous ne sommes pas informés. Pour ma part, je lis la presse comme tout le monde et j’écoute les commentaires sur les chaînes de télé. Mais, vous savez, ces questions de reddition sont tellement délicates et fragiles qu’il ne faut pas trop se hasarder à des commentaires sur des événements qui ne sont pas encore définitivement concrétisés.

Cela dit, j’affirme que toute initiative susceptible de mettre fin au terrorisme est la bienvenue. Tant que c’est conforme aux intérêts supérieurs du pays, nous ne pouvons qu’applaudir. L’essentiel, pour nous, est que tout cela se passe dans la légalité. Il faut donner à ce processus en cours une couverture juridique claire et intelligible, aussi bien pour tous que pour les institutions du pays.

Le Quotidien d’Oran : Vous dites que vous n’êtes pas informés. Cela veut dire que vous n’avez pas été sollicités pour la gestion de ce dossier. Le souhaitez-vous ?

Maître Farouk Ksentini : Je vous ai déjà dit que ce sont des questions d’une extrême délicatesse et qu’il faut les traiter de la sorte. A propos de sollicitation, il est évident que nous souhaitons d’être sollicités. Pour les raisons humanitaires que vous imaginez mais aussi pour la somme d’informations importantes que nous pouvons recueillir auprès de personnes qui ont vécu dans des maquis. Notamment, celles qui peuvent nous aider à avancer par rapport aux dossiers des «disparus».

Le Quotidien d’Oran : Certaines sources avancent comme idée le réaménagement de la loi portant Concorde civile. Qu’en pensez-vous ?

Maître Farouk Ksentini : Je vous l’ai dit. Il faut que toute initiative allant dans le sens d’une évacuation de maquis islamistes soit couverte juridiquement et soit conforme à la légalité. Faut-il adapter ou aménager la loi portant Concorde civile ? Pourquoi pas ? L’essentiel, je le répète, est que tout se passe dans la légalité.

Propos Recueillis Par Noureddine Azzouz

 

 
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