Kébir temporise son retour

La Nouvelle République, 26 juin 2006

Après avoir annoncé, fin mai dernier sur l’antenne d’Al Arabiya, son retour au pays courant mois de juin, l’ancien responsable de l’instance exécutive du FIS à l’étranger, Rabah Kébir maintient sa «décision», tout en se disant cependant contraint de la temporiser pour des raisons qu’il hésite toutefois à expliquer.
Même situation soulevée avant lui par Anouar Haddam, exilé aux Etats-Unis, qui avait lui aussi souhaité revenir au pays, après l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation.
Il vient d’en faire l’annonce à la même chaîne arabe ce jeudi. A la question du journaliste qui l’interviewait, de savoir s’il ne craignait pas des «obstacles» pour son retour, l’exilé de Bonn se montre tout à fait confiant, étant donné, dit-il, que son retour «se fera en coordination et en concertation avec des instances au sein du pouvoir.» «Pour lui, il n’y a plus rien à craindre», après la promulgation des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. «Il ne se sent même pas, d’ailleurs, concerné par les mesures d’interdiction qui frappent les anciens dirigeants du parti dissous», responsables de la tragédie nationale, comme l’indique pourtant textuellement la charte. Kébir tente de transcender cet «écueil» en essayant de faire accroire que cette mesure concernerait le parti en tant que structure, et non pas les hommes.
En tout état de cause, Kébir réitère sa «détermination» à poursuivre sa «lutte politique» à l’intérieur du pays, et dans les cadres qui lui conviendraient. Il reste confiant quant à la volonté du président de la République de mener à bon port le projet de réconciliation, d’autant que «les partisans de la réconciliation, estime-t-il, renforcent de plus en plus leurs positions...»
Il se dit, à cette occasion, prêt à soutenir une nouvelle révision de la Constitution qui ouvrirait la voix à un troisième mandat pour Bouteflika. Interrogé sur les révélations qui avaient été faites par l’ex-chef de l’AIS, Madani Mezrag, à propos de soutiens financiers que Kébir aurait envoyés pour les maquis islamistes, ce dernier confirme et dit l’avoir fait pour soutenir les familles des «combattants», et «pour finalement sauver la paix», tient-il à préciser.
Il conclura son intervention par un aveu assez original et lourd de sens, mais non dénué de ruse : «Je regrette qu’on ait été amenés à recourir à la violence ; on aurait dû s’en défendre dès le départ.»

26-06-2006
Mussa A.

 

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