Les mises au point du gouvernement

Les terroristes ne retourneront pas à l’école

Le Quotidien d'Oran, 21 mars 2006

Le cheminement parlementaire de l’ordonnance portant Charte pour la paix et la réconciliation aurait été une simple formalité, sans les clarifications apportées par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamel Ould Abbas, en marge de la séance du vote.

S’exprimant face à la presse sur la mise en oeuvre de la charte, il a attiré l’attention sur la nécessité de prendre «toutes les précautions nécessaires dans le traitement des dossiers des victimes de la tragédie nationale afin d’éviter l’apparition de fausses victimes lors de l’application de l’ordonnance relative à la paix et à la réconciliation nationale».

L’octroi des indemnités, des compensations et des mensualités qu’autorise l’ordonnance expose, selon M. Ould Abbas, à la manifestation de «fausses victimes de la tragédie, tel que fut le cas pour les sinistrés des catastrophes naturelles et des handicapés». Pour le ministre, il devient «impératif de prendre toutes les précautions et tout le temps qu’il faut pour l’établissement du listing des catégories concernées par ces indemnisations». Un travail qualifié de «délicat, sensible et important».

Il précisera, chemin faisant, que le listing des personnes concernées par les mesures préconisées par l’ordonnance sera prêt d’ici la fin du mois en cours et que l’opération de vérification s’étalera sur les six mois à venir.

«La tragédie nationale est un dossier sensible et nous ne pouvons pas nous permettre de faire des erreurs», a-t-il soutenu, ajoutant qu’il faut donc cibler et identifier exactement les bénéficiaires de ces indemnités», a encore commenté le représentant du gouvernement.

En ce qui concerne la réintégration des travailleurs licenciés en raison de leur implication dans des affaires terroristes, Djamel Ould Abbas a indiqué que les personnes concernées ne seront pas réintégrées dans des postes sensibles, tel que l’enseignement.

Il est clair que l’allusion aux adhérents du SIT (Syndicat islamique du travail, appendice du FIS) est à peine voilée pour avoir recruté et fourni le gros de ses contingents dans le milieu des enseignants. Mais pas seulement. Là aussi, selon le ministre, il s’agit de faire preuve de vigilance face à la manifestation de cas de mauvaise foi.

On apprendra par la même occasion que la commission nationale chargée de l’application de l’ordonnance relative à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, mise en place par son département, se réunira incessamment.

En dehors de cela, les membres du Conseil de la Nation ont adopté presque à l’unanimité les textes qui leur ont été soumis. D’abord, l’ordonnance relative à l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale à laquelle s’est opposée une seule voix, celle du tout nouveau sénateur du RCD, qui a estimé que le texte en question met sur un pied d’égalité «le bourreau et la victime».

Avant le début du vote, M. Tayeb Belaïz, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a exposé dans le détail les dispositions de l’ordonnance et les objectifs auxquelles elles tendent. Il soulignera pour la première fois que le traitement des cas des internés administratifs dans le désert au début des années 90 sera l’objet de textes à part qui seront promulgués ultérieurement.

Les députés de l’Assemblée populaire nationale avaient adopté le même texte de loi mercredi dernier. Les sénateurs ont approuvé au cours de la même séance l’ordonnance relative au statut général des personnels militaires présentée par M. Abdelmalek Guenaïzia, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, ainsi que celle relative aux conditions et règles régissant la pratique des rites religieux non musulmans. Tous les sénateurs présents, à l’exception du représentant du RCD, ont voté pour, sans surprise.

Omar Sadki

 
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