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AMNISTIE
GÉNÉRALE ET RÉCONCILIATION
NATIONALE
Les partis s'impliquent
L'Expression,
25 décembre 2004
Le week-end a été chargé pour
les formations politiques en train de battre le rappel de leurs troupes.
La plupart des régions du pays ont vécu un week-end riche
en évènements politiques, tous liés au plan de Bouteflika
portant réconciliation nationale et amnistie générale.
L'ensemble des partis politiques, qu'ils fassent ou non partie des différentes
institutions de l'Etat, veulent avoir leur mot à dire dans cette
démarche qui scelle définitivement la fin des années
du terrorisme et des exactions criminelles en Algérie.
Déjà, une sorte d'émulation tacite est en train de se
faire jour entre le FLN et son frère ennemi le RND. Ce dernier, pour
le moment, se contente de réunions de coordination internes dans lesquelles
son secrétaire général, également chef du gouvernement,
multiplie les instructions en faveur de la démarche présidentielle.
Ahmed Ouyahia, qui se fait publiquement fort d'être un « reconverti » aux
mille et une vertus de la réconciliation nationale, veut être
la locomotive de la future campagne référendaire que compte lancer
le chef de l'Etat dans le courant du mois prochain. Loin de s'en laisser compter,
le FLN, qui ne veut pas céder sa place de première formation
politique du pays, oeuvre à présent à surmonter sa crise
dès les deux semaines à venir. Belkhadem lui-même a touché du
doigt, ce mercredi, les enjeux, exhortant les militants des deux camps à la
retenue, afin que le 8e congrès, dit rassembleur, se tienne dans les
meilleures conditions et que ce parti joue enfin un rôle de premier ordre
dans la campagne à venir.
Les affrontements à fleurets mouchetés qui se déroulent
entre ces deux partis ne seraient que la face émergée d'un immense
iceberg puisque des « ténors » du FLN n'hésitent
pas à accuser presque publiquement le RND d'avoir infiltré ses
rangs afin d'y aggraver la zizanie et de l'empêcher coûte que coûte
de surmonter sa crise.
A la faveur de ces tiraillements, et des déclarations du président
faisant état d'une prochaine recomposition de la scène politique,
l'Alliance présidentielle se trouve en pleine décomposition.
Le MSP, rompu à ce genre de pratiques et de crises cycliques, tente
pour sa part de prendre les devants. Après les déclarations faites à notre
journal par son président, Bouguerra Soltani, celui-ci, accompagné d'Amar
Ghoul, a réitéré à partir d'Oran son « soutien
indéfectible à la réconciliation nationale et à l'amnistie
générale ». Pour ce parti, une pareille option, si
elle était menée à son terme, annulerait tout bonnement
sa proposition de loi relative à la nécessaire levée de
l'état d'urgence. Ce texte, qui traîne sur le bureau de l'APN
depuis près d'une année, est régulièrement brandi
par le MSP à chaque fois que la surenchère, autre pratique courante
dans les rangs du parti du défunt Mahfoud Nahnah, s'impose dans ses
rapports de force avec ses pairs au sein de la coalition gouvernementale.
Le FFS, lui, ne l'entend pas de cette oreille. Son conseil national a en effet
tenu une réunion durant ce week-end afin de critiquer avec virulence
la démarche de Bouteflika, précisément à cause
du « maintien de l'état d'urgence », mais aussi de « l'absence
des libertés collectives et individuelles ». Selon ce parti,
il n'en faut pas plus pour tronquer une démarche qui semble politiquement
bonne à priori, d'autant qu'elle n'est pas loin de rejoindre les grandes
lignes du fameux « contrat national » signé en 1995
par plusieurs représentants de la classe politique algérienne.
Le FFS, dont la crise n'a été que « reportée à une
date ultérieure » à la faveur de la courte visite à Alger
de son président, Hocine Aït Ahmed, tente de s'imposer de nouveau
comme leader de l'opposition crédible et véritable en Algérie
après une longue éclipse qui lui a même fait jouer un rôle
de second plan lors de la dernière présidentielle alors qu'il était
aux premières loges lors du scrutin d'avril 1999. Un autre signataire
du Contrat national, et non des moindres, le PT en l'occurrence, poursuit sa
série de rencontres régionales et nationales. La dernière
en date, qui s'est achevée hier à Zéralda, a repris les
thèmes forts de ce parti, à savoir que la réconciliation
doit également se faire avec le peuple et les travailleurs, notamment
en respectant la Constitution qui interdit certaines privatisations.
Réconciliation, terme générique dans lequel chacun place
ses propres visions et convictions, signifie, notamment, aux yeux du parti
de Louisa Hanoune, une répartition plus équitable des ressources
naturelles et financières. Le mouvement El Islah, lui, continue cahin-caha
de se débattre dans une crise qui rappelle étrangement celle
d'Ennahda en 1998. Abdallah Djaballah, fort de son charisme et de l'expérience
de ses déboires passés, était jeudi l'hôte de son
fief constantinois où il a fait le plein de militants et de sympathisants
en attendant la tenue de son congrès. Tous les observateurs s'accordent à dire
que ce parti ne saurait prendre partie par rapport à la démarche
présidentielle et, partant, entrer en campagne, avant que la crise ne
soit résolue d'une manière ou d'une autre.
Véritable cerise sur le gâteau de ce retour en force des partis
politiques sur le devant de la scène médiatique, le MDS a décidé de
s'impliquer dorénavant dans les joutes électorales et même,
vient de réviser foncièrement sa ligne directrice en décidant
de soutenir la démarche du président. Même si ce parti
ne représente pas grand-chose sur le plan électoral, son changement
de ligne n'en constitue pas moins un tournant décisif dans la disparition
définitive de la ligne éradicatrice puisque seul ce parti en
défendait encore le principe.
Mohamed ABDOUN
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