RÉCONCILIATION NATIONALE

Haddam et Zaoui posent leurs conditions

L'Expression, 24 septembre 2005

Pour eux, la légitimité de la réconciliation est sans équivoque.

La charte pour la paix et la réconciliation nationale semble déjà récolter ses fruits. Dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, les ex- chefs du FIS, parti dissous, à l’étranger à savoir Anouar Haddam, Ahmed Zaoui, Merzouk Khencheli et Rachid Ziani- Cherif, ont exprimé leur soutien au projet de charte.
«Le projet de réconciliation nationale est pour nous synonyme d’un processus tout aussi bien intellectuel, social que politique , rassembleur et complémentaire visant à permettre à la société algérienne de mettre fin à la dangereuse consommation interne..», écrivent les auteurs du communiqué. Cette démarche constituerait, pour eux , «une réconciliation légitime sans équivoque, voire une nécessité nationale». Afin que la réconciliation puisse réaliser ses objectifs, précisent les responsables, il faudrait tenir compte des dangers qui la guettent et la compromettent. Ces risques, expliquent- ils, sont, entre autres, le danger de taire la vérité et de falsifier la mémoire collective historique de la société, celui de protéger les criminels et taire leurs forfaits. Il s’agit également du danger de mise à l’écart de l’islam de tout processus de développement civilisationnel, marginalisant son rôle, l’amputant de sa vocation d’orientation et d’encadrement de la renaissance de la société. Même si ces derniers sont d’accord avec la démarche présidentielle, ils ont, toutefois, du mal à admettre l’idée de l’exclusion du parti dissous du projet de charte.
Ils plaident ainsi pour une amnistie générale, chose qu’a rejetée le président de la République. «Cependant, notre désir sincère pour une réconciliation nationale authentique et notre foi inébranlable quant à sa nécessité inévitable , font que toutes les falsifications, les défectuosités et autres inconvénients contenus dans le projet proposé ne constituent pas selon nous une justification suffisante pour jeter le doute sur l’à- propos de la réconciliation et de sa nécessité absolue qui doit reposer sur le respect de la vérité historique et la non-exclusion, de même sur la base de l’équité envers les victimes de l’injustice et celle de faire toute la lumière sur le dossier des disparus», souligne le communiqué. A travers cette déclaration, les responsables soulèvent le dossier des disparus tout en appelant à établir la vérité sur ce point. Sachant que le projet de charte ne règle pas définitivement les problèmes, ces responsables jugent que l’engagement du président constitue un indicateur fort capable de baliser la voie et préparer les conditions optimales psychologiques et historiques à même de réaliser ce projet civilisationnel gigantesque.
«Nous nous engageons de notre côté sans la moindre hésitation à poursuivre notre oeuvre jusqu’à ce que le processus de réconciliation nationale réussisse à surmonter les dangers et réaliser les objectifs et étapes suscités , comme gage de notre contribution aux efforts consentis par tout un chacun dans la réalisation effective d’une réconciliation nationale historique, seule capable de rétablir la locomotive de la renaissance de la société algérienne sur sa juste voie», concluent-ils.

Redha LIZIG

 
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