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LE
GSPC DÉMENT LES REDDITIONS DE TERRORISTES
Panique
dans les maquis islamistes
L'Expression,
03 mai 2004
Nabil Sahraoui, dans une tentative désespérée de
stopper la saignée, appelle à intensifier le «Djihad».
Le Gspc, principal groupe terroriste encore actif dans le pays, par la
voix de son «émir» national, Nabil Sahraoui, venu
remplacer Hassan Hattab depuis quelques mois déjà, vient
de démentir «tout contact» avec les autorités
algériennes.
Visiblement débordé par la série de redditions qu’enregistre
le peu qui reste des maquis algériens, Sahraoui, dans le même
communiqué, appelle ses «troupes» à «intensifier
les actions de combat et de sabotage».
Ce groupe terroriste, qui n’agit pas sous la houlette du FIS-dissous,
ne publie pas ses communiqués sur le site Internet attitré du
FIS-dissous. L’on se rappelle déjà que le Gspc, en
1999, avait violemment critiqué la concorde civile acceptée
par l’AIS, aile armée de ce parti, pourtant rejointe à la
même période par la Lidd, ligue dissidente du GIA, conduite
par Ali Benhadjar.
Les analystes, au fait de la mouvance islamiste radicale, qui gardent
en mémoire le soutien indéfectible qu’avait apporté l’AIS
de Mezrag, Benaïcha, Kertali et Kébir à un second
mandat de Bouteflika, au moment où les politiques du FIS-dissous
appelaient au boycott du scrutin, renseigne assez, somme toute, sur la
tendance des activistes armés qui ont commencé à quitter
les maquis immédiatement après le 8 avril passé.
Outre les éléments éparpillés un peu partout,
coupés de leurs relais traditionnels, privés d’armes
et de munitions, les éléments du HDS (Houmat daâwa
salafia) et du Gspd (Groupe salafiste pour la prédication et le
djihad) auraientn en grande majoritén décidé de
se rendre. C’est ce qui explique le fait que ce phénomène,
qualifié d’important par les témoignages oculaires
sans qu’aucune confirmation n’en ait été fournie
pour le moment, soit le plus important à Médéa ainsi
qu’à Relizane et Aïn Defla.
Les quelques rares témoignages relatifs à cette affaire
de nouvelles redditions, qui tarde encore à livrer ses secrets,
indiquent, pour accréditer la thèse que même le Gspc,
seul groupe encore capable de s’attaquer assez régulièrement
aux services de sécurité, font état du fait que
les tractations se feraient à une échelle subalterne.
Or, tout porte à croire que le Gspc, depuis les coups de boutoir
essuyés à la suite de la mystérieuse «disparition» de
Hassan Hattab dont on n’entend plus parler, mais aussi la liquidation
des puissantes «katibates» que contrôlait Abderrezak
El-Para, se serait scindé en petits groupes contraints de se «débrouiller» seuls.
L’émir national, Nabil Sahraoui, alias Abou Ibrahim Mustapha,
si l’on en croit son communiqué, tente de prévenir
cette véritable saignée en réitérant son
rejet de tout dialogue avec le «pouvoir».
En parallèle, aucune information ne filtre non plus sur le GIA,
un groupe littéralement décimé, à qui sont
attribués les attentats commis ces derniers jours, notamment à Alger
et Médéa. Or, tout porte à croire que ce sont les
hommes de Sahraoui qui sont derrière, sachant que le GIA a carrément
dû disparaître depuis les témoignages, vieux de plusieurs
années, d’un activiste fait prisonnier qui indiquait que
le GIA n’était plus fort que d’une quarantaine d’éléments,
privés d’armes, de vivres, et contraints de chaparder dans
les champs pour ne pas mourir de faim.
Ainsi, il ne fait pas de doute, dans le cas où les redditions
venaient à se confirmer dans l’ampleur et le nombre qui
en sont faits, avec les promesses nouvelles faites par Bouteflika en
conseil des ministres, que l’on s’achemine vers la fin des
maquis traditionnels, tels que nous les avons connus depuis le début
du terrorisme. De rares cas de banditisme, certes, ne sont pas à exclure,
mais ils seront le lot de tous les pays qui amorcent un virage, somme
toute assez brutal, de l’économie dirigée et protectionniste,
vers une ouverture tous azimuts, comme c’est le cas dans la plupart
des anciens Etats du bloc communiste de l’Europe de l’Est.
Reste, toutefois, à se demander quelle sera l’ampleur de
ce communiqué daté du 28 avril passé, sur les quelques
poches de maquis qui restent dans le pays.
Le démenti tombe réellement comme un cheveu dans la soupe
en ce sens que le terrorisme, déjà défait politiquement,
a définitivement perdu la bataille militaire même s’il
se borne à commettre de sporadiques attentats dont l’écho
est de moins en moins important.
Mohamed ABDOUN
IL TENTE DE FAIRE ÉCHEC À LA TRÊVE
Les «promesses» du Gspc
L'Expression 03 mai 2004
Un long texte d’une douzaine de pages met en garde ceux qui sont
tentés par le dépôt des armes.
«
Ni trêve, ni dialogue, ni réconciliation». Depuis
mai 1994, cette formule fait florès chez les deux groupes les
plus radicaux en Algérie, le GIA et le Gspc. Les grands mouvements
de trêve enregistrés à partir de 1997 ont été couverts
du sceau de la légalité et les hommes qui ont déposé les
armes ont été intégrés dans un mouvement
de concorde civile et «couverts» par des textes de loi amnistiante.
Ceux qui, au lendemain du 13 janvier 2000, date butoir donnée
aux derniers islamistes armés pour déposer les armes, ont
préféré les chemins escarpés des maquis,
sont en fait, des irréductibles des groupes armés, des
convaincus, des «combattants de la foi». C’est bien
cette catégorie d’hommes qui constitue aujourd’hui
l’ossature et l’encadrement des actuels groupes combattants,
et c’est bien cette direction qui refuse tout compromis avec les
autorités, interdit toute allusion à la trêve et
frappe de «ridda» (apostasie) toute action menée vers
une fin des hostilités.
Plusieurs communiqués sont venus contredire les différentes
rumeurs qui avaient mis le Gspc en situation de négociateur d’une
trêve, dont deux, en 2000 et 2002, signées par Abou Hamza
Hassan Hattab.
Il y a quelques semaines, un long texte, sous forme de dialectique djihadiste,
demandait au référent doctrinal du Gspc si le fait de filmer
des scènes d’attentats était licite. La réponse,
longue et érudite en citations et textes d’exégèse,
ne tarda pas : si les images diffusées «sont de nature à remonter
le moral des troupes et donner du crédit à l’action
armée des moudjahidine, alors elles deviennent non pas uniquement
licites, mais aussi nécessaires».
Aussitôt dit, aussitôt fait : quelques jours après,
des images montrant un attentat d’un groupe du Gspc contre des
jeunes appelés de l’armée algérienne sont
diffusées sous forme de cassette-vidéo.
La stratégie de communication du Gspc n’est pas sans rappeler
celle d’Al Qaîda, qui utilise ce même genre de procédé pour
tenir haut le moral de ses hommes et frapper l’esprit de ses poursuivants.
Quelques jours avant l’élection présidentielle du
8 avril dernier, un long texte d’une douzaine de pages avait été placardé un
peu partout dans les maquis de l’Est algérien. «Ni
trêve, ni dialogue, ni réconciliation», était-il
dit dans le texte, qui ne reconnaît ni les élections ni
les velléités de dialogue formulées par certains
hommes «de bonne volonté». Mieux, tous les repentis
du Gspc, tous les trêvistes qui ont déposé les armes
sont frappés d’apostasie «pour avoir délibérément
rompu le serment d’allégeance à l’émir» («faskh
el moubayaâ»).
Cette sentence est synonyme de condamnation à mort dans la littérature
djihadiste. L’assassinat au début de l’année
du jeune repenti du Gspc à Bachdjarah obéit à cette
logique. Celui, il y a un peu plus d’un mois, de l’imam Abdennacer
Abou Hafs, en plein centre d’El Harrach, obéit lui à d’autres
considérations, dont peut-être celle d’avoir refusé la
fonction qui lui avait été proposée par la direction,
d’être l’officier-juriste de l’organisation.
Voilà donc «la formule directe» du Gspc pour faire
pièce à la réconciliation nationale et à la
trêve de ses groupes: frapper les esprits par l’argument
théologique ou par l’assassinat. Cette démarche très «made
in Nabil Sah-raoui» met fin à celle initiée dès
2000 par Hassan Hattab, et qui permettait un débat d’idées
au sein de l’organisation.
D’ailleurs, c’est sur la base d’une série d’entretiens
(enregistrés en plusieurs cassettes-audio) avec des érudits
de la péninsule arabique que la quasi-totalité de la Katibet
El Ghoraba a été convaincue de quitter les maquis et de
déposer les armes. Avec la mort de Abderrezak El Para et l’exclusion
de Hassem Hattab, le Gspc, version Sahraoui, risque de n’être
qu’une longue suite de «ni trêve, ni dialogue, ni réconciliation».
Fayçal OUKACI
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